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RécitJeunesse en milieux hostiles (7/7). Début 2026, la photographe Mathilde Mazars s’est rendue dans la partie malaisienne de l’île de Bornéo pour rencontrer les Bajau. Depuis sa sédentarisation forcée, ce peuple de pêcheurs nomades est apatride et relégué aux marges de la société. Refusant la fatalité, la jeunesse bajau érige ses propres structures éducatives et culturelles et se bat pour faire valoir ses droits.
Ils sont connus pour leurs phénoménales capacités de plongée en apnée, pouvant rester plusieurs minutes sous l’eau, jusqu’à des profondeurs pouvant atteindre 70 mètres. Ce que l’on sait moins, c’est que les Bajau, anciens nomades de la mer aux confins de la Malaisie, des Philippines et de l’Indonésie, constituent l’une des populations apatrides les plus importantes de la planète. Au moins 4,5 millions d’individus dans le monde sont actuellement sans nationalité, selon le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Sur les rivages orientaux de l’île de Bornéo, l’Etat malaisien de Sabah estimait en 2024 que près de 80 % des Bajau recensés sur son territoire n’avaient pas de papiers d’identité. Mathilde Mazars s’est sentie le devoir d’aller à leur rencontre après avoir lu un article sur leurs conditions de vie extrêmement difficiles.
Agée de 28 ans, la photographe documentaire parisienne est entrée en contact avec l’ONG Borneo Komrad, qui l’a aidée à partir, en février 2026, dans la partie malaisienne de l’île de Bornéo, en la mettant en relation avec des jeunes sur place. L’association, qui défend les communautés indigènes, lui a montré ce qu’il reste des maisons sur pilotis, dont une bonne partie a été démolie il y a deux ans par les autorités.
Munie d’un boîtier numérique moyen format, Mathilde Mazars photographie un habitat à l’apparence robuste. En réalité, la précarité règne. Souvent, les familles ne sont pas raccordées au réseau électrique, la plupart n’ont pas l’eau courante. A contrario, des hôtels tout confort financés par des sociétés étrangères poussent à grande vitesse sur les langues de sable, parfois à l’emplacement précis où se trouvaient des maisons bajau.
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