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Sunny Vincent, 32 ans, s’est reconnu coupable d’homicide involontaire relativement à la mort de Sylvain Lizotte, battu en pleine rue à Malartic en août 2024.
La cause s’est réglée jeudi, au palais de justice de Val-d’Or, devant le juge Jean-Pierre Gervais.
Ce dernier a imposé à Sunny Vincent une peine d'emprisonnement de 10 ans et demi, à la suite d’une suggestion commune de la Couronne et de la défense. En vertu du temps déjà passé derrière les barreaux, il lui reste huit ans et cinq mois à purger.
Selon le récit des faits, la victime et son agresseur étaient amis et partenaires dans le trafic de stupéfiants que pratiquait Sylvain Lizotte à Malartic.
La veille du drame, l’une de ses clientes, qui vivait une relation amoureuse avec Sunny Vincent, se confie à celui-ci par rapport à des avances sexuelles passées de Sylvain Lizotte. Elle affirme aussi qu’il l’a menacée récemment, qu’il est insistant pour qu’elle travaille pour lui et que quelqu’un s’est présenté chez elle pour saccager son appartement. Sunny Vincent promet d’en parler à Sylvain Lizotte, pour que ces actions cessent.

Le meurtre est survenu sur l'avenue Centrale, à Malartic. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Annabel Ouellet
Le lendemain, des témoins oculaires ont aperçu l’accusé, un adepte des arts martiaux mixtes, asséner une série de coups de poings et de pieds au visage et au thorax de sa victime. Il aurait aussi demandé à sa victime : As-tu compris? avant de prendre la fuite.
Malgré les secours, Sylvain Lizotte, 44 ans, un père de deux enfants, perd la vie à son arrivée à l’hôpital. Son décès a été causé par des blessures mortelles au thorax, dont des fractures ouvertes aux côtes.
Selon le procureur de la Couronne, Jonathan Tondreau-Lord, plusieurs facteurs ont été considérés pour réduire le chef d’accusation de meurtre au 2e degré à homicide involontaire coupable.
Nous étions d’avis que l’on ne pourrait pas se décharger de notre fardeau de preuve sur l’intention de tuer, explique-t-il. C’est ce qui ressortait de l’enquête policière. M. Vincent n’avait pas l’intention de tuer M. Lizotte lorsqu’il s’en est pris à lui physiquement.

Me Jonathan Tondreau-Lord était le procureur de la Couronne dans le dossier.
Photo : Radio-Canada / MARC-ANDRE LANDRY
Il ajoute que la sentence de 10 ans et demi de prison se situe dans le haut de la fourchette pour des événements semblables, tout en tenant compte que Sunny Vincent avait déjà été reconnu coupable de crimes violents par le passé.
C’est une peine qui n’est pas mince, qui est significative et en accord avec les règles de droits, a exprimé le juge Gervais en s’adressant à l’accusé. Je souhaite que vous prendrez la pleine mesure de vos actions. Même si vous n’aviez pas d’arme, vous aviez quelque chose de pire : “Vos connaissances du combat que vous avez utilisées contre une personne qui n’était pas armée. Ce que vous avez fait, c’est choquant, c’est perturbant”.
Plusieurs membres de la famille de Sylvain Lizotte ont assisté avec émotion aux procédures devant le Tribunal. Le père de la victime a témoigné pour rappeler qu’aucune sentence ne pourrait effacer le mal qu’il peut ressentir.
Selon Me Tondreau-Lord, même si l’accusation a été réduite, le dénouement de la cause est bien accueilli par la famille de Sylvain Lizotte.
On a eu plusieurs contacts avec la famille et leur opinion est importante. Je peux vous assurer qu’ils sont grandement soulagés aujourd’hui. Ça va leur permettre de vivre leur deuil, précise-t-il.


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