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Une plainte collective a été déposée par ces familles, qui accusent le réseau social chinois d’entretenir le mal-être de leurs enfants, jusqu’à parfois les pousser au suicide.
« En tant que maman, je voyais la mort planer au-dessus de ma fille, c’était insoutenable », confie ce lundi matin au micro de franceinfo Christelle. Cette mère d’une adolescente de 15 ans fait partie des seize familles qui déposent plainte contre TikTok ce lundi 11 mai auprès du parquet de Paris pour « abus de faiblesse ».
Alors qu’une enquête pénale est en cours depuis octobre 2025 pour « promotion du suicide » à la suite d’un signalement du député socialiste Arthur Delaporte, cette plainte vise une encore une fois l’algorithme de TikTok, qui propose toujours aux adolescents des contenus prônant l’anorexie, l’automutilation ou incitant au suicide.
C’est ce qui est arrivé à la fille de Christelle. « Au début, c’était vraiment récréatif », raconte au micro de franceinfo cette enseignante en Corse, qui avoue ne pas avoir immédiatement repéré le danger de l’utilisation de la plateforme par sa fille. « Je n’avais pas conscience de ces images morbides, de tous ces contenus. » Elle estime qu’« il y a vraiment une volonté de nuire, qui pousse nos adolescents à commettre des actes préjudiciables envers eux-mêmes ».
« TikTok fabrique des prisons mentales pour adolescents »
Parmi les familles de plaignants, qui font partie du collectif Algos Victima, cinq sont endeuillées par le suicide de leur fille. Dix autres jeunes filles et un garçon souffrent toujours d’anorexie, de dépression ou font état de pensées suicidaires.
Pour maître Laure Boutron-Marmion, qui représente les familles, il existe aujourd’hui de nombreuses preuves « qui établissent à quel point il y a une stratégie assumée de la part de la plateforme à exploiter la vulnérabilité de ces adolescents ». Toujours sur franceinfo, elle assure que TikTok n’a pris aucune mesure pour les protéger. « C’est justement parce qu’une enquête a été ouverte à l’automne dernier contre les dérives de TikTok que les familles d’Algos Victima s’inscrivent et veulent s’associer à cette enquête en déposant pour abus de faiblesse ». « TikTok fabrique aujourd’hui des prisons mentales pour adolescents », assure l’avocate.
Son constat rejoint celui émis par le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. En mars dernier, il a transmis à la justice un signalement visant TikTok, pour « provocation au suicide » et « transfert de données illicites », après que son cabinet a créé sur la plateforme un faux profil de jeune de 14 ans. « En moins de 20 minutes, on s’est retrouvé sur des vidéos dépressives (...), dans une spirale mortifère », avec « tutoriels de scarification » et des « vidéos d’incitation au suicide », avait-il alors alerté. « Ce n’est pas un accident. Le fonctionnement de l’algorithme est fait pour enfermer dans cette spirale », a-t-il insisté.
De son côté, TikTok réfute ces accusations et assure avoir mis en place « plus de cinquante fonctionnalités et paramètres spécialement conçus pour assurer la sécurité et le bien-être des adolescents ».
En France, le projet de loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, qu’Emmanuel Macron lui-même a appelé de ses vœux, doit encore faire l’objet de discussions au parlement et d’un accord de Bruxelles, avant une possible entrée en vigueur à la rentrée prochaine.


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