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Guy Caron a dénoncé le climat délétère sur les réseaux sociaux depuis l'annonce de l'attribution du contrat de stade multisport à Honco-LFG pour 1,2 million de plus que la seconde soumission déposée par un entrepreneur local. Le maire en avait aussi long à dire sur les médias qui, selon lui, n'ont pas retenu grand-chose de la position des autorités municipales dans ce dossier.
C'est beau mettre de l'huile sur le feu avec des titres et après ça de laisser le feu brûler dans la section des commentaires, a lancé Guy Caron, visiblement irrité par la dernière semaine, où l'intégrité des employés et des élus a été remise en question.
Il affirme que les citoyens ont bien le droit de s'exprimer –surtout que le projet de plus de 25 millions de dollars se fera sans aide gouvernementale– mais là où ça dépasse (la ligne) c'est quand on se fait accuser de corruption, quand on se fait accuser d'accepter des enveloppes brunes.
Un appel d'offres moins habituel
Tenant à rectifier les faits, le maire a mentionné que la Ville a suivi scrupuleusement la loi qui s'applique dans le cadre d'un appel d'offres de conception-construction, une procédure qui diffère de celle du plus bas soumissionnaire à laquelle les gens sont habitués.
La loi dicte en effet qu'un comité indépendant d'experts doit étudier les propositions pour ensuite émettre une recommandation aux élus. Ces derniers doivent se contenter d'avaliser la proposition ou de reprendre le processus depuis le début, ce qui signifie de repousser de plusieurs mois le début de la construction.
La composition de ce comité, formé d'au moins trois personnes et nommé par le directeur général et le greffier dans le cas qui nous intéresse, doit être tenue secrète, précise aussi la loi.

Un aperçu du stade multisport de Rimouski.
Photo : Radio-Canada
Le coût du projet constitue aussi un critère parmi tant d'autres. Pour le stade multisport, la Ville a décrété qu'il représenterait 10 % de la grille d'évaluation.
Croire sur parole
Mais, si l'on comprend bien les propos du maire, la loi va encore plus loin. Elle interdit aux contribuables de savoir en quoi le projet choisi est meilleur que celui qui a été rejeté.
Pas évident, dans ce contexte, de calmer la grogne. Questionné à savoir si les contribuables devaient faire un acte de foi et se contenter de croire sans voir, Guy Caron a mentionné tout simplement que ces éléments qui sont connus du comité de sélection ne peuvent pas être divulgués.
Pour ceux qui revendiquent plus de transparence –c'est le cas du président de Construction Technipro qui a vu sa proposition être mise de côté par le comité de sélection– Guy Caron leur répond qu'il y a une façon de pouvoir se plaindre, ce n'est pas à travers les médias, c'est à travers l'autorité des marchés publics, l'AMP.
Il s'agissait de la seconde conférence de presse sur le sujet. Le maire Caron estime que les médias n'avaient pas transmis adéquatement les arguments de la Ville lors du premier exercice tenu le 5 mai, en son absence.
Un moment donné quand on fait des conférences de presse, ce serait peut-être bien que l'information puisse percoler au niveau de la population, a lancé le maire dans une de ses rares attaques à l'endroit des médias depuis son élection.
Le maire semblait en avoir surtout contre les médias non traditionnels, mais il n'a pas précisé davantage sa pensée.
Pour s'assurer que le message des autorités municipales puisse se rendre plus efficacement à destination, la Ville a décidé de diffuser ses conférences de presse directement sur son site web.
Un choix légitime

Il sera possible de se rendre au complexe multisport à partir du boulevard Arthur-Buies en empruntant la voie d'accès qui sera créée spécialement à cet effet.
Photo : Radio-Canada
Le choix d'un appel d'offres où le coût n'est qu'un des neuf critères de sélection est loin d'être injustifié, estime Danielle Pilette, professeure associée à l'UQAM et spécialiste de la gestion municipale.
Quand on fait ce choix, c'est que le rapport à la qualité prend le dessus sur le rapport au prix, explique-t-elle. L'avantage c'est aussi d'avoir une meilleure intégration quand l'entreprise qui est retenue fait tout.
Selon la spécialiste, il n'est pas anormal que la grille d'évaluation ne concède que 10% des points au coût du projet.
Plus on augmente le critère du coût, moins ça vaut la peine de faire une évaluation qualitative.
Dans ses critères, la Ville démontre l'importance accordée à d'autres paramètres, comme l'efficacité énergétique du bâtiment, sa durabilité et ses aspects techniques, peut-on lire dans la section Foire aux questions, sur le site web de la Ville.
À propos du fait que la soumission déposée par un entrepreneur local n'ait pas bénéficié d'une attention particulière, le maire a rappelé qu'il est interdit de favoriser une entreprise sur le simple fait que son siège social est situé plus proche que celui de son concurrent.


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