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Les groupes Spotted, sur Facebook, servaient autrefois à retrouver des personnes croisées dans des espaces publics et à montrer du doigt des événements cocasses dont on avait été témoin, mais plusieurs de ces groupes jouent maintenant un rôle tout autre. Si on peut aujourd’hui communiquer facilement avec des gens du monde entier, ces groupes offrent désormais un accès à une communauté de voisins.
Je pense que c’est un élément central de Rimouski, c’est vraiment une communauté, pis c’est tout le Rimouski qui se ramasse un peu là pour plusieurs raisons, affirme Corine Moro.
Celle qui est administratrice de plusieurs groupes Spotted au Bas-Saint-Laurent et qui a notamment fait partie pendant deux ans des administrateurs de Spotted : Ville de Rimouski, comptant plus de 41 000 membres, estime que les groupes Spotted ont changé depuis quelques années.

Corine Moro est actuellement administratrice de Spotted : St Fabien de rimouski, modératrice de Spotted Rivière du Loup et a été administratrice de Spotted : Ville de Rimouski pendant deux ans.
Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx
Par son rôle, Corine Moro doit approuver les publications qui se retrouvent sur les groupes qu'elle administre. Elle voit passer de plus en plus de demandes d’aide pour trouver des emplois, des logements, des vêtements et même de la nourriture.
Et ces demandes portent souvent fruit, selon l’administratrice de Spotted :Ville de Rimouski, Mélanie Fillion. C’est sûr que c’est pas un [site] de recherche d’emploi, mais il y en a beaucoup qui se sont trouvé un emploi de cette façon-là, souligne-t-elle.

Mélanie Fillion affirme qu'administrer le groupe Spotted : Ville de Rimouski lui demande un investissement de plusieurs heures par semaine, qu'elle effectue bénévolement.
Photo : Radio-Canada / Félix Ledoux
Spotted : dons de nourriture
Les demandes de denrées alimentaires semblent être de plus en plus communes. La fréquence de ces demandes varie en fonction du temps de l’année, la période de Noël étant la plus importante. Pendant le temps de fêtes 2025, des administrateurs de Spotted : Ville de Rimouski ont même mis directement en contact des personnes demandant de l’aide alimentaire et des donateurs de denrées plutôt que de publier leur demande dans le groupe.

Les demandes d'aide se multiplient sur Spotted : Ville de Rimouski.
Photo : Radio-Canada / Félix Ledoux
Il y a des entreprises qui ont décidé de donner des sous pour que ces personnes-là puissent manger. Mais il y avait tellement de monde qu’on ne les publiait pas toutes, puis on les mettait ensemble, on les jumelait pour l’aide, raconte Mélanie Fillion. Elle donne l’exemple d’un restaurateur qui avait offert à une famille de venir manger gratuitement dans son établissement une fois par semaine et une personne qui avait cuisiné des plats et récupéré des vêtements pour les offrir à des familles.
Au lieu de faire un spotted pour chaque personne, ben là, c'était comme global, et chaque personne pouvait être aidée pareil sans être exposée directement sur la page.
Corine Moro fait partie des personnes qui ont fait ces jumelages. Elle souligne combien il peut être vulnérabilisant de faire de telles demandes et que ce n’est pas tous les membres du groupe qui font preuve de bienveillance.
Oui, les gens vont beaucoup aider, mais il y a aussi beaucoup de gens qui vont faire beaucoup de commentaires désagréables, désobligeants, se désole-t-elle, en soulignant que c’est le rôle des administrateurs de limiter ces commentaires.
Une personne qui fait une demande d’aide, elle prend tout son courage pour faire ça.
Malgré tout, elle considère qu’il s’agit d’une méthode très efficace pour obtenir des denrées alimentaires. Mélanie Fillion est du même avis : elle affirme qu’à sa connaissance, aucune demande ne serait restée sans réponse.
Les groupes Spotted, de nouvelles communautés
La professeure adjointe au département d’information et de communication à l’Université Laval, Nadia Seraiocco, affirme que ce phénomène n’est pas limité à Rimouski. Selon elle, les groupes Spotted permettent de créer des communautés en ligne de plus petites tailles.

Nadia Seraiocco rappelle que les groupes Spotted ont été créés en 2012 en Angleterre. Depuis, ces groupes se sont répandus et ont évolué.
Photo : Gracieuseté / Nadia Seraiocco
Au départ, on pensait que les réseaux sociaux, ce serait le parvis de l’église. Puis, tout d’un coup, ça a explosé, on s’est retrouvé avec des milliards de personnes sur certains réseaux, souligne-t-elle. Quand tu veux donner ton réfrigérateur à quelqu’un qui en a besoin, ben c’est clair que ça va être dans ton environnement.
On a eu le besoin de recréer des communautés à échelle humaine, et je pense que c’est ça qui s’affirme.
Elle souligne cependant que le contenu des groupes Spotted dépend beaucoup des administrateurs, qui décident quels messages seront publiés. Corine Moro est du même avis, et souligne qu’un groupe faisant davantage de modération permet aux gens de faire des demandes d’aide plus facilement.
Pour cette dernière, les groupes Spotted sont peut-être imparfaits, mais peuvent contribuer positivement à la communauté. C’est de façon-là qu’on devrait l’utiliser le Spotted. Peut-être un peu moins chialer, et plus s’entraider.


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