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La Ville de Témiscaming demande l’intervention de Québec pour s’entendre avec la Municipalité de Kipawa dans le financement de ses infrastructures de sport, loisir et culture.
Témiscaming déplore devoir payer seule son Centre, où la piscine, la salle de spectacle, le gymnase, la patinoire et le curling se retrouvent, en plus de ses installations extérieures, comme les parcs.
Or, Kipawa n’a pas ces infrastructures sur son territoire et la population parcourt quelques kilomètres pour accéder à celle de Témiscaming. C’est pourquoi la Ville de Témiscaming souhaiterait une contribution au prorata de la part des habitants de Kipawa.
Une médiation est prévue entre les deux municipalités voisines du sud du Témiscamingue avec la Commission municipale du Québec (CMQ).
Le maire de Témiscaming, Alain Gauthier, précise que les installations sont nécessaires considérant leur isolement géographique.
On a beaucoup de services pour une ville de 2500 [habitants], mais c’est requis pour notre attractivité, dit-il. Ces activités-là opèrent de façon déficitaire, c’est un service. Mais présentement, il n’y a que les citoyens de Témiscaming qui absorbent la perte à travers leurs taxes.

Le maire de Témiscaming, Alain Gauthier, affirme que plus de 30 % de la population qui a accès aux infrastructures ne contribue pas. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
L’explosion des coûts d’exploitation pousse la Ville à revoir la répartition de la facture, soutient le maire. Il signale que des démarches avaient déjà été entreprises pour conclure une entente intermunicipale avec Kipawa.
Si on recule il y a 10 ans, ça se chiffrait peut-être à 500 000, 600 000 $, aujourd’hui, c’est 2 M$. Ce n’est plus soutenable et l’iniquité est tellement grande, qu’on ne pouvait plus laisser aller ça.
Du côté de Kipawa, le maire Norman Young affirme que la médiation représente la bonne voie, tout en refusant de commenter davantage le dossier.
Le ministère nous invite à la médiation devant la Commission municipale, et c’est une avenue que nous accueillons favorablement. Par respect pour le processus et pour la Ville de Témiscaming, je ne négocierai pas sur la place publique, a-t-il mentionné d’entrée de jeu.

Le maire de Kipawa, Norman Young, se dit favorable au processus de médiation. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Les installations de Témiscaming servent aussi d’autres communautés, dont la Première Nation de Kebaowek et les villages ontariens de Thorne et d’Eldee. Dans ces deux cas-là, qu’on considère de ''juridiction fédérale'' si on veut, on a approché Sébastien Lemire, le député fédéral, explique Alain Gauthier.
Un dossier de longue date
Jusqu’en 2023, Kipawa versait une contribution volontaire de 20 000 $ à Témiscaming, mais cette aide a depuis cessé. C’était aussi symbolique, environ ⅙ de leur proportion des coûts réels, mais on ne sait pas pourquoi elle a été cessée, indique Alain Gauthier.
Une hausse des tarifs du Centre pour les non-résidents, mise en place avant son arrivée, pourrait avoir contribué à la situation. Alain Gauthier explique toutefois que cette mesure visait à inciter une négociation.
Selon lui, son administration a approché Kipawa à deux reprises pour recourir à la médiation de la CMQ, mais sans succès.

Le village de Kipawa et la communauté de Kebaowek bordent le lac Kipawa. La Municipalité compte 446 habitants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Norman Young, le maire de Kipawa, affirme de son côté que la Municipalité n’a jamais refusé de contribuer à la Ville de Témiscaming à propos de ça.
On a toujours été ouvert pour ça, on a un respect pour Témiscaming. C’est une question de méthode, comment on va gérer ça.
À la demande de Kipawa, les deux municipalités avaient déjà participé à une médiation avec la CMQ dans un autre dossier, qui avait mené à une entente sur les redevances de carrières et sablières.
Une résolution du conseil municipal de Témiscaming demandait d’abord au ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Samuel Poulin, de mandater la CMQafin de réaliser une étude visant à déterminer le caractère local ou supralocal des installations culturelles et sportives de la Ville de Témiscaming.
Si une entente n’est pas conclue d’ici décembre, une analyse pourrait être réalisée, mais la médiation est fortement encouragée par le Ministère, rapporte Alain Gauthier.
Mathématiquement, on sait comment le gouvernement définit l’équité, puis tout ce que je peux dire c’est que nous, ce qu’on demande, c’est en bas de ça, répond-il quand on lui demande ce que représente pour lui une entente équitable.
Selon un rapport de 2019, Témiscaming consacrait 673 $ par habitant aux loisirs et à la culture, contre environ 64 $ à Kipawa.

Le centre-ville de Témiscaming est situé à moins de 15 kilomètres de Kipawa. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Une bataille contre les iniquités régionales
Le dossier représente plus qu’une entente financière pour le maire de Témiscaming. Au-delà d’une contribution, il veut aussi faire valoir l’importance de l’équité entre les municipalités.
Après des échanges avec le ministère, il croit fermement que le processus de médiation pour arriver à des ententes intermunicipales est sous-utilisé.
Quand on regarde l’ensemble du Témiscamingue, où les trois grandes villes maintiennent le plus de services [...] Je pense que le monde a peur d’en parler, estime Alain Gauthier.


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