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À peine une journée après la démission du maire et d’un conseiller municipal à Saint-Antoine-de-Tilly, la conseillère fraîchement nommée mairesse suppléante, Myriam Lambert-Dumas, demande plus de bienveillance de la part des citoyens envers les élus.
C'est un peu un choc, en fait, lance en entrevue celle qui a appris cette décision de son ancien collègue quelques heures seulement avant qu’elle ne soit annoncée publiquement.
On était une belle équipe soudée, on trouve ça tous très dommage, déplore-t-elle, admettant que sa décision n’était cependant pas une surprise puisque celui-ci recevait des attaques puis des messages haineux, pratiquement, des fois.
Mardi, le maire Christian Laroche et le conseiller Jean-Yves Perreault ont annoncé qu’ils quittaient leurs postes. Cette nouvelle est tombée moins d’un an après l’arrivée en poste de M. Laroche, en avril 2025.

Christian Laroche a démissionné de ses fonctions de maire de Saint-Antoine-de-Tilly mardi soir. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Guylaine Busssière
En entrevue à l’émission Première heure mercredi matin, M. Laroche a expliqué que le climat avec certains citoyens s’est envenimé sur les réseaux sociaux. On essaie tant bien que mal de lui échapper en n’allant pas lire les commentaires des gens, mais ça nous rattrape, a-t-il confié.
Quand ça vient t'attaquer personnellement et que ça rejoint ta famille, ton entreprise [...], ça vient nous chercher profondément et j'ai fait un choix hier par rapport à ça, a ajouté M. Laroche, qui demande à ses concitoyens de faire un examen de conscience.
Climat de tension
Ce climat de tension, la mairesse suppléante dit le ressentir elle aussi. Oser des questions, oui, demander à rendre des comptes, ça fait partie du rôle d'élu. Par contre, se faire insulter, se faire harceler, se faire envoyer des messages dans notre boîte privée pour nous dire qu'on est incompétent, ça, ça ne fait pas partie de la démocratie , s’indigne-t-elle.
Ce n'est pas la première fois qu’elle assiste à des démissions au conseil municipal. Il y a un an, elle siégeait à l'hôtel de ville lorsque le maire et trois conseillers ont choisi de démissionner, obligeant la Commission municipale du Québec à administrer provisoirement cette municipalité.
La dernière fois, le problème était vraiment à l'interne, les relations entre les conseillers, mais ce n'était vraiment pas le cas cette fois-ci. On avait une belle harmonie, une belle façon de travailler, une vision commune, déplore-t-elle.

Saint-Antoine-de-Tilly compte plus de 1700 habitants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc
Elle affirme être elle-même en réflexion au sujet de son implication politique en raison du comportement de certains électeurs.
J’ai un citoyen qui a même contacté l'école [où je travaille] pour dire que j'étais incompétente dans mon rôle de professeure à cause de mon rôle d'élue, raconte-t-elle.
Elle admet toutefois que l’adoption, au début du mois, du budget qui inclut une hausse de taxe de 17 % aurait pu être communiquée autrement aux citoyens.
Je concède qu'on aurait peut-être dû faire plus de communication quand on a vu qu'il n’y avait pas assez de personnes qui étaient présentes à la séance du conseil qui présentait le budget.
Augmentation ailleurs dans la province
Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, observe une hausse des tensions entre les citoyens et les gens qui travaillent dans la sphère publique.
On l'a vu dans tous les bureaux où l’on va maintenant, des enseignes qui nous disent qu'on devrait faire attention à notre langage, dit-il. On est vraiment passés, dans les dernières années, au côté plus individualiste de chacun, et on s'éloigne du côté collectif.

Jacques Demers est président de la Fédération québécoise des municipalités. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Entre novembre 2021 et décembre 2023, 762 élus municipaux ont quitté leurs fonctions, ce qui représentait alors 10 % des élus municipaux de la province.
Cette nouvelle réalité, estime Jacques Demers, nuit à la prise de décisions collectives.
D’après des entrevues réalisées par Alexandre Bellemare


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