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Vers une prochaine détente durable des prix à la pompe ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer mais la journée de vendredi a été marquée par l'engagement des pays du G7 de libérer "jusqu'à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut dans les quatre mois". Les décisions prises vendredi par le G7 "devraient faire baisser les prix" des carburants, a affirmé le président français Emmanuel Macron, à l'issue d'une vidéoconférence réunissant les présidents et chefs de gouvernement de ces sept puissances économiques parmi les plus importantes de la planète (NdlR : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).
Un enjeu clé pour Donald Trump
Quelques minutes avant le communiqué officiel du G7, comme pour lui brûler la politesse, Donald Trump avait assuré sur son réseau Truth Social que "l'Europe venait d'accepter de mettre sur le marché une quantité massive de son diesel abondamment stocké". Et d'ajouter : "Le processus va commencer immédiatement".
Le locataire de la Maison-Blanche le sait : il joue gros sur ce dossier énergétique – qui impacte le quotidien des Américains, confrontés à des prix historiquement élevés – à quelques semaines maintenant des élections à mi-mandat.
Prix du diesel à la pompe : "Un embargo américain aurait des conséquences désastreuses en Europe"Ces derniers jours, les tensions étaient devenues très vives entre les chancelleries européennes et Washington. Donald Trump avait ouvertement menacé l'Europe de couper le robinet et de geler les exportations américaines de diesel vers le Vieux continent, pressant les pays européens de puiser dans leurs stocks stratégiques pour faire baisser la pression sur les prix pétroliers. Plus tôt dans la semaine, le consultant Argus, interrogé par La Libre, avait rapporté que l'impact d'un tel embargo américain aurait été catastrophique pour l'Europe encore très dépendante du diesel "made in USA". "Depuis le début de l'année 2026, environ un tiers du diesel importé par l'Europe est venu des États-Unis", avait ainsi expliqué Josh Michalowski, head of european diesel pricing chez Argus. "Au total, le diesel américain a représenté un dixième de l'approvisionnement de l'Europe, depuis le début de l'année."
Des stocks "substantiels"
La menace américaine a donc visiblement porté ses fruits… Conséquence immédiate de cette annonce : le pétrole a reculé de 5 % à la suite de l'annonce.
"Nous allons travailler […] pour faire baisser les marges des raffineurs et pour faire baisser les coûts de transport."
"On a décidé de relâcher les stocks stratégiques de diesel et de pétrole brut sous la coordination de l'Agence internationale de l'énergie", a encore déclaré le président français, visiblement à la manœuvre sur ce dossier sensible alors que l'inflation – 3,8 % en septembre sur une base annuelle – mine le pouvoir d'achat des Européens. "Nous avons acté qu'il n'y aurait pas de limitation, d'interdiction d'export entre les membres du G7", a-t-il également précisé. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également salué vendredi les décisions du G7.
Des stocks "substantiels" de diesel vont être mis sur le marché dans les 20 prochains jours, toujours selon les pays membres du G7, qui n'excluent pas de "discuter de la possibilité" de débloquer des stocks "additionnels".
Le pétrole chute et l'Europe boursière reprend des couleurs, malgré le coup de pression de TrumpRéduire les marges des raffineurs
Emmanuel Macron a aussi indiqué que les pays du G7 avaient convenu de "travailler […] pour faire baisser les marges des raffineurs et pour faire baisser les coûts de transport".
Les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran pénalisent grandement la production mondiale du diesel, bien que les raffineries situées ailleurs dans le monde tournent à plein régime pour transformer le pétrole brut en carburant. Dans l'Union européenne, le prix à la pompe du gazole vient d'atteindre un nouveau sommet historique avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 euros le litre. Aux États-Unis, ce carburant a atteint fin septembre le niveau record de 6,53 dollars le gallon (3,78 litres).
Il y avait donc urgence à agir, de part et d'autre de l'Atlantique. Reste à savoir si cette décision du G7 permettra d'enclencher sur la durée un véritable mouvement de repli des prix des carburants.
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