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Un locataire de Saint-Jean, qui a découvert des moisissures cachées par un plafond suspendu dans son logement après y avoir emménagé, ne parvient pas à être dédommagé. Abdulbari Alhallak tente de récupérer environ 4000 $ en frais engagés, même s’il n’a jamais dormi dans son appartement.
Ses démarches auprès du propriétaire et du Bureau des relations entre les locataires et les propriétaires, l’organisme de médiation du Nouveau-Brunswick, sont toutefois semées d'obstacles.
Un ménage qui révèle des problèmes
Abdulbari Alhallak devait emménager le 1er juin dans un appartement de deux chambres dans un immeuble du quartier nord de Saint-Jean. Il a remarqué une odeur d’humidité lors de sa visite des lieux, mais on lui a dit qu’elle était due à une couche de peinture fraîche.
L'entreprise responsable de la gestion de l'immeuble, 3D Management, lui a permis d’accéder à l’appartement une semaine avant la date prévue de son déménagement, le 1er juin. Il s’est alors mis à l’ouvrage pour nettoyer son nouveau logis.

Abdulbari Alhallak a éprouvé des difficultés respiratoires après avoir travaillé pendant quelques jours à nettoyer son logement.
Photo : Radio-Canada / CBC/Mark Leger
Dès le premier jour, j’ai remarqué que j’avais de la difficulté à respirer, note M. Alhallak, qui souffre d’asthme et a des allergies. Au troisième jour, je ne pouvais même pas sortir du lit, j’étais trop malade.
Il a cherché la source de ses difficultés respiratoires et a découvert dans l’appartement, sous un plafond suspendu, de la moisissure. Beaucoup de moisissure.
C’était plein de moisissure. On ne parle pas de taches ici et là. C’était couvert!
Il a rapidement contacté 3D Management, le gestionnaire des lieux au nom des propriétaires qui sont à Vancouver. Il espérait qu’on lui attribue un logement temporaire, le temps d’effectuer les travaux de décontamination ou qu’on lui rembourse le dépôt de garantie et le premier mois de loyer qu’il avait payé.
Selon Abdulbari Alhallak, les gestionnaires n’ont pas voulu l’accommoder assez rapidement, le forçant à annuler son bail, sans pouvoir récupérer les sommes engagées.

C'est dans cet immeuble du quartier nord de Saint-Jean qu'Abdulbari Alhallak devait emménager.
Photo : Radio-Canada / CBC/Mark Leger
Le propriétaire de l’entreprise 3D Management, Matt Doherty, affirme ne pas avoir enquêté sur la demande du locataire, mais ajoute que les vieilles maisons ont ce genre de problèmes et que l’installation d’un plafond permet de sceller la moisissure et de protéger les occupants.
Le plafond n’est pas fait de tuiles régulières. C’est une cloison sèche [résistante au feu]. Des inspecteurs de la ville sont venus récemment et ont approuvé le logement, explique-t-il.
M. Doherty ajoute que les locataires précédents occupaient l’appartement depuis longtemps et n’ont jamais rapporté avoir des problèmes de santé. Il souligne aussi que M. Alhallak n’a pas accordé suffisamment de temps à son entreprise pour régler le problème avant de mettre un terme à son bail.
Les propriétaires ont refusé de commenter la situation.
Le tribunal du logement débordé
Pour tenter de résoudre l’impasse, Abdulbari Alhallak s’est tourné vers le Bureau des relations entre les locataires et les propriétaires (BRLP), le tribunal administratif chargé de faire respecter la Loi sur la location à usage d’habitation au Nouveau-Brunswick.
Il s’est heurté à de longs délais et à plusieurs obstacles administratifs.
Le BRLP lui a conseillé de contacter un inspecteur municipal qui pourrait déclarer la moisissure comme un danger, mais à la municipalité, on lui a dit qu’aucun inspecteur ne pourrait se déplacer avant au moins deux semaines.
M. Alhallak a ensuite demandé s’il pouvait déposer une plainte formelle, mais, en raison d’arriérés, on lui a dit que le BRLP ne pourrait pas commencer à traiter sa demande avant un mois ou deux.
Devant ces délais et parce qu'il ne se sentait pas en sécurité dans le logement, il a décidé de résilier son bail. Heureusement, son ancien propriétaire lui permet de rester dans son logement précédent le temps qu’il trouve un nouvel endroit.
Un abandon de la province et du propriétaire, dit le ministre
Selon le ministre responsable de la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick, David Hickey, M. Alhallak a été abandonné par son propriétaire et par le bureau provincial.

David Hickey, ministre responsable de la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada
Les difficultés que ce locataire a rencontrées, et que tous les locataires rencontrent, pour s’y retrouver dans le système tel qu’il est actuellement, sont trop importantes et mènent trop souvent à des situations comme celle-ci, a déclaré M. Hickey. C’est là la première défaillance.
Il attribue l’autre défaillance au refus du propriétaire d’effectuer rapidement les travaux.
M. Hickey croit que le BRLP doit réagir plus vite. Il pense aussi que l’organisme aurait pu présenter plus clairement les options qui s’offraient au plaignant.
Le ministre confirme que le bureau provincial n’a pas l’autorité d’ordonner un remboursement dans le cas de M. Alhallak. Il promet toutefois des modifications importantes à la loi cet automne pour prévenir des situations similaires.
Une nouvelle loi va nous permettre de traiter les cas plus vite, affirme-t-il.
Dans un courriel, la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick indique avoir traité 6549 dossiers en 2025 et confirme que le traitement des dossiers en cours accuse un retard d’environ un mois.
Actuellement, 52 personnes travaillent au Bureau des relations entre les locataires et les propriétaires. Le ministre Hickey a mentionné en comité parlementaire que trois autres personnes devaient s’ajouter sous peu à l’équipe.
Avec des informations de Mark Leger de CBC


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