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Un établissement de soins de longue durée du centre-ville de Toronto est actuellement en reconstruction selon un concept créé à partir des leçons tirées de la pandémie de COVID-19 et allant au-delà des normes provinciales que certains jugent obsolètes.
Jusqu’à l’emplacement des poubelles, le nouveau concept de Cherry Place, au sein du Centre Rekai, vise à prévenir la propagation du virus et à prioriser les besoins émotionnels et sociaux des résidents, explique la directrice générale du centre, Sue Graham-Nutter.
Nous ne voulions plus jamais que nos résidents revivent une telle situation , déclare-t-elle.

Les chambres individuelles contribuent à réduire la propagation des maladies infectieuses, selon un rapport de l’institut américain du vieillissement (National Institute on Aging—NIA). Ce rapport indique également qu’au début de la pandémie, les établissements de soins de plus petite taille ont enregistré un nombre significativement inférieur de cas et de décès liés à la COVID-19, comparativement aux établissements traditionnels.
Photo : Avec l'autorisation du Centre Rekai
Selon une étude de 2025 de l’institut américain du vieillissement (National Institute on Aging—NIA), les établissements de soins de longue durée traditionnels ont enregistré plus de trois fois plus de décès et deux fois plus de cas de COVID-19 en 2020 que les petits établissements.
De nombreuses améliorations prévues pour l’établissement de 13 étages situé sur la rue Cherry, dans l’Est de la Ville Reine, ont été imaginées pendant la pandémie, à mesure que des lacunes étaient mises en évidence, explique Mme Graham-Nutter.
Je descendais dans la cage d’escalier, entièrement équipée de protections individuelles, et j’envoyais des textos à l’architecte : "Il faut réfléchir à ceci, il faut réfléchir à cela, car je ne voulais négliger aucun détail" , raconte-t-elle.
L’établissement rénové comprendra des zones de contrôle des infections avec portes étanches, un meilleur accès à l’oxygène et 348 lits.
Selon le manuel de conception des établissements de soins de longue durée de l’Ontario (2015), les établissements doivent accueillir un maximum de deux résidents par chambre et les patients doivent être répartis en groupes autonomes de 32 personnes maximum, appelés unités de vie.
Les changements apportés par le Centre Rekai constituent un bon début, selon Dr Samir Sinha, gériatre, clinicien-chercheur et directeur de la recherche en politiques de santé au NIA.
Cependant, les normes ontariennes relatives aux établissements de soins de longue durée ne sont plus conformes aux plus récentes pratiques exemplaires, soutient-il.

En Ontario, les patients en soins de longue durée sont regroupés en unités de vie pouvant accueillir jusqu’à 32 résidents. À Cherry Place, certains groupes seront deux fois moins importants, selon l’architecte du projet, Dustin Hooper.
Photo : Avec l'autorisation du Centre Rekai
Si l’on considère les unités de soins palliatifs ou les foyers de groupe pour les jeunes adultes, on constate rarement qu’ils vivent dans de grands établissements institutionnels, fait-il remarquer. Alors pourquoi, en Amérique du Nord, ce modèle est-il réservé aux personnes âgées fragiles?
Dr Sinha suggère que les soins de longue durée devraient évoluer vers un modèle de petites résidences accueillant de 10 à 12 personnes, chacune disposant de sa propre chambre et salle de bain. Les grands bâtiments peuvent être divisés en plusieurs unités de 12 personnes tout en respectant ce modèle, renchérit-il.
Des groupes plus restreints
Certains espaces de vie à Cherry Place sont conçus pour accueillir 14 ou 18 lits afin de créer une ambiance plus chaleureuse, souligne Dustin Hooper, architecte du projet chez Montgomery Sisam.
L’établissement comprendra également des suites pour les familles souhaitant rendre visite à un proche, ainsi que plusieurs terrasses agrémentées d’espaces verts et de bacs à sable, précise l’architecte.
Un aspect essentiel des soins de longue durée est de proposer ces espaces extérieurs communs où les résidents peuvent se retrouver, non seulement entre eux, mais aussi avec leurs proches lors de leurs visites, ajoute M. Hooper.
Chaque résident disposera de sa propre chambre et, dans la mesure du possible, de sa propre salle de bain, indique Mme Graham-Nutter, et ce, afin de limiter la propagation des maladies en cas d’épidémie.
Elle précise que, pour l’attribution des chambres avec salle de bain partagée, les résidents capables d’utiliser la salle de bain seront jumelés avec une personne à mobilité réduite. Ainsi, la salle de bain reste privée, conclut-elle.
De meilleures pratiques dans les petits établissements de soins?
Selon une étude du NIA, un modèle à plus petite échelle améliore le bien-être émotionnel des résidents, la fidélisation du personnel et contribue à mieux prévenir la propagation des maladies.
L’étude recommande que les soins de santé et les autres services, comme l’entretien ménager, la lessive et la cuisine, soient assurés par une équipe stable de personnes travaillant au sein de la même communauté.
Ce n’est pas simplement une bonne chose, cela sauve des vies , confirme M. Sinha. Les personnes vivant dans ces résidences sont moins susceptibles d’être hospitalisées ou de se rendre aux urgences.
Il ajoute que les établissements de soins de longue durée de l’Ontario ont besoin d’un soutien accru du gouvernement pour mettre en œuvre ce changement.
Selon un communiqué du ministère des Soins de longue durée, la province autorise les établissements à mettre en œuvre des modèles à plus petite échelle.
Bien que non à jour, les normes de conception de 2015 garantissent que la province répond aux besoins de la population croissante de l’Ontario, précise le communiqué.
Plus de 49 000 personnes étaient inscrites sur la liste d’attente pour un lit en soins de longue durée en Ontario, au début de 2023.
La province vise la création ou le renouvellement de 58 000 lits en soins de longue durée d’ici 2028. À ce jour, 6700 sont disponibles, tandis que 18 000 autres sont en construction.
L’ouverture de Cherry Place est prévue pour juin 2028, indique Mme Graham-Nutter, et la liste d’attente sera ouverte en janvier de la même année.
Avec les informations d’Olivia Piercey, CBC News


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