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  • « On travaille dans des cadres vraiment pourris » : quand les lycéens manifestaient ...

Plafonds qui s'effondrent, manque de professeurs : en 1990, des milliers de lycéens défilaient déjà dans les rues de Paris pour dénoncer leurs conditions d'apprentissage.

La rédaction - Aujourd'hui à 18:32 | mis à jour aujourd'hui à 18:33 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

« Étudier oui, mais pas dans l'insécurité », « Rénovez nos ministres », peut-on lire sur les pancartes brandies par les lycéens dans les rues parisiennes en 1990. Au pas de charge, entre cris, sifflets et slogans, des milliers d'élèves arpentaient le pavé pour réclamer plus de professeurs, des salles de classe décentes et la fin de l'insécurité, des problèmes qui touchaient alors particulièrement les établissements de banlieue. « On travaille dans des cadres vraiment pourris, on a les plafonds qui nous tombent sur la tête, des tuyaux qui sortent des plafonds... », fustige une lycéenne dans le cortège. « Ça fait trois ans qu'ils nous disent que les crédits sont débloqués, que ça va changer. On attend toujours. »

Un autre élève dénonce une impasse financière : « À Nantes, la région nous a dit clairement “qui paie, décide” mais nous, on n'a pas envie de payer. » Sous haute surveillance policière, l'Assemblée nationale constituait le point d'orgue de cette mobilisation partie de Seine-Saint-Denis. Des délégués lycéens, représentant plusieurs établissements, avaient été reçus par les principaux groupes politiques : UDF, RPR, PC et PS.

« Délabrement des lycées »

Si les manifestants gardaient leur calme pour préserver leur crédibilité face aux élus, l'ambiance était plus tendue dans l'hémicycle. « Les jeunes se plaignent de l'état de délabrement des lycées, et il est temps de rappeler que la responsabilité des lycées, pour l’entretien et la construction, c'est la responsabilité de la région Île-de-France », clamait le Premier ministre de l'époque, Lionel Jospin.

Pour l'opposition, la solution avancée était de mieux répartir le partage des pouvoirs et des devoirs entre les collectivités locales et l'État. « Il faut donner beaucoup plus de responsabilités aux régions, aux départements, aux collectivités, aux entreprises, aux associations. Il y a un changement complet à faire par rapport au système sur lequel on vit depuis deux siècles », estimait un responsable politique. À l'époque, le mouvement avait gagné toute la France et obtenu 4,5 milliards de francs de l’État.

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