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Pour lutter contre la précarité alimentaire des étudiants, l’association 1 cabas pour 1 étudiant met en relation un citoyen avec un jeune qui étudie rencontrant des difficultés financières. Le but : que le parrain prenne en charge a minima un panier de courses par mois. Et que, in fine, une relation transgénérationnelle se crée.
Sandrine Tran - Aujourd'hui à 06:35 - Temps de lecture :
La première fois que Raïdah entend parler de 1 cabas pour 1 étudiant, c’est de la part d’une de ses amies fraîchement rencontrée à Lyon (Rhône). La jeune femme - aujourd’hui 22 ans - vient de débarquer dans la capitale des Gaules, quittant sa Drôme natale pour la grande ville où elle étudie désormais dans une école de commerce. C’était en septembre 2025. Pour la boursière avec peu de revenus, sans parents qui peuvent l’aider, les fins de mois sont difficiles. « Quand je dois aller chez le médecin, il ne me reste que 20 euros à la fin du mois », raconte-t-elle.
L’association permet à un citoyen de parrainer un étudiant en lui payant ses courses à la fréquence qu’il souhaite. Et c’est une nécessité. Selon une étude Ipsos-BVA en partenariat avec la Fédération des acteurs de la solidarité publiée en avril dernier et portant sur des étudiants précaires, 65 % d’entre eux déclarent sauter au moins un repas au cours de la semaine faute de moyens, 90 % limitent la qualité des aliments qu’ils consomment et 76 % réduisent la quantité des repas. C’était le cas de Raïdah à qui il arrivait de ne « manger qu’un repas par jour et d’en sauter régulièrement ». Une précarité alimentaire qui a conduit jusqu’à 22 % de ces jeunes à envisager l’arrêt de leurs études faute de moyens.
Agnès et Raïdah, sa filleule au sein de l’association 1 cabas pour 1 étudiant. Photo 1 cabas pour 1 étudiant
« J’ai le sentiment de réduire une injustice »
À la rentrée 2025, Agnès a 62 ans et entame sa dernière année professionnelle. « J’ai découvert l’association sur un site de la ville de Lyon, explique-t-elle. J’étais clairement dans une démarche de chercher à aider des étudiants en difficulté et je voulais faire un parrainage de proximité. » Ses enfants travaillent, ne reste que son benjamin à sa charge mais qui est sur la fin de ses études. « Je trouvais ça incroyable que des étudiants ne mangent pas à leur faim. J’ai le sentiment de réduire cette injustice dans ma démarche. »
1 cabas pour 1 étudiant les fait alors matcher. Une à deux fois par mois, Raïdah se rend au supermarché avec Agnès. Elles font leurs courses ensemble. Raïdah sait qu’elle a un budget de 100 euros. « Agnès a été une excellente rencontre, c’est un plaisir de la voir à chaque fois qu’on fait les courses », sourit l’étudiante.
7 500 étudiants accompagnés
D’autant que la relation qui s’est tissée entre les deux femmes n’est pas restée cantonnée au cabas. « Agnès m’a aidé à refaire mon CV, elle est à l’écoute de mes problèmes pour trouver une alternance ou avec ma famille, poursuit Raïdah. Elle m’invite aussi à manger chez elle, à rencontrer sa famille et c’est très riche. On ne vient pas du même milieu social mais ce n’est pas un problème parce que c’est de l’humain avant tout. Je ressens beaucoup d’empathie de sa part. »
Depuis 2021, 1 cabas pour 1 étudiant a accompagné 7 500 étudiants sur une cinquantaine de villes partout en France. La fondatrice, Marion Dolisy-Galzy , en est particulièrement fière : « On intervient sur l’alimentation mais aussi beaucoup sur le lien social, la réussite et l’avenir. Souvent, les familles vont aussi partager leur réseau, certains aident leur filleul à trouver un stage. On développe comme ça un lien intergénérationnel aussi. » Aujourd’hui, la moyenne d’âge des parrains et marraines est de 54 ans. Agnès sait déjà qu’elle compte poursuivre l’aventure encore quelques années, mais pour l’heure elle assure : « Le plus beau cadeau que Raïdah peut me faire, c’est de terminer ses études sans encombre. »
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