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Le ministre de l’Éducation nationale s'est dit inquiet de l'usage de la violence, tout en soulignant que certaines revendications des élèves étaient « légitimes ».
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 09:26 | mis à jour aujourd'hui à 09:46 - Temps de lecture :
Les blocages aux abords de lycées se poursuivent ce mercredi, notament à Lille, Lyon et Saint-Denis. Les lycéens se mobilisent depuis plusieurs jours contre le manque de moyens et la dégradation des conditions d'apprentissage, un mouvement de blocages d'établissements qui a été émaillé de violences. L'Union syndicale lycéenne a appelé à reconduire le mouvement jeudi. De son côté, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray s'est dit sur RTL inquiet de l'usage de la violence lors de ces blocages, tout en soulignant que certaines revendications des élèves étaient « légitimes ».
« Moi ce qui m'inquiète, ce n'est pas qu'il y ait des mobilisations ou que des lycéens puissent avoir des revendications », a déclaré le ministre, indiquant toutefois qu'il existe « des cadres pour ça », des instances de dialogue dans les établissements. « Le droit de manifester, c'est une liberté fondamentale. Les instances démocratiques, elles doivent être respectées. La violence, c'est non », a-t-il résumé.
Au moins 440 interpellations
« Depuis le début de la mobilisation, nous en sommes à 76 personnes qui ont été blessées [...], soit des élèves, soit des personnels », a dit Édouard Geffray. Mardi, « on a vu des scènes invraisemblables, on a un jeune qui a perdu l'usage d'une partie de la main parce qu'il a tiré un mortier et évidemment ne savait pas s'en servir », a-t-il déploré. Mardi, le ministre de l'Intérieur avait indiqué que 440 interpellations avaient eu lieu lors des blocages, principalement de mineurs.
« La violence n'est pas légitime. Ce qui est légitime, ce sont les revendications, [...] lorsqu'elles portent sur le fonctionnement de l'institution scolaire [...] elles doivent être entendues et écoutées », a estimé Édouard Geffray, interrogé sur les propos du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko, qui a jugé que la violence « peut être légitime ».
Des heures de cours non assurés
Le ministre a indiqué que 7 % des heures de cours n'étaient pas assurées. « On y travaille tous les jours, mais je confirme qu'en tout cas ces chiffres ne sont pas acceptables et qu'il faut évidemment tout faire pour les réduire », a-t-il dit.
« Cette violence, c'est la conséquence d'une violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans », a déclaré pour sa part le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, au même micro de RTL.
« Notre organisation est prête à rencontrer M. Geffray et à avoir des discussions », a-t-il dit. « Nous allons lui demander plusieurs mesures, notamment pour remédier à la surcharge des emplois du temps scolaire et des classes où on peut se retrouver à 32 ou 36, ce qui est énorme », a-t-il détaillé, évoquant aussi « la rénovation des lycées délabrés ».
Les lycéens sont « de la chair à canon » pour LFI, selon Attal
Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire sociale-démocrate pour la présidentielle, a apporté ce mercredi son soutien au mouvement des lycéens, dont il a dit comprendre « la colère », tout en condamnant « toute forme de violence ».
Le candidat du parti de gauche Place publique a dénoncé sur BFMTV/RMC des lycées et collèges « délabrés », des professeurs « pas remplacés » et « plus mal payés que dans tous les autres pays européens », un nombre d'élèves par classe trop important. Il a condamné « toute forme de violence » et jugé essentiel que le mouvement des lycéens reste « non violent ». Il a estimé qu'il « faut aussi condamner la violence des forces de l'ordre ».
Pour sa part, le candidat Renaissance Gabriel Attal accusé LFI de se servir « de la jeunesse comme de la chair à canon » pour « mettre le bordel » en « instrumentalisant » les revendications des lycéens. « Tout ce qu'ils veulent, c'est mettre le bordel, c'est leur projet pour le pays », a jugé Gabriel Attal sur Europe1/Cnews.


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