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Majoritairement originaires d’Inde ou du Bangladesh, ils s’endettent lourdement pour venir dans l’espoir de faire vivre leur famille, avant de déchanter face aux salaires et aux conditions de travail très éloignés de ce qui leur avait été promis.

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LETTRE DE SINGAPOUR

Des travailleurs migrants sur un chantier, à Singapour, le 14 septembre 2021. Des travailleurs migrants sur un chantier, à Singapour, le 14 septembre 2021.

Bishwajit, Foysal et Karmojaman ont tous les trois 25 ans et sont originaires du Bangladesh. Ils donnent rendez-vous au centre de loisirs de Tuas Sud, un espace où les travailleurs migrants comme eux peuvent se détendre après le travail. Il y a des étals de nourriture, des tables pour pique-niquer, un terrain pour jouer au foot et au basket. Tuas est une immense zone industrielle au sud-ouest de Singapour gagnée au fil des ans sur la mer. C’est là que se construit un nouveau port en eaux profondes. Là aussi que se succèdent des dizaines d’usines, de chantiers navals, d’entrepôts.

A la nuit tombée, ce gigantesque mécano industriel s’immobilise, la circulation est quasiment nulle, et la seule activité à la ronde provient de ces travailleurs migrants venus d’Asie du Sud, en majorité des Indiens tamouls et des Bangladais qui vaquent entre leur dortoir, où logent 9 000 personnes, et la zone de loisirs.

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