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REPORTAGE - Évacués pendant dix-huit mois de ce kibboutz adossé à la frontière libanaise, les habitants de Bar’am ont découvert l’autonomie financière et la vie loin du collectif. Leur retour a ouvert une crise profonde, qui pourrait mettre fin à soixante-dix-sept ans de collectivisme presque intégral.
En quelques enjambées, Gilles gravit les derniers mètres jusqu’au sommet de la colline. « Et voici le Liban », glisse-t-il, en balayant l’horizon d’un geste. Au loin, par-delà la haute barrière coiffée de barbelés qui marque la frontière nord d’Israël, les masses sombres des villages libanais de Yaroun et de Rmeich,anéantis par l’armée israélienne, dessinent de pitoyables silhouettes. « Cette guerre est terrible », reconnaît-il. « Mais elle est nécessaire pour que nous puissions rester chez nous en sécurité. Plus jamais nous ne voulons avoir à quitter nos maisons à cause du Hezbollah », ajoute-t-il.
Gilles est franco-israélien. Il a débarqué à Bar’am en 1974, à l’âge de 24 ans. Il n’avait depuis guère quitté ce kibboutz, l’un des derniers d’Israël à avoir conservé une mise en commun presque intégrale des revenus. Mais le 8 octobre 2023, lorsque le Hezbollah s’est joint à la guerre contre Israël lancée par le Hamas à Gaza, comme tous ses habitants, il a fait ses valises pour…


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