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L’ancien ministre de l’Économie, auditionné ce jeudi par la rapporteur insoumise Aurélie Trouvé, a accusé cette dernière de colporter des «mensonges» sur son bilan économique.
Passer la publicité Passer la publicitéUn sujet sensible, qui a rapidement tourné à la joute verbale entre un ancien ministre macroniste et une députée LFI. L’audition, ce jeudi 30 avril à l’Assemblée nationale, de Bruno Le Maire par la commission d’enquête sur la «prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs» a offert le spectacle de deux visions irréconciliables de l’économie française. Quant au réquisitoire de la rapporteuse insoumise Aurélie Trouvé contre le bilan industriel de l’ancien ministre de l’Économie, il a manifestement piqué ce dernier au vif. «Si cette commission d’enquête est un tribunal politique, je ne réponds plus à vos questions», a martelé, visiblement excédé, Bruno Le Maire face à la rapporteur mélenchoniste.
Il faut dire qu’Aurélie Trouvé, engagée depuis le lancement des travaux fin décembre dans une traque des responsables du «pillage industriel» du pays, n’a pas ménagé ses coups. «Vous avez été en charge de la politique économique de la France pendant sept ans, et on ne fait pas du tout le même bilan que vous, a-t-elle attaqué ce jeudi. Vous faites un autosatisfecit, mais en réalité, les dégâts ont été concrets, souvent irréversibles». Et de poursuivre : «Oui, l’emploi industriel s’est effondré en France pendant sept ans, oui, il y a aujourd’hui un record de défaillances d’entreprises».
«Mensonge !»
De quoi faire bondir Bruno Le Maire, qui a dirigé Bercy entre 2017 et 2024. «Quand j’entendais la rapporteure de la commission d’enquête avancer autant de mensonges devant la représentation nationale, j’étais légitimement inquiet de la manière dont la représentation nationale voyait l’économie française», a-t-il asséné, le visage fermé. Avant de monter d’un ton : «Nous avons créé 2,6 millions d’emplois dans le pays, ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’Insee. Mensonge !». «Comment pouviez-vous dire que nous avons détruit de l’emploi industriel ? Mensonge !», s’est-il encore insurgé. «Nous avons créé 120 mille emplois industriels !»
Pas de quoi intimider Aurélie Trouvé, qui a rétorqué à l’ancien ministre de l’Économie qu’il n’était «pas là pour dire aux représentants du peuple qu’ils mentent», invoquant plutôt un «profond désaccord sur le bilan de (ses) sept ans». «La part des emplois industriels dans ce pays n’a fait que chuter sous vos sept ans et jusqu’à maintenant», a-t-elle poursuivi en haussant la voix à son tour, «et il n’y a pas une seule semaine sans qu’il y ait une usine stratégique pour le pays qui soit en train de s’effondrer !».
Dialogue de sourds
En dépit des appels d’Aurélie Trouvé à «revenir à un débat constructif», la séquence s’est achevée en dialogue de sourds. «Vous avez jugé bon, Madame la rapporteure, de m’attaquer personnellement sur des sujets qui n’ont rien à voir avec la commission d’enquête», a fini par s’indigner Bruno Le Maire. «Sur la création d’emplois, l’industrie, c’était un sujet politique, ce n’est pas moi qui l’avais ouvert», a conclu l’ex-patron macroniste de Bercy. Au désaccord sur le programme économique s’ajoute un désaccord sur le bilan. C’est dire l’ampleur du fossé entre les deux formations politiques.


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