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D’après une étude de 2021, environ un couple sur dix ferait chambre à part et 6 % le souhaiteraient vivement… Le signe d’une relation qui s’émousse ? Pas forcément et bien au contraire. Explications.
En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 07:02 - Temps de lecture :
Un couple, un lit conjugal… Les normes conjugales ont la dent dure ! Pourtant comme le souligne Emma Puech-Hélin, sexologue et pharmacienne, « le fait de dormir séparément ne constitue pas le reflet de la santé de la relation ».
Pas plus que le fait de partager le lit, d’ailleurs. « En fait, enchaîne-t-elle, cela ne dit pas grand-chose du bien-être individuel et relationnel, en référence aux couples en conflit, pas connectés et qui dorment ensemble tous les soirs. Et d’autres qui font chambre à part et partagent quantité de moments de connexion émotionnelle et physique, fourmillent de projets etc. »
En parler
Bien souvent, la décision de ne plus partager le même lit part d’un besoin : « des ronflements, des décalages de rythme de travail ou encore des étapes de la vie à l’image une grossesse, une opération, une maladie. On commence par une nuit puis deux puis cela s’installe, ou pas », illustre-t-elle. Sur fond le plus souvent d’une réflexion associée à une mauvaise qualité du sommeil de l’un, de l’autre ou des deux partenaires.
Ce besoin, « il convient de l’écouter », appuie Emma Puech-Hélin. Donc aborder le sujet, ce qui n’est peut-être pas si simple. Et pour cause, « il questionne un peu la symbolique du couple : le fait de dormir ensemble, de partager le sommeil ou non », resitue-t-elle. « Mais il faut s’autoriser à dire que l’on préfère dormir seul, quelle qu’en soit la raison. »
« Pourquoi est-ce important ? »
Voilà pourquoi cette spécialiste invite volontiers ses patients « à réfléchir sur ce que cela signifie pour eux de dormir ensemble : pourquoi est-ce important ? Parce que c’est confortable ? Rassurant ? Cela aide à s’endormir ? Ou ils craignent à terme, une forme de déconnexion, de mise en péril la relation ? » Autant de questions à se poser, sans oublier bien sûr les appréhensions en termes de sexualité…
Et la sexualité ?
« Si le lit est communément identifié comme l’endroit le plus propice pour le désir et la sexualité, il n’est pas le seul », sourit-elle. Et de proposer au-delà, de se rejoindre dans l’une des chambres à coucher. « Il est possible de mettre en place de petits rituels, des habitudes de connexion physique à tel ou tel moment de la semaine, pour des moments de sensualité voire de sexualité. »
Il s’agit en quelque sorte de se donner rendez-vous. A ses yeux, sur le plan de la sexualité, il peut être très bénéfique de dormir séparément pour au moins deux raisons.
« Le désir nécessite de l’énergie. » Autrement dit, « avoir une meilleure qualité de sommeil permet d’avoir plus de tonus, d’être éventuellement moins irritable et plus disponible sur le plan émotionnel ». De plus « avoir de temps en temps son propre espace peut faire en sorte de booster l’envie de se retrouver. »
Tout en restant vigilant sur le fait de ne pas laisser s’installer « une distance émotionnelle » avec son partenaire. « D’où l’importance de se donner rendez-vous », conclut la spécialiste.
Source : Interview d’Emma Puech-Hélin, 19 juin 2026 – Ifop, Étude sur les troubles du sommeil et le rapport des Français à leur lit. Enquête menée auprès d’un échantillon de 1 014 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par téléphone du 20 au 21 avril 2021.


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