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Depuis le 18 février, les enfants de 5e et 6e année n'ont plus accès au service de garde à l'école de l'Estran à Rimouski. Il s'agit d'une décision temporaire pour assurer la sécurité des élèves, affirme la direction du Centre de service scolaire des Phares. Mais de son côté, le syndicat qui représente le personnel de soutien souhaite qu'une telle mesure se répète de manière permanente dans d'autres écoles afin de diminuer la pression sur les employés.
La pénurie de travailleurs touche les services de garde des écoles primaires de Rimouski-Neigette et de La Mitis. Il manque une dizaine d'éducatrices actuellement, confirme le CSS des Phares.
Le bris de service, annoncé minimalement jusqu'au 13 mars, constitue donc une décision logique, affirme Mme Leblanc. Ça fait longtemps qu'on parle de cela, mais malheureusement, ça ne se fait pas. On ne veut pas déplaire aux parents, il y a des sous qui rentrent aussi. Ce n'est pas pour rien qu'on a des arrêts de travail.

La présidente du Syndicat du soutien scolaire des Phares, Marie-Ève Leblanc, croit que la collaboration des parents est essentielle pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Deux autres services de garde en milieu scolaire de la région de Rimouski sont à la recherche active d'employés pour éviter de devoir renvoyer les élèves les plus vieux à la maison le midi et le soir. Une lettre a même été envoyée aux parents la semaine dernière. Si vous connaissez des personnes intéressées, nous vous invitons à leur parler de cette opportunité. Toute candidature est la bienvenue, peut-on lire.
Pour assurer la sécurité des jeunes, la loi exige un ratio d'une éducatrice pour 20 jeunes. À l'école de l'Estran, il était impossible de respecter la directive.
Des départs ont occasionné une situation critique, convient la directrice adjointe du CSS des Phares, Christine Marquis. Il suffirait de trouver une personne et on pourrait ramener le service.

Christine Marquis, directrice générale adjointe CSS des Phares
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Selon le syndicat, cependant, le problème est plus profond. Marie-Ève Leblanc suggère carrément de ne plus offrir le service aux élèves de 6e année, et ce, dans toutes les écoles où il y a une pénurie d'éducatrices. Cela déchargerait le service de garde, les ratios ne déborderaient pas et on ne seraient pas obligés d'être à moins cinq employés, mais peut-être juste moins deux, avance-t-elle.
La directrice-adjointe du CSS des Phares mentionne que l'objectif demeure d'offrir le service pour l'ensemble des jeunes du primaire. Par contre, elle évoque la possibilité d'un service de surveillance pour les plus vieux, comme cela existe dans les écoles secondaires. Dans ce cas, le ratio d'un adulte pour 20 enfants ne s'applique pas.
Ultimement, oui, ça pourrait faire partie des stratégies qu'il faudra explorer pour les écoles primaires si la situation venait encore plus critique, mais on considère quand même que, présentement, nous sommes capables d'offrir le service de garde, soutien Christine Marquis.

La pénurie de travailleurs frappe de plein fouet les services de garde des écoles primaires de Rimouski-Neigette et de La Mitis.
Photo : getty images/istockphoto / Inside Creative House
Les élèves qui n'ont plus accès au service de garde à l'école de l'Estran sont invités à prendre l'autobus. Certains parents que nous avons rencontrés ont plutôt décidé de passer les chercher. Ce sera une grosse logistique, s'organiser avec des enfants qui n'ont pas toujours la maturité pour rester seuls à la maison, explique une maman pressée qui attend ses deux enfants au coin de la rue.
Une autre mère dénonce le peu de temps qu'elle a eu pour s'organiser. Ce n'est que le vendredi 13 février que les parents ont été avisés de la fermeture du service, soit cinq jours d'avance. C'était dernière minute, mais on va s'organiser avec les grands-parents.
Christine Marquis se montre toutefois rassurante et a bon espoir que la situation reviendra à la normale le 14 mars.
Chaque fois qu'on l'a fait [le bris de service], c'est de façon transitoire et de manière transparente avec les parents.
De plus, malgré la pénurie de personnel, il n'est pas question d'embaucher n'importe qui. La vérification des antécédents judiciaires demeure incontournable, promet la directrice-adjointe du centre de services scolaire.
La Fédération des centres de services scolaires du Québec ne compile pas de données sur les interruptions des services de garde dans les écoles.
Le CSS des Phares rappelle que la Croix-Rouge offre la formation Prêts à rester seuls, accessible en ligne.


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