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Le limogeage d’Ousmane Sonko n’a pas refermé la crise. En quelques heures après la décision de Bassirou Diomaye Faye, trois hauts responsables de l’administration sénégalaise ont démissionné de leurs postes, invoquant ouvertement leur soutien à l’ancien Premier ministre. Un signal que Dakar n’attendait pas aussi vite.
Trois départs, trois secteurs touchés
Les noms sont connus. Elhadji Ndane Diagne, directeur général de la SONACOS, la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal, a remis sa démission. Khadija Mahecor Diouf a quitté la présidence du Conseil de surveillance de l’Agence de Développement Local, en précisant publiquement sa fidélité à Sonko. Mouhamed Abdallah Ly, lui, a abandonné la direction du Musée des Civilisations noires.
Trois postes. Trois secteurs différents : économie, développement territorial, culture.
Ce n’est pas une coïncidence. Ces démissions simultanées ressemblent moins à des décisions individuelles qu’à un mouvement coordonné, ou du moins encouragé, par la base militante de Pastef. On ne sait pas encore si d’autres départs sont prévus dans les prochains jours, mais le précédent est posé.
Ce que ça dit de l’état de l’administration Faye
Le problème pour Bassirou Diomaye Faye n’est pas tant ces trois démissions en elles-mêmes. C’est ce qu’elles révèlent sur la profondeur des loyautés dans une administration que Sonko a largement contribué à peupler depuis 2024. Nommer des cadres proches d’un mouvement politique, c’est utile quand le mouvement est uni. Ça devient un risque réel dès que la rupture intervient au sommet.
Faye gouverne avec un appareil d’État dont une partie des têtes vient de dire publiquement qu’elle ne lui est pas acquise.
C’est un virage que beaucoup n’avaient pas anticipé aussi tôt. Le nouveau Premier ministre, quel qu’il soit, héritera d’une administration fragilisée par ces départs et d’un climat de méfiance entre les deux camps qui, il y a encore quelques semaines, formaient le même bloc. Pour un gouvernement qui se voulait rupture avec les pratiques anciennes, la séquence est pour le moins inconfortable.
Reste à voir si Faye accélère les nominations pour colmater les brèches, ou s’il laisse la situation se décanter avant d’agir.
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Jean-Paul Dzomo Nana
Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l'actualité politique et diplomatique du continent africain.


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