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Coupe du monde 2026. « De la demande partout » : le succès fou de l’album Panini, entre ferveur sportive et nostalgie

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« Pour moi, l’album Panini est bien plus qu’un simple recueil d’autocollants. C’est un fil conducteur qui traverse ma vie et l’histoire de ma famille. » Comme Pierre, 31 ans, de Thise (Doubs), des millions de personnes en France et partout dans le monde se sont emparées de l’album Panini de la Coupe du monde de football 2026, qui démarre jeudi prochain aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Pour l’occasion, le célèbre éditeur italien a vu les choses en grand : disponible dans l’Hexagone depuis le 6 mai dernier, le cahier est composé de 112 pages et 980 vignettes. Un album XXL - vendu dans 150 pays - qui s’explique par un Mondial historique, regroupant pour la première fois 48 pays contre 32 jusqu’à présent. Soit 44 % de vignettes en plus à acquérir.

Et le succès est au rendez-vous : le week-end dernier, jusqu’à 8 000 fans se sont réunis dans un stade au Chili pour un échange géant d’autocollants. En France, les fans proposent régulièrement des échanges sur les groupes Facebook ou même sur Leboncoin. C’est aussi le cas sur Vinted, qui a annoncé jeudi des chiffres records de recherche - de vignettes manquantes, de packs complets, d’éditions épuisées notamment - sur sa plateforme en France, soit « +603 % en mai 2026 contre mai 2025 ». Et sur les réseaux sociaux, les contenus sur l’album Panini se comptent par milliers. Le phénomène est tel que certains footballeurs professionnels eux-mêmes se prêtent au jeu. Parmi les plus connus, le Mâconnais Antoine Griezmann qui, début juin, s’affichait avec ses vignettes. « Des joueurs nous ont contactés, même s’ils ne sont pas dans la collection », sourit Isabelle Fillon, responsable marketing chez Panini France.

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Preuve de l’attrait, beaucoup de commerçants affichent des ruptures de stocks. Antonin, 30 ans, habitant de Caen (Calvados), a dû faire « deux-trois points de vente pour le trouver ». « Et maintenant j’ai du mal à trouver les vignettes. » « Je ne fais que de renvoyer des gens vers d’autres points de vente », « dès que je reçois une boîte de stickers, ça part en quelques heures », confiaient il y a 15 jours déjà des commerçants de kiosques parisiens mi-frustrés face au manque. « Ce qui est sûr, c’est que dès que nous livrions, tout partait en une demi-journée », illustre isabelle Fillon, qui doit « gérer les réclamations des clients mécontents ».

L’engouement dépasse toutes les espérances

Des ruptures malgré les millions de pochettes qui sortent chaque jour des trois usines Panini (Italie, Brésil, Argentine), soit 11 millions par site. Chez Panini France, on assure faire son maximum pour répondre à cette très forte attente. « On a vraiment de la demande de partout. On est déjà en trois-huit, les machines ne s’arrêtent pas. On a renforcé toutes les équipes. » L’engouement dépasse toutes les espérances, et ce, alors que le lancement a été plus tardif, à cause d’un calendrier chamboulé avec des pays qualifiés tardivement. Habituellement, la collection est disponible fin mars, début avril. Un retard à intégrer afin d’éviter les pages blanches. La responsable du marketing affiche d’ailleurs une légère frustration concernant le mois d’avril perdu. « On va peut-être passer à côté d’un résultat historique… Toutefois depuis début juin, on est revenu à un rythme normal, c’est bon signe. On pense que les ventes qui ne sont pas faites aujourd’hui le seront demain. »

En France, les fans de vignettes Panini organisent des échanges, avec « cette envie irrépressible de retrouver le geste, de déballer les pochettes et de coller à nouveau les stickers ». Photo EBRA

En France, les fans de vignettes Panini organisent des échanges, avec « cette envie irrépressible de retrouver le geste, de déballer les pochettes et de coller à nouveau les stickers ». Photo EBRA

Si Panini cartonne, on le doit aussi à une annonce qui a ému les fans bercés par ces albums dans leur jeunesse. Le 7 mai dernier, la Fifa a annoncé la fin de sa collaboration avec Panini démarrée en 1970. Son grand rival, Fanatics, prendra la relève des albums après la Coupe du monde 2030.

« C’est un véritable trésor qui renferme mes souvenirs de jeunesse »

Mais qu’est-ce qui plaît tant aux aficionados ? « Cette envie irrépressible de retrouver le geste, de déballer les pochettes et de coller à nouveau les stickers. C’est une sensation indescriptible. Une passion intemporelle », confie par exemple Pierre. « Je l’ai acheté par pure ferveur et par nostalgie », reconnaît Antonin. Telle une madeleine de Proust, les albums représentent un « shoot de nostalgie ». C’est aussi la lecture faite par Nicolas Hourcade, sociologue et professeur agrégé à l’école centrale de Lyon. Pour Pierre, « c’est un véritable trésor qui renferme [s]es souvenirs de jeunesse ». Sa collection « côtoie les albums que [s]on propre père collectionnait lorsqu’il était jeune. C’est une passion qui se transmet », poursuit celui qui est devenu un collectionneur assidu et dont les albums sont « précieusement conservés chez [s]es parents ».

Une transmission et un partage que note aussi Nicolas Hourcade : « Dans cette période immatérielle, on échange des cartes, on se relie aux autres. Il y a aussi un questionnement autour des objets. À la manière des personnes qui achètent des vinyles, la beauté de l’objet prévaut. C’est un peu ça l’album Panini, un truc en main que l’on peut partager. » Et qui prend de la valeur (sentimentale) avec le temps.

Les « Extra Stickers », des vignettes surprises rares

En plus de 980 vignettes, Panini propose également une collection d’autocollants rares : les « Extra Stickers » qui concernent 20 stars de l’album, qui se distinguent notamment avec un logo spécial, avec l’absence de numéro au dos, et avec la photo du joueur en action. Classés en quatre catégories selon la rareté (or, argent, bronze, classique), ces stickers sont présents une fois toutes les 100 pochettes, faisant office de huitième carte. « Nous l’avions fait pour la Coupe du monde au Qatar en 2022 pour la première fois, mais on ne l’avait pas trop mis en avant. On ne l’avait pas bien perçu, mais les collectionneurs avaient apprécié. C’est vraiment très premium, c’est la petite surprise », confie Isabelle Fillon, responsable marketing chez Panini France. Mais surtout, elles peuvent être revendues, indépendamment des albums. Sur Leboncoin, les prix vont de 20 jusqu’à… 200 euros. Quant aux collectionneurs ayant déjà complétés intégralement le cahier, certains le revendent à 320 euros sur eBay.

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