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Porté par son rôle clé dans la fabrication des puces électroniques, le groupe a brièvement atteint une capitalisation de 674 milliards de dollars, dépassant le précédent record détenu par Novo Nordisk.
Passer la publicité Passer la publicitéUne entreprise discrète installée dans une ville de taille moyenne aux Pays-Bas vient d’inscrire son nom dans l’histoire économique européenne. Mercredi 4 juin, le spécialiste néerlandais des équipements pour semi-conducteurs ASML a atteint une capitalisation boursière de 674 milliards de dollars au plus haut de la séance, selon les données compilées par Bloomberg.
Un niveau inédit pour une entreprise européenne cotée, qui dépasse le précédent record détenu par le laboratoire danois Novo Nordisk, valorisée jusqu’à 659 dollars à l’été 2024. Même si la valorisation d’ASML est depuis redescendue à environ 548 milliards de dollars ce samedi 6 juin, ce passage éclair au sommet illustre la place stratégique prise par le groupe dans l’économie mondiale.
Basée à Veldhoven, dans le sud des Pays-Bas, l’entreprise profite depuis plusieurs années de l’explosion de la demande en semi-conducteurs, ces composants électroniques devenus indispensables aux smartphones, ordinateurs, centres de données ou encore aux applications d’intelligence artificielle. Son action a ainsi progressé de plus de 51% sur les six derniers mois et de près de 120% sur un an.
Une technologie indispensable à la fabrication des puces
Fondée en 1984 avant de devenir indépendante quatre ans plus tard, ASML ne fabrique pas directement les puces électroniques utilisées dans les appareils du quotidien. Son métier consiste à concevoir les machines permettant de les produire. L’entreprise est spécialisée dans la photolithographie, une technologie essentielle à la fabrication des semi-conducteurs. Cette étape consiste à graver sur des places de silicium des motifs extrêmement fins qui formeront ensuite les circuits électroniques des puces.
Plus les motifs gravés sont petits et précis, plus les puces peuvent traiter d’informations tout en consommant moins d’énergie. Cette course à la miniaturisation est devenue l’un des principaux moteurs de l’innovation technologique. La photolithographie représente aussi l’une des phases les plus complexes, les plus risquées et les plus coûteuses du processus industriel. Les machines développées par ASML sont ainsi considérées comme des équipements stratégiques dont peu d’acteurs dans le monde maîtrisent la technologie.
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Un champion européen porté par l’essor de l’intelligence artificielle
Les principaux fabricants de puces dépendent des équipements du groupe néerlandais. Parmi ses clients, figurent notamment le géant taïwanais TSMC, l’américain Intel ou encore le sud-coréen Samsung. Pour répondre à la demande mondiale, ASML dispose de sites d’assemblage aux Pays-Bas mais aussi aux États-Unis, à Taïwan et en Corée du Sud. L’entreprise est également particulièrement exposée au marché des puces mémoire, qui représente entre 30 et 35% de ses revenus. Une spécificité qui en fait l’un des groupes européens les plus directement liés à l’évolution du marché mondial des semi-conducteurs.
L’ascension d’ASML reflète plus largement la place croissante occupée par les semi-conducteurs dans l’économie mondiale. L’essor de l’intelligence artificielle, du cloud computing et des centres de données nécessite des volumes toujours plus importants de puces de dernières générations. Déjà entrée dans une nouvelle dimension en janvier 2026 en franchissant le seuil symbolique des 500 milliards de dollars de capitalisation boursière, l’entreprise est devenue la troisième société européenne à dépasser cette barre après LVMH et Novo Nordisk.
Le groupe poursuit également son expansion dans l’écosystème technologique européen. En 2025, il est notamment devenu le principal actionnaire de la société française d’intelligence artificielle Mitral AI, en prenant une participation de 11%, valorisée à 1,3 milliard de dollars.


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