La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz perturbe durablement les marchés pétroliers. Si en Europe, les prix flambent, en Asie, la situation est catastrophique pour certains pays, qui doivent agir en urgence pour protéger le pouvoir d'achat des automobilistes et éviter l'effondrement énergétique.
Les prix du carburant s'envolent en France mais pas que. En Asie, le blocage du détroit d'Ormuz fait dérailler l'économie locale. Partout à travers le continent, l'inquiétude grandit alors que les gouvernements tentent de prendre des mesures rapides pour contrer la hausse des prix et la raréfaction du pétrole.
Ainsi, le Sri Lanka a décidé de réduire drastiquement sa consommation d'énergie fossile, provenant en quasi-totalité des pays du Golfe. Le pays a ainsi mis en place la semaine de quatre jours, tandis que l'éclairage public est désormais éteint dès 21h30, la quasi-totalité de l'électricité étant produite à partir d'énergies fossiles. L'essence est rationnée en station, et les conducteurs de véhicules électriques (10 % du parc local) sont encouragés à recharger en journée plutôt que la nuit, pour profiter des installations solaires.
Queues interminables à la pompe en Thaïlande
Et le petit pays n'est pas le seul à s'inquiéter de la situation. Son immense voisin indien, lui, craint une pénurie de gaz. Près de 90 % du gaz liquéfié consommé dans le pays le plus peuplé du monde passe par le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre entre les États-Unis et l'Iran. En Inde, près de 300 millions de foyers dépendent du gaz pour cuisiner. New Delhi tente de négocier avec Téhéran pour laisser passer les bateaux indiens, mais pour le moment, seuls quelques-uns ont réussi à sortir indemnes de la zone. Insuffisant face à la consommation du pays.
Ailleurs, la Thaïlande est plus chanceuse et a réussi à obtenir un accord avec l'Iran pour le passage de ses pétroliers. Le pays d'Asie du Sud-Est est lui aussi durement touché par la crise énergétique. Les prix du carburant ont bondi, atteignant près de 35 bahts le litre, soit presque un euro, dans un pays où le salaire moyen s'établit autour de 470 euros par mois. Conséquence : les Thaïlandais se ruent à la pompe et l'essence y est rationnée.
La croissance de la Chine en sursis ?
Plus à l'Est de l'Asie, la Corée du Sud a choisi de baisser provisoirement les taxes, tandis qu'au Japon, le gouvernement fait le choix de débloquer des stocks stratégiques pour limiter la hausse des prix pour les automobilistes. Son voisin chinois prend aussi des mesures pour limiter la hausse des prix de l'énergie. Le pays a d'ailleurs fait le choix, dès le début de la guerre en Iran, d'arrêter toute exportation de sa production pétrolière et régule désormais les prix. Une hausse a bien eu lieu, mais elle est deux fois moins élevée que ce qu'elle aurait dû être.
Reste que la Chine, deuxième puissance économique mondiale, fait face à un problème de taille : la moitié du pétrole brut transporté par voie maritime et consommé dans le pays provient du Moyen-Orient. Alors que sa croissance est attendue entre 4,5 % et 5 % cette année, la prévision la plus basse depuis trois décennies, la crise énergétique pourrait encore ralentir la machine chinoise.


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