La sécheresse continue de s’aggraver en France. Selon le BRGM, 94 % des nappes phréatiques sont actuellement en baisse et 63 % affichent des niveaux inférieurs aux normales. Une situation particulièrement préoccupante dans le Limousin et en Champagne, alors que les fortes chaleurs et le manque de pluie continuent de peser sur les réserves en eau.
La France fait face à une sécheresse extrême. Face à cette situation, le ministère de la Transition écologique réunit ce mercredi le Comité d’anticipation et de suivi hydrologique, le CASH. L’objectif de cette réunion : faire le point sur les conséquences de cette sécheresse qui touche une grande partie du territoire et qui affecte particulièrement les réserves d’eau souterraine.
Selon une note du Bureau de recherches géologiques et minières, le BRGM, 94 % des nappes phréatiques sont actuellement en baisse. Et 63 % des points d’observation présentent désormais des niveaux inférieurs aux normales mensuelles. Concrètement, cela signifie que les réserves en eau souterraine sont à des niveaux particulièrement préoccupants pour la saison.
Des seuils très bas sont notamment observés dans le Limousin et en Champagne, parmi les régions les plus touchées par cette sécheresse souterraine. Ces niveaux bas s’expliquent par plusieurs facteurs. D’abord, le manque de pluie, qui empêche les nappes de se recharger suffisamment. Mais aussi les différents usages humains de l’eau, notamment l’irrigation.
Une situation qui pourrait encore se dégrader
Et les fortes chaleurs qui frappent la France depuis le mois de mai jouent également un rôle, de manière indirecte. Comme l’explique Sylvain Bart, du BRGM, les températures élevées ne touchent pas directement les nappes profondes. En revanche, elles ont des conséquences importantes sur la végétation.
"Le sous-sol profond et les nappes perçoivent assez peu ces températures élevées. Par contre, la végétation, elle, elle va le subir. Donc ça va accélérer l'évapotranspiration des plantes et donc les plantes vont davantage puiser dans la nappe et donc la nappe va se vidanger davantage", a-t-il révélé.
Autrement dit, avec la chaleur, les plantes ont davantage besoin d’eau. Elles puisent donc davantage dans les réserves souterraines, ce qui accélère encore la baisse du niveau des nappes.
Et cette situation pourrait se poursuivre dans les prochaines semaines, jusqu’à la mi-automne, avant un éventuel retour des fortes pluies permettant de recharger les nappes.
En attendant, les restrictions d’eau se multiplient partout en France. Plus de 62 millions de Français sont concernés par des mesures de restriction des usages de l’eau, alors que le pays continue de faire face à une sécheresse particulièrement intense.


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