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Sécheresse: les Britanniques n'ont plus le droit d'arroser leur jardin et ils ne sont pas contents du tout

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Les vagues de canicule ne frappent pas que la France: le Royaume-Uni est, lui aussi, touché de plein fouet. Alors que l'année 2025 a été la plus chaude jamais enregistrée outre-Manche, 2026 semble bien partie pour battre de nouveaux records. Avec la sécheresse, le niveau des rivières et des réserves d'eau est alarmant, tout autant que les projections. D'ici à 2055, l'Angleterre pourrait faire face à un déficit de cinq milliards de litres d'eau par jour.

Face à la crise de l'eau, plusieurs compagnies des eaux, comme Thames Water, Cambridge Water ou encore South East Water, ont instauré en juillet des restrictions dans différentes régions du pays. L'une d'entre elles concerne plus de dix millions d'habitants et passe particulièrement mal: l'interdiction d'arroser son jardin avec un tuyau.

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Si beaucoup se plient aux contraintes, d'autres –en particulier ceux issus des quartiers résidentiels aux belles pelouses– sont verts de rage et font tout pour braver les interdictions. Sur les réseaux sociaux, des internautes expliquent comment dissimuler un tuyau dans un arrosoir ou remplir en continu des seaux au robinet. Des manières de rester, techniquement, dans les limites de la réglementation.

Outre la colère, l'interdiction crée aussi un climat de suspicion, rapporte le Guardian. Dans les jardins donnant sur la rue, enfreindre cette règle se fait aux yeux de tous, notamment des voisins. Certains n'hésitent pas à balancer les gredins à la police. Une surveillance informelle qui transforme la crise environnementale en une véritable expérience sociale et en un terrain d'affrontement politique et culturel.

Des exemptions récupérées par la droite

La polémique a en effet rapidement dépassé la seule question de l'arrosage. Surfant sur la grogne populaire, plusieurs responsables politiques de droite se sont emparés d'une exemption à cette interdiction accordée à certains bénéficiaires d'aides sociales, remettant ainsi en cause de nombreux acquis. Ils dénoncent une «folie» dans une «Grande-Bretagne à deux vitesses».

Selon le média britannique, la réalité est plus complexe. Certains foyers inscrits sur la liste des services prioritaires des compagnies des eaux peuvent bénéficier d'un droit d'arrosage s'ils remplissent plusieurs critères, comme avoir un certain nombre d'enfants ou souffrir d'un problème médical nécessitant de grandes quantités d'eau, comme la dialyse. Certaines personnes handicapées peuvent aussi bénéficier d'une exemption, notamment pour nettoyer leur fauteuil roulant ou enlever la poussière susceptible d'aggraver des problèmes respiratoires.

Des nuances qui pèsent peu dans le débat public. La question de l'arrosage est devenue le support d'un récit politique opposant les citoyens les uns aux autres. D'un côté, les personnes valides qui travaillent et respectent les règles, de l'autre, les personnes pauvres ou handicapées qui "bénéficieraient" de privilèges particuliers. Avec, en toile de fond, la tendance des partis libéraux à s'attaquer aux dispositifs destinés à protéger les plus vulnérables. Mais derrière la colère des citoyens se cache surtout un ras-le-bol envers les compagnies des eaux et certaines décisions politiques.

Alors qu'une grande partie du réseau d'eau britannique est vieillissante, de nombreuses fuites sont constatées un peu partout. Au total, près de trois milliards de litres d'eau potable seraient perdus chaque jour en Angleterre et au pays de Galles. Ces pertes dépassent largement le volume économisé par l'interdiction des tuyaux d'arrosage, estime Greenpeace. Les compagnies rechignent pourtant à réparer leurs infrastructures: le coût des fuites est inférieur à celui des réparations.

S'ajoute à cela un paradoxe qui fait grincer des dents. Alors que les autorités demandent aux citoyens de modifier leurs habitudes face au changement climatique, le nombre de data centers, nécessaires pour soutenir l'essor de l'intelligence artificielle, croît à vitesse grand V au Royaume-Uni, notamment dans les régions les plus touchées par la sécheresse. Des infrastructures qui consomment de grandes quantités d'eau pour refroidir les serveurs. Peut-être la goutte qui fait déborder le tuyau aux yeux des anglais.

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