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Par Eloi Passot
Publié le 22/08/2026 à 18h58, mis à jour le 22/08/2026 à 20h28
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Le premier ministre avait décroché un accord de non-censure en 2026 en échange de la suspension de la réforme des retraites.
Passer la publicité Passer la publicitéLe mélodrame du budget 2026 va-t-il se répéter en 2027 ? Dans une lettre adressée aux parlementaires, Sébastien Lecornu appelle à ce que le projet de loi de finances soit voté sous peine de «désordres». «J’entends parfois l’idée selon laquelle l’absence de budget serait finalement une solution confortable», écrit-il dans cette missive de 14 pages relayée par Le Parisien . (...) «C’est faux, il faut adopter un budget.»
«Choisir d’attendre l’élection présidentielle pour adopter un budget pour 2027, c’est choisir le désordre (…) Une hausse de nos taux d’intérêt pèserait durablement sur l’État et notre économie», lance-t-il en guise d’avertissement. Le premier ministre, qui a décroché un accord de non-censure dans la douleur pour l’adoption du budget 2026, en échange de la suspension de la réforme des retraites, sait que la partie ne sera pas aisée.
En cas d’absence de budget, «une hausse de nos taux d’intérêt pèserait durablement sur l’État, mais aussi sur notre économie, et donc sur les ménages», prévient-il. Faute de majorité à l’Assemblée, le gouvernement craint, en pleine campagne présidentielle, une coalition des oppositions gauche-RN qui ne permette pas l’adoption d’un budget.
«Ce n’est pas une solution»
Dans ce cas, le gouvernement devrait faire voter, comme en 2025 et 2026, une loi spéciale qui permet de pallier l’absence de budget en reconduisant les recettes de l’année précédente et en engageant des dépenses nécessaires à la continuité de l’État. Mais là où cette loi n’avait été appliquée que quelques semaines, elle pourrait l’être jusqu’à l’automne 2027 du fait de la présidentielle et des probables législatives ensuite.
«Ce n’est pas une solution», insiste Sébastien Lecornu en s’appuyant sur un rapport de l’Inspection générale des finances selon lequel cette application prolongée «exposerait le pays (...) à des risques majeurs» avec un coût estimé a minima à 0,5% du PIB. Au contraire, un budget voté pourra être «corrigé, réorienté ou modifié rapidement par le prochain président, son gouvernement et le Parlement. Mais on ne peut pas modifier un budget qui n’a pas été adopté», plaide-t-il.
«Ce ne sera pas un budget de non-choix»
Le premier ministre refuse de rentrer dans les débats de méthode (recours au 49.3, aux ordonnances...) pour faire adopter le budget, renvoyant cela à l’issue des débats parlementaires cet hiver. «Nous prendrons le temps nécessaire au débat, à la confrontation des choix et à la recherche de compromis. Et si ce travail doit se prolonger au-delà des échéances que certains voudraient aujourd’hui nous imposer, il se prolongera», annonce-t-il, laissant entrevoir une prolongation début 2027 si nécessaire.
Sur le fond du budget, il ne livre pas de détails mais assure que «ce ne sera pas un budget de non-choix». Le gouvernement proposera «de poursuivre le redressement de nos finances publiques» avec «des réformes structurelles» même «si certaines paraîtront modestes prises isolément». Il promet de ne pas «sacrifier les investissements qui garantissent notre souveraineté: défense, sécurité, justice, énergie, industrie, recherche, adaptation au changement climatique».


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