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Nouveau livre, ingérences étrangères, premier bilan des municipales perdues à Toulouse, présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon : François Piquemal se relance dans la bataille.
Sur le même thèmeJean-Luc MélenchonLa France Insoumise (LFI)
Par David Saint-Sernin Publié le 24 août 2026 à 18h24
C’est sa rentrée politique. Quelques mois après sa défaite aux élections municipales à Toulouse face à Jean-Luc Moudenc et à quelques mois d’une élection présidentielle dans laquelle il va soutenir Jean-Luc Mélenchon, le député La France insoumise (LFI) de Haute-Garonne, François Piquemal, fait son retour sur le devant de la scène avec un livre, « Élection sous influence », dans lequel il revient sur les « ingérences étrangères » qui ont pu polluer la campagne toulousaine. Un livre préfacé par Jean-Luc Mélenchon. L’occasion de revenir avec lui sur les enjeux démocratiques que pose cette problématique, mais aussi de faire un premier bilan de sa campagne et de son engagement, les mois qui viennent, dans la présidentielle. Interview.
Actu : Pourquoi avoir écrit ce livre?
François Piquemal : C'est une manière de lancer l'alerte en vue de l'élection présidentielle. Les ingérences étrangères ne sont pas nouvelles mais elles atteignent notre souveraineté démocratique. Pendant les municipales, les campagnes de Sébastien Delogu à Marseille et de David Guiraud à Roubaix, comme la mienne à Toulouse, ont été concernées par des ingérences étrangères. Cela a été relevé par Viginum (le service technique et opérationnel de l’État français chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, N.D.L.R.).
Les ingérences étrangères dans le débat politique, c'est un enjeu de souveraineté démocratique
Sur quels faits revenez-vous?
:
Des enquêtes sont en cours. Mais à Toulouse, on a des réserves concernant des fausses pubs hostiles à ma candidature et qui sont notamment parues sur le site de La Dépêche du Midi (La Dépêche du Midi, victime comme d’autres sites de cette publication haineuse, a condamné "de tels agissements qui nuisent au bon déroulement de la démocratie", N.D.L.R). Ce sont ces faits-là que je relate. Il y a eu aussi des ingérences avérées de la part de la nébuleuse de l'extrême droite israélienne que je mets en corrélation avec les faits qui se sont déroulés durant la commémoration aux victimes des attentats de Toulouse, le 19 mars dernier (qualifié tour à tour d’« antisémite » et de « pourriture », François Piquemal a été copieusement hué par une partie de la foule à son arrivée sur le square Charles-de-Gaulle, puis lors du dépôt des gerbes – tout comme deux autres députés insoumis, eux aussi conspués, N.D.L.R.).
Pourquoi le faire maintenant?
: A un moment, j'ai été tellement assailli de questions par des journalistes internationaux qui enquêtaient sur le sujet que je me suis dit qu'il était important de rappeler cette histoire complètement folle, jamais vue. C'est aussi un enjeu de souveraineté démocratique. C'est aussi relater ce qu'a été la violence de la campagne toulousaine mais qui a pu se produire pour d'autres. Cela nous a touchés et cela peut en toucher d'autres. Ces menaces peuvent être diffuses et c'est un enjeu démocratique dans la perspective des élections présidentielles. On sait que certains lobbies vont mettre en place des campagnes de manipulations ces prochains mois.

Jean-Luc Mélenchon préface votre livre. Quels éléments apporte-t-il?
: Il revient sur ce qui a été vécu à Toulouse, Roubaix et Marseille et dit que c’est un enjeu de souveraineté démocratique. Il lance l’alerte à son tour et demande que des mesures soient prises pour qu’aucun candidat ne puisse en subir les conséquences.
Plusieurs mois après les faits, qu'attendez-vous des enquêtes en cours?
: Les rapports ont été communiqués. On sait les choses. On sait que certaines ingérences viennent d’une entité Black Core proche de l’European Leadership Network (Elnet), un lobby pro-israélien. C’est cette nébuleuse-là qui a été à la manœuvre. Il reste aussi des choses à éclaircir. On ne connaît pas les commanditaires à l’origine des fausses pubs avant le second tour des municipales à Toulouse. Pour la cérémonie du mois de mars, certains auteurs de menaces de mort ont été identifiés. Il y a la question de la préméditation, on sait que la rédaction de France 3 a été mise au courant deux jours avant qu’il y avait une volonté qu’il y ait du grabuge lors de cette cérémonie. L’enquête devra montrer les tenants et les aboutissants. Dans ce livre, je me base sur le travail des journalistes qui ont enquêté sur le sujet.

Quelques mois après votre défaite aux municipales, quel bilan faites-vous de la campagne à titre personnel ?
: Il faut du temps avant de faire le bilan d’une élection, et je me laisse encore un an pour le faire. Un recours est toujours en cours également. Les raisons de la défaite sont multiples. Il est déjà clair que ce qu’il s’est passé entre le premier et le second tour, le bashing médiatique, le traquenard du 19 mars, et les fausses pubs ont pu créer une atmosphère, un contexte susceptible d’altérer la vision de ceux qui se sont intéressés au scrutin sur les derniers jours. En effet, il n’a pas été question des programmes des candidats lors des derniers jours de la campagne mais de toutes ces affaires. De notre côté, jusqu’au bout de la campagne, on a essayé d’aller chercher des gens, de parler programme.
Ce qui est également certain, c’est que c'est très dur de pouvoir l’emporter quand on se présente au scrutin pour la première fois. En mars dernier, on a ouvert une voie, mais cela n’a pas été suffisant. Il faut maintenant que la poussière retombe. Dans un an, il sera temps de voir comment on peut faire arriver la gauche au Capitole car la ville en a vraiment besoin.
De quelle manière allez-vous prendre part à la campagne de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle 2027?
: L’élection présidentielle va être un moment de politique intense dans le pays et dans notre ville. On va se jeter corps et âme dans cette bataille. On va faire le nécessaire pour qu’un gouvernement aille sur la justice sociale et la bifurcation écologique. On va d’autant plus se jeter dans la bataille à Toulouse quand je vois les prises de position du groupe politique de M. Moudenc, il y a un glissement vers l’extrême droite. Demain si on a un second tour Mélenchon-Le Pen, Jean-Luc Moudenc appellera à voter Le Pen. Avec M. Jean-Luc Moudenc, on est plus près de Ciotti que de Baudis.
Présidentielle 2027 : "Je ne cherche pas à avoir une place particulière mais à être au service d’une dynamique"
Pendant la prochaine campagne de la présidentielle, sur quelles thématiques allez-vous travailler au sein de l'équipe de Jean-Luc Mélenchon? Et quelle sera votre place dans cette équipe?
: J’aurais la place qui sera la mienne en toute humilité pour que Toulouse ait toute sa place pendant la campagne présidentielle. Nous sommes plusieurs députés insoumis en Haute-Garonne à pouvoir se relayer dans cette dynamique de campagne. Je ne cherche pas à avoir une place particulière mais à être au service d’une dynamique. Je serai à celle que l’on voudra me donner et je travaillerai sur les thématiques du logement, du sport, mais aussi d’autres thématiques comme la santé mentale, l’écologie.
En tant que responsable du pôle développement territorial, notre mission est de faire que là où l'on a moins de militants, on puisse déployer des moyens humains pour pouvoir faire campagne dans chaque commune de France.
Revenons aux municipales de 2026. Quel bilan collectif en tirez-vous? Avez vous observé des marges de progression ?
: L’expérience de 2020 m’a montré que tirer des bilans à chaud, c’est passer à côté de leviers que l'on a surestimés ou sous-estimés. Je fais donc attention. La marge de progression est, de mon point de vue, simple à Toulouse : c’est la participation des jeunes et des habitants lors des élections municipales. Celles et ceux qui ne sont pas allés voter auraient, en effet, sans doute voté pour nous.
Il y a aussi la question des moyens financiers. On savait qu’il y avait une difficulté par rapport à M. Moudenc. On a dépensé 200 000 euros pour le premier tour et 73 000 euros au second. Ce sont les montants remboursables et nous ne sommes pas allés au-delà. M. Moudenc avait de son côté un micro parti, des riches donateurs, des promoteurs immobiliers notamment (ces donateurs ont pu financer, de façon tout à fait légale, la campagne de Jean-Luc Moudenc via son micro-parti, N.D.L.R). Quand on part avec une telle différence de budget c’est comme dire au Toulouse FC d’aller battre le Real Madrid. C’est David contre Goliath. Monsieur Moudenc a également bénéficié du soutien médiatique entre les deux tours, notamment de la part du quotidien local. C’est d'ailleurs un miracle d’avoir fait un tel score dans le contexte de ce média bashing.
On a aussi payé le fait qu’une partie du parti socialiste préférait la victoire de la droite et je salue, dans ce contexte, François Briançon, qui a été à la hauteur en disant « quand on est à gauche, on vote à gauche ».
Municipales à Toulouse : On se dit ce qu’on aurait pu faire de mieux. Tout le monde est améliorable, moi le premier. Je vais continuer à y travailler.
Nombre des raisons que vous évoquez sont liées à des personnes tierces... Si vous vous représentez à l'avenir, ne voyez-vous pas des choses à changer en tant que candidat?
: On se dit ce qu’on aurait pu faire de mieux. Tout le monde est améliorable, moi le premier. Je vais continuer à y travailler. Reste que les moyens nous ont fait défaut et que l'on a subi un bashing. Certains sont prêts à tous les mauvais coups, les plus vils, les plus bas, les plus sordides, pour conserver leurs intérêts. Il y a eu un résultat, il y a eu un recours. Il convient de faire le bilan sur le moyen terme. Sur le plan des idées, certaines de nos mesures programmatiques vont rester comme l'encadrement des loyers, la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, l'hippodrome de la Cépière transformé en îlot de chaleur. C’est une campagne qui va permettre de faire infuser des idées qui pourront d'ailleurs être reprises par Jean-Luc Moudenc s'il ne reste pas enfermé dans son dogmatisme.
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