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Après plusieurs expériences à l'étranger, Théo Silva (25 ans) a posé ses valises en R2 et au SC Hérouville.
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Par Rédaction Sport à Caen Publié le 24 août 2026 à 18h21
« Au fond, j’crois que la terre est ronde. Pour une seule bonne raison : après avoir fait le tour du monde, tout c’qu’on veut, c’est être à la maison », chantait le rappeur Orelsan et c’est peut-être ce qu’a dû penser Théo Silva au moment de rejoindre le SC Hérouville. « C’est une arrivée qui s’est faite naturellement. Je connaissais Franck [Dechaume, ndlr]. Il savait que je recherchais un nouveau projet », explique le jeune milieu de terrain franco-portugais.
Il a parlé de moi à Tom [Auger, entraîneur SC Hérouville, ndlr, ex adjoint de Franck Dechaume à Flers] avec qui j’ai pu m’entretenir une dizaine de minutes. Il a envie de bien faire. Je fonctionne beaucoup à l’humain et j’ai senti toute sa détermination. Il a su me donner envie de me battre.
Et le tout jeune entraîneur ne s’en cache pas : sa nouvelle recrue « monte en puissance. » Elle apporte déjà ses instincts de créateur et toutes ses qualités techniques à son collectif. « Je suis un compétiteur. Je déteste perdre et, en donnant le meilleur de moi même, j’espère retrouver le plaisir que j’ai perdu ces dernières années. »
« Le plaisir que j’ai perdu ces dernières années »
C’est en région parisienne que Théo Silva voit le jour. Plus précisément à Orsay. Là où le foot est élevé au rang de « religion ».
« Mon père était supporter du Paris SG et il m’emmenait voir les matchs. À 4 ans, je jouais déjà en bas de chez moi. Un jour, alors que mon frère jouait déjà au foot, je suis entré sur le terrain et l’entraîneur a demandé qu’on me laisse faire », sourit-il.
Le foot, c’est toute ma vie. Pour l’esprit collectif et pour l’adrénaline d’avant-match. Je l’ai toujours mis au-dessus de tout. Même seul avec mon ballon, je peux jouer n’importe où.
Formé au FC Orsay, le club de sa ville natale, il s’exile à l’US Palaiseau. Epoque Tanguy Coulibaly (Samsunspor, ex-Paris SG). « On courait les tournois internationaux et on mangeait des merguez-frites avant la finale. On ne pensait qu’au plaisir qu’on allait prendre. Avec des rêves plein la tête. »
Puis, par « goût du défi et par besoin de voir autre chose », à l’US Montlhery.
Là-bas, j’ai appris à me battre. J’ai appris le travail, l’humilité et à toujours vouloir être le meilleur. Une école de la vie qui a forgé mon caractère.
Première escale en Ecosse. « J’avais déjà 19 ans. En vieillissant, je me rendais compte que mon rêve de devenir pro commençait à s’effriter et je me suis dit que partir à l’étranger pouvait être une bonne solution. J’ai fait des détections. J’ai envoyé des vidéos à des agents. Je me suis débrouillé tout seul. »
Avec les Caledonian Braves, il découvre la Lowland League. Soit la cinquième division du pays. « J’ai vécu une expérience folle. Mes parents sont tout pour moi. Ils m’ont toujours aidé. Ils m’ont toujours soutenu. S’éloigner d’eux a été difficile mais j’étais prêt à tout. »
Jusqu’à ce que le COVID-19 ne le contraigne à revenir au pays. Et, bien que blessé aux abducteurs au cours de sa préparation estivale, le large l’appelle de nouveau. Prochain arrêt : l’Angleterre. À Londres. Pendant six mois.
Au culot. J’y ai vu une nouvelle aventure à vivre mais qui, cette fois, a été beaucoup plus difficile. Je vivais mal la solitude. Je dormais dans des hostels [foyers, ndlr] et j’enchaînais les essais dans des clubs de quatrième ou de cinquième division.
« Il fallait faire le deuil de mon rêve »
Dont un avec les U23 du Barnet FC. Sauf que, faute de visa, il ne peut pas rester plus longtemps. « J’ai parfois été poissard. Par exemple, j’ai pu me bloquer le dos à quelques jours d’un essai. J’avais un objectif en tête. Je ne voulais pas rentrer mais, à force de discuter avec mon père au téléphone, il a fini par me convaincre. »
De retour en France, il travaille sur les chantiers paternels. « Jusqu’à ce qu’un midi, un ami qui jouait en Espagne m’appelle. Il avait montré mon CV et mes vidéos à son entraîneur qui était d’accord pour me rencontrer. » Direction l’UP Placensia (Extremadure).
C’est à la frontière portugaise. Dans les montagnes. Les paysages étaient magnifiques et j’adorais le climat. J’avais enfin trouvé un peu de stabilité mais j’ai été trop gourmand.
Dans le dos de sa direction, il passe, en effet, un essai avec un club plus huppé. « Un essai concluant mais mon attitude était encore trop « parisienne ». Et, comme mon ancien club a été averti, je me suis retrouvé sans rien. »
Chamboulé par le déménagement de son père, il passe ensuite une année loin des terrains malgré une excellente dernière saison avec le FC Plessis-Robinson (Régional 1).
Je me retrouvais tout seul. Je n’avais plus envie mais j’ai aussi compris à quel point le foot était important dans ma vie et à quel point j’en avais besoin. J’ai senti comme un manque. Je me sens plus mature. Dans ma manière d’aborder les choses par exemple. La prise de conscience a été tardive mais j’avais besoin de faire le point.
Il rejoint alors sa mère installée, depuis peu, en Normandie. « J’ai appris trois langues. J’ai fait de nouvelles rencontres et j’ai découvert d’autres styles de jeu. Même si je suis passé par des moments difficiles, chaque expérience a été positive. Devenir professionnel était un rêve d’enfant. Je devais en faire le deuil. Je n’ai pas de regrets. Je pense maintenant davantage au plaisir. »
De notre correspondant Quentin LEMOINE
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