Avec 117 cas autochtones de West Nile en France métropolitaine au 23 septembre, le virus n’a jamais été aussi actif que cette année 2026. Comment l’expliquer ? De quelle manière les autorités sanitaires adaptent-elles la surveillance à ces nouveaux enjeux ?

En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 06:40 | mis à jour aujourd'hui à 06:44 - Temps de lecture :

  • Cet été 2026, la circulation du virus du West Nile, transmis par le moustique du genre Culex, a été particulièrement intense. Au dernier décompte, le 14 septembre, 117 cas humains avaient été recensés, soit 25 cas en seulement une semaine. En Europe, à la même période, 1 285 cas autochtones avaient été enregistrés. Chez les animaux, au 18 septembre, pas moins de 291 cas équins symptomatiques étaient connus (24 asymptomatiques). Le virus a aussi été diagnostiqué chez 12 oiseaux.Photo Adobe Stock

    Cet été 2026, la circulation du virus du West Nile, transmis par le moustique du genre Culex, a été particulièrement intense. Au dernier décompte, le 14 septembre, 117 cas humains avaient été recensés, soit 25 cas en seulement une semaine. En Europe, à la même période, 1 285 cas autochtones avaient été enregistrés. Chez les animaux, au 18 septembre, pas moins de 291 cas équins symptomatiques étaient connus (24 asymptomatiques). Le virus a aussi été diagnostiqué chez 12 oiseaux.

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  •  l’Ariège, la Drôme, l’Ille-et-Vilaine, le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle, la Dordogne, la Loire-Atlantique, etc. », précise Gaëlle Gonzalez, responsable du laboratoire national et européen de référence sur le virus West Nile à l’Anses.Photo Adobe Stock

    Présent depuis les années 60 dans le pourtour méditerranéen, le virus du West Nile a progressivement gagné du terrain. « L’année 2026 marque un tournant. La circulation est particulièrement importante cette année et son aire de circulation s’étend à de nouveaux territoires : l’Ariège, la Drôme, l’Ille-et-Vilaine, le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle, la Dordogne, la Loire-Atlantique, etc. », précise Gaëlle Gonzalez, responsable du laboratoire national et européen de référence sur le virus West Nile à l’Anses.

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  • Un tournant car selon la chercheuse, qui s’exprime dans un communiqué diffusé mardi 22 septembre par l’Anses, « le virus a donc commencé à circuler plus tôt, dès le début du mois d’août, et de manière plus intense que ce que nous avions pu observer jusqu’à présent ».Photo Adobe Stock

    Un tournant car selon la chercheuse, qui s’exprime dans un communiqué diffusé mardi 22 septembre par l’Anses, « le virus a donc commencé à circuler plus tôt, dès le début du mois d’août, et de manière plus intense que ce que nous avions pu observer jusqu’à présent ».

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Cet été 2026, la circulation du virus du West Nile, transmis par le moustique du genre Culex, a été particulièrement intense. Au dernier décompte, le 14 septembre, 117 cas humains avaient été recensés, soit 25 cas en seulement une semaine. En Europe, à la même période, 1 285 cas autochtones avaient été enregistrés. Chez les animaux, au 18 septembre, pas moins de 291 cas équins symptomatiques étaient connus (24 asymptomatiques). Le virus a aussi été diagnostiqué chez 12 oiseaux.

Présent depuis les années 60 dans le pourtour méditerranéen, le virus du West Nile a progressivement gagné du terrain. « L’année 2026 marque un tournant. La circulation est particulièrement importante cette année et son aire de circulation s’étend à de nouveaux territoires : l’Ariège, la Drôme, l’Ille-et-Vilaine, le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle, la Dordogne, la Loire-Atlantique, etc. », précise Gaëlle Gonzalez, responsable du laboratoire national et européen de référence sur le virus West Nile à l’Anses.

Un tournant car selon la chercheuse, qui s’exprime dans un communiqué diffusé mardi 22 septembre par l’Anses, « le virus a donc commencé à circuler plus tôt, dès le début du mois d’août, et de manière plus intense que ce que nous avions pu observer jusqu’à présent ».

Comment expliquer cette hausse du nombre de cas ?

La première cause pourrait être liée à une amélioration de la surveillance. Le West Nile est davantage recherché, notamment par les services vétérinaires, ce qui peut contribuer à détecter davantage de cas.

Le virus pourrait aussi avoir évolué.  « Est-ce qu’il s’est installé chez les populations d’oiseaux semi-migrateurs ou résidents ? Est-ce qu’une nouvelle souche du virus plus virulente circule ? La caractérisation des souches circulantes que nous menons actuellement dans notre laboratoire doit nous permettre d’y voir plus clair », avance la chercheuse.

Dernière piste, les conditions météorologiques extrêmes de cet été 2026, notamment les températures très élevées. « Celles-ci impactent l’abondance des moustiques vecteurs et leur comportement notamment et peuvent aussi modifier les couloirs des oiseaux migratoires. »

Un virus saisonnier mais dont la période de circulation pourrait s’étendre

Les réservoirs principaux de ce virus sont les oiseaux, les autres hôtes étant les équidés et les humains. Les moustiques sont les principaux vecteurs. Pour que le virus soit transmis, les acteurs doivent être « présents, au même endroit, au même moment ».

C’est pourquoi le virus West Nile est saisonnier, l’activité du moustique culex s’étendant d’avril-mai à fin novembre. « Cette saisonnalité pourrait être amenée à évoluer avec le dérèglement climatique. Par exemple, des températures plus élevées en hiver pourraient étendre la période d’activité des moustiques, qui meurent uniquement en dessous de 14°C. » La surveillance doit donc évoluer en conséquence.

L’approche “One Health” en pratique

Et pour que celle-ci soit efficace, elle doit prendre en compte la santé animale, la santé humaine et l’environnement. « Les données de surveillance chez les animaux constituent désormais un signal d’alerte pour la santé humaine. La détection de cas chez les équidés ou les oiseaux permet de mieux identifier les territoires dans lesquels le virus circule et d’adapter les mesures de protection de la population. Cela peut notamment conduire à renforcer la sécurisation des dons de sang et d’organes, par exemple grâce au dépistage du virus dans toutes les poches de sang », explique Gaelle Gonzalez.

Travaillent donc ensemble à la surveillance de ce virus l’Anses, les vétérinaires équins, les parcs zoologiques, le Centre national de référence à l’Université Aix-Marseille, l’Établissement français du sang, les agences régionales de santé… C’est l’approche One Health, appliquée de manière très concrète. « Le travail mené autour du virus West Nile montre ainsi très concrètement l’intérêt de décloisonner les expertises et les données. En croisant les informations sur la santé animale, la santé humaine et l’environnement, nous pouvons mieux comprendre la circulation du virus et agir plus rapidement pour limiter ses conséquences. »

À noter : 80 % des personnes infectées par le virus sont asymptomatiques, tandis que 20 % présentent un syndrome grippal (fièvre, maux de tête, courbatures). Dans moins de 1 % des cas, les personnes infectées présentent des complications neurologiques (méningite, encéphalite).

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