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Santé Québec Abitibi-Témiscamingue n’est toujours pas en mesure de rouvrir l’unité interne de santé mentale à Amos.
Cette unité de huit lits d'hospitalisation est fermée depuis plus de 15 mois, faute de personnel. Une situation qui n’a pas changé, selon la présidente-directrice générale, Caroline Roy.
Je rappelle, d'entrée de jeu, que c'est réellement encore une fermeture temporaire. Puis les raisons pour lesquelles on a dû réaliser cette fermeture temporaire, c'est en lien avec le manque d'effectifs au niveau du personnel en soins infirmiers, ce qui est toujours le cas. C’est encore très criant dans le territoire de la MRC d’Abitibi, donc le territoire de la ville d'Amos, affirme-t-elle.
L’absence d’une unité interne de santé mentale n’empêche pas les gens qui en ont besoin d’être hospitalisés quand c’est nécessaire, assure Mme Roy. Ils le sont alors dans un autre centre hospitalier de la région.

En mai 2025, les autorités sanitaires de la région annonçaient la fermeture temporaire de l’unité de santé mentale d’Amos afin de réduire le recours à la main-d’œuvre indépendante. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Marc-André Nadeau
Je peux vous confirmer que toute personne qui a besoin d'une hospitalisation en santé mentale, quel que soit son lieu de résidence, que ce soit Amos, le Témiscamingue ou Val-d'Or, a accès à un lit d'hospitalisation en Abitibi-Témiscamingue dans les autres lieux, qui sont Rouyn-Noranda, La Sarre ou Malartic, indique-t-elle.
La région dispose de 38 lits d’hospitalisation en santé mentale répartis entre La Sarre, Malartic et Rouyn-Noranda.
Les priorités respectées
Sur les réseaux sociaux, plusieurs citoyens font le lien entre des drames, comme celui survenu à Amos le week-end dernier, et la fermeture de cette unité interne de santé mentale.
Sans faire ce lien, Caroline Roy assure que tous les cas urgents sont vus rapidement.
Toutes les personnes qui ont un besoin urgent, donc nos priorités 1, parce que c'est vraiment avec des codes de priorité, sont toutes répondues dans les délais, en dedans de 24-48 heures.
Les personnes qui peuvent attendre selon leur code de priorité, il y en a qui attendent plus longtemps que 30 jours, précise Mme Roy. Ces gens-là sont rappelés, on réévalue avec eux le niveau de priorité pour s'assurer que, si c'est le cas, ils peuvent toujours attendre quelque temps avant de pouvoir recevoir le service.
Le taux d’usagers ayant accédé à un service de santé mentale dans le délai prescrit était de 45,9 % en août dernier.
Demandes de services en hausse
Réunis à Val-d’Or jeudi, les membres du conseil d’administration d’établissement de Santé Québec Abitibi-Témiscamingue ont pu prendre connaissance de l’offre de services en santé mentale sur le territoire lors d’une présentation de Krystina Sawyer, directrice des programmes santé mentale, et Tommy Guillemette, directeur adjoint du programme jeunesse et de la DPJ.

Tommy Guillemette est directeur adjoint à la direction du programme jeunesse en Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
Ils ont alors pu voir que plusieurs indicateurs de santé mentale sont défavorables à la région. On y retrouve une plus grande proportion de troubles mentaux, de troubles anxieux ou dépressifs, d’hospitalisations pour tentative de suicide et de mortalité par suicide que la moyenne québécoise.
Entre avril et octobre, le nombre de personnes sur les listes d’attente par réseau local de santé (RLS) est demeuré globalement stable, mais il a bondi de 108 % à Rouyn-Noranda. Il a baissé de 51,4 % au Témiscamingue, notamment en raison de la télésanté.
Le nombre de demandes de services de première ligne par RLS a augmenté de 30,7 %, passant de 375 à 490 en un an pour les mois d’avril à juin. Elles ont plus que doublé au Témiscamingue (de 43 à 100) et presque doublé à Amos (de 51 à 95).
On a vu qu’on est capable de répondre à un accroissement de la demande, parce que c’est quand même un élément qui est constaté : on a plus de demandes de services en santé mentale dans la région, sans augmenter la liste d’attente. Donc, on a modifié notre offre de services, on est capable d’organiser les services pour répondre à ce besoin qui est en augmentation, fait valoir Caroline Roy.
Aucune mauvaise porte
Parmi les mesures mises en place dans la région, on retrouve un principe directeur : aucune mauvaise porte. Peu importe où elles se présenteront dans le réseau, les personnes qui ont besoin de soins en santé mentale seront accueillies, puis recommandées à la bonne ressource.
On a vraiment intégré notre capacité à offrir les services en région. Un même intervenant est capable de poursuivre le temps de pouvoir offrir un autre service. Donc, on ne retourne pas une personne sur une liste d’attente avant qu’elle reçoive un autre service. On ne veut surtout pas dire non plus à une personne : vous n’avez pas cogné à la bonne porte, puis présentez-vous à un autre endroit, explique Caroline Roy.


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