Pourquoi certaines personnes souffrant de psoriasis sont-elles réfractaires à toutes les thérapeutiques, y compris les dernières biothérapies ? Un consortium international de chercheurs, coordonné par le Français Hervé Bachelez, tient enfin une explication : une mutation rare a été découverte chez ces patients, avec des réponses impressionnantes aux médicaments ciblant la voie inflammatoire impliquée.

En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 09:30 | mis à jour aujourd'hui à 09:30 - Temps de lecture :

  • Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Parmi les 2,4 millions de personnes qui en souffrent, certaines résistent à tous les traitements. Une équipe internationale, coordonnée par le Pr Hervé Bachelez (Université Paris Cité, Institut Imagine à Paris, hôpital Saint-Louis), a identifié une nouvelle cause génétique du psoriasis.Photo Adobe Stock

    Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Parmi les 2,4 millions de personnes qui en souffrent, certaines résistent à tous les traitements. Une équipe internationale, coordonnée par le Pr Hervé Bachelez (Université Paris Cité, Institut Imagine à Paris, hôpital Saint-Louis), a identifié une nouvelle cause génétique du psoriasis.

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  • Cette découverte, publiée en juillet 2026 dans le Journal of Experimental Medicine, éclaire pourquoi certains patients présentent des maladies associées (comorbidités) et ne répondent à aucune thérapeutique médicamenteuse, y compris les plus récentes comme les biothérapies.Photo Adobe Stock

    Cette découverte, publiée en juillet 2026 dans le Journal of Experimental Medicine, éclaire pourquoi certains patients présentent des maladies associées (comorbidités) et ne répondent à aucune thérapeutique médicamenteuse, y compris les plus récentes comme les biothérapies.

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  •  une mutation rare d’un gène appelé ADAR1. Cette anomalie déclenche, en présence d’ARN messagers (issus de l’organisme ou de virus), une inflammation particulière. Jusqu’à présent, cette voie inflammatoire n’était pas ciblée par la grande majorité des traitements disponibles contre le psoriasis. Photo Adobe Stock

    Chez ces personnes, ce type de psoriasis (en plaques à début précoce) n’est donc pas tout à fait la même maladie. Dans ces psoriasis réfractaires, les chercheur ont identifié la mutation qui change tout : une mutation rare d’un gène appelé ADAR1. Cette anomalie déclenche, en présence d’ARN messagers (issus de l’organisme ou de virus), une inflammation particulière. Jusqu’à présent, cette voie inflammatoire n’était pas ciblée par la grande majorité des traitements disponibles contre le psoriasis. 

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Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Parmi les 2,4 millions de personnes qui en souffrent en France, certaines résistent à tous les traitements.

Une équipe internationale, coordonnée par le Pr Hervé Bachelez (Université Paris Cité, Institut Imagine à Paris, hôpital Saint-Louis), a identifié une nouvelle cause génétique du psoriasis. Cette découverte, publiée en juillet 2026 dans le Journal of Experimental Medicine, explique pourquoi certains patients présentent des maladies associées (comorbidités) et ne répondent à aucune thérapeutique médicamenteuse, y compris les plus récentes comme les biothérapies. 

Piste génétique et médecine de précision 

Chez ces personnes, ce type de psoriasis (en plaques à début précoce) n’est donc pas tout à fait la même maladie. Dans ces psoriasis réfractaires, les chercheur ont identifié la mutation qui change tout : celle, rare, d’un gène appelé ADAR1.

Cette anomalie déclenche, en présence d’ARN messagers (issus de l’organisme ou de virus), une inflammation particulière. Jusqu’à présent, cette voie inflammatoire n’était pas ciblée par la grande majorité des traitements disponibles contre le psoriasis. 

Concrètement, le gène ADAR1 agit comme un garde-fou du système immunitaire : il évite que l’organisme déclenche une inflammation inutile face à ses propres molécules d’ARN, ou une réaction trop forte face à celles des virus.

Lorsque cette protection n’existe plus (lorsque ADAR1 ne fonctionne pas correctement, ou en présence de certaines mutations comme ADAR1 G1119R et P3A), le système immunitaire s’emballe. Il produit alors en excès des protéines inflammatoires (interférons et cytokines), ce qui entraîne une inflammation chronique de la peau.

Des effets inversés par deux traitements ciblés

À la suite de cette découverte d’un nouveau modèle monogénique de psoriasis, les médecins ont proposé un nouveau traitement à 12 patients porteurs de la mutation. Ils ont reçu deux médicaments ciblant précisément cette voie inflammatoire : l’upadacitinib (déjà utilisé dans le rhumatisme psoriasique) et le deucravacitinib (prescrit dans le psoriasis et le rhumatisme psoriasique).

Les résultats ont été impressionnants, c’est-à-dire qu’ils ont permis des rémissions complètes de la maladie chez des personnes jusque-là sans réponse à aucun traitement.

De plus, des analyses de peau ont révélé un mécanisme inattendu : dans ces formes rares de psoriasis, l’inflammation ne vient pas seulement du système immunitaire, mais aussi des cellules de la peau, notamment les mélanocytes (producteurs de pigment). Cela explique les troubles de pigmentation observés chez jusqu’à un quart des personnes atteintes de psoriasis.

Ces travaux ouvrent plusieurs perspectives : à court terme, un test génétique pour identifier rapidement les patients concernés et proposer d’emblée le traitement adapté ; à plus long terme, vérifier si ce même mécanisme intervient dans d’autres maladies inflammatoires fréquentes (dermatite atopique, vitiligo, rhumatisme psoriasique, polyarthrite rhumatoïde, diabète de type 1) déjà associées au psoriasis pour certaines.

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