Longtemps confondu avec les diabètes de type 1 ou 2, le diabète de type 5 a récemment été  reconnu comme une forme distincte de la maladie. Lié à la sous-nutrition chronique, il pourrait concerner des millions de personnes dans le monde.

En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 07:00 | mis à jour aujourd'hui à 07:40 - Temps de lecture :

  • Le 8 avril 2025, le diabète sucré lié à la malnutrition a été officiellement reconnu comme diabète de type 5 par la Fédération internationale du diabète (FID). Une pathologie sous-diagnostiquée, peu étudiée et qui touche essentiellement les populations les plus pauvres.Photo Adobe Stock

    Le 8 avril 2025, le diabète sucré lié à la malnutrition a été officiellement reconnu comme diabète de type 5 par la Fédération internationale du diabète (FID). Une pathologie sous-diagnostiquée, peu étudiée et qui touche essentiellement les populations les plus pauvres.

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  • Entre 20 et 25 millions de personnes dans le monde, principalement dans les pays à revenu faible, pourraient souffrir d’un diabète de type 5. Or, nombre d’entre elles reçoivent un diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2, ce qui peut entraîner des traitements inadaptés.Photo Adobe Stock

    Entre 20 et 25 millions de personnes dans le monde, principalement dans les pays à revenu faible, pourraient souffrir d’un diabète de type 5. Or, nombre d’entre elles reçoivent un diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2, ce qui peut entraîner des traitements inadaptés.

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Le 8 avril 2025, le diabète sucré lié à la malnutrition a été officiellement reconnu comme diabète de type 5 par la Fédération internationale du diabète (FID). Une pathologie sous-diagnostiquée, peu étudiée et qui touche essentiellement les populations les plus pauvres.

Entre 20 et 25 millions de personnes dans le monde, principalement dans les pays à revenu faible, pourraient souffrir d’un diabète de type 5. Or, nombre d’entre elles reçoivent un diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2, ce qui peut entraîner des traitements inadaptés.

Quelles différences avec les diabètes de type 1 et 2 ?

Le diabète de type 5 n’est ni auto-immun, comme le diabète de type 1, ni associé au mode de vie, comme le diabète de type 2. Il correspond à un déficit en insuline causé par la sous-nutrition chronique, en particulier durant l’enfance et l’adolescence, ainsi qu’à une altération de la capacité du pancréas à produire de l’insuline. Les patients présentent souvent un IMC faible, inférieur à 19 kg/m², avec des antécédents de sous-nutrition. « Le diabète de type 1 est le résultat de la destruction auto-immune des cellules productrices d'insuline. Le diabète de type 2 se caractérise par l'incapacité de l'organisme à utiliser l'insuline qu'il produit. Le diabète de type 5 est distinct. On pense qu'il découle d'un développement altéré du pancréas dû à des carences nutritionnelles à long terme », décrit la FID.

Une mauvaise alimentation maternelle durant la grossesse, des carences nutritionnelles en début de vie, des infections répétées dans l’enfance, mais aussi des périodes d’insécurité alimentaire prolongée à l’âge adulte exposent au risque de développer un diabète de type 5. Les pays occidentaux sont également concernés : « les réfugiés et les migrants ayant connu une privation nutritionnelle prolongée peuvent conserver un risque accru, même après leur installation dans des pays à revenu plus élevé », note la FID.

Comment le reconnaître ?

Le diagnostic du diabète de type 5 repose actuellement sur un ensemble d’indices, notamment une faible production d’insuline, l’absence d’auto-anticorps caractéristiques du diabète de type 1 et des antécédents de sous-nutrition prolongée. Il n’existe toutefois pas encore de test spécifique permettant de confirmer à lui seul un diabète de type 5, et les critères diagnostiques officiels sont encore en cours d’élaboration.

Il se manifeste par divers symptômes, qui peuvent s’accentuer à mesure que la production d’insuline diminue :

  • soif excessive ;
  • mictions fréquentes ;
  • sensation de fatigue ou d’épuisement ;
  • vision floue ;
  • perte de poids inexpliquée ;
  • augmentation de l’appétit.

Actuellement, un soutien nutritionnel, des médicaments oraux pour stimuler la sécrétion d’insuline et une insulinothérapie, si nécessaire, sont préconisés pour traiter le diabète de type 5. Sans diagnostic ou traitement adapté, le risque de développer des complications augmente - maladies rénales, lésions nerveuses, troubles de la vision - et l’espérance de vie peut être considérablement réduite.

Former les professionnels de santé

Le Congrès mondial du diabète 2025 de la FID a également été l’occasion d’annoncer le lancement d’un groupe de travail chargé d’élaborer des critères diagnostiques formels et des directives thérapeutiques pour le diabète de type 5. L’équipe doit aussi créer un registre mondial des patients afin de recueillir leurs données, soutenir la recherche et concevoir des modules de formation à destination des professionnels de santé. Leurs travaux pourraient être présentés courant 2027.

« La reconnaissance du diabète de type 5 marque un changement historique dans notre approche du diabète à l'échelle mondiale. Pendant trop longtemps, cette maladie est restée méconnue, affectant des millions de personnes et les privant d'un accès à des soins adaptés. Avec le lancement du groupe de travail sur le diabète de type 5, nous prenons des mesures décisives pour corriger cela. C'est une question d'équité, de science et de vies sauvées », avait alors déclaré le président de la Fédération internationale du diabète, le Pr Peter Schwarz.

Source : Lancet Glob Health, FID

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