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La tournée des Premières Nations par le rappeur Sans Pression s’est arrêtée trois jours, cette semaine, à Pikogan. À travers conférences, échanges et ateliers d’écriture, l’artiste veut inspirer, motiver et semer l’espoir dans les communautés autochtones.
Jeudi après-midi, une dizaine d’élèves du Centre régional d’éducation des adultes (CRÉA) Kitci Amik ont écouté attentivement Sans Pression faire des parallèles entre son vécu d’immigrant et celui des jeunes dans les communautés autochtones.
Il a vécu le racisme et l’exclusion durant sa jeunesse, et malgré les difficultés et les embûches, il a toujours persévéré et il a réussi, comme en atteste sa carrière de près de 30 ans dans le hip-hop.

Une dizaine de mots ont été suggérés par les participants. Ensuite, deux groupes ont dû préparer un texte collectif à partir de mots attribués au hasard.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Le rappeur utilise son exemple inspirant dans l’espoir de laisser une trace positive dans la communauté.
Que ce soit les personnes âgées ou les plus jeunes, on essaie d'aller partout, amener un message d'espoir, de motivation. Si c'est juste une personne à qui l’on réussit à donner de la motivation, c'est quasiment mission accomplie, affirme-t-il.

Un participant cherche une façon d'utiliser un des mots pour former une phrase qui sera utilisée dans le texte collectif qu'il prépare avec Sans Pression.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Écrire pour briser le silence
L’atelier d’écriture est son outil privilégié. Chaque groupe est invité à produire un texte collectif à partir de thèmes qui leur sont chers.
Des fois, les jeunes ne croient pas en eux. Ils ne sont pas motivés. Ils pensent que ce n'est pas important à l'école. Mais, parfois, juste d'écrire un texte, ça leur montre que... waouh man!, raconte Sans Pression.

Lors de l'atelier d'écriture, Sans Pression note les mots et les thèmes choisis par les participants.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
L'artiste est à Pikogan avec Matheo, un autre rappeur qui a pu sortir de son passé difficile avec l’écriture. Pour Sans Pression, l’écriture a une grande valeur thérapeutique. Elle offre une occasion de briser le silence.
L’écriture, c’est quelque chose que je pourrais dire qui m’a carrément sauvé la vie. J’ai toujours été une personne qui avait de la misère à s’exprimer. Puis, j’ai découvert l’écriture.
Il y a différentes façons d’aller chercher de l’aide, mais pour moi, l’écriture c’est un remède, c’est un médicament. Je le conseille aux jeunes, ajoute-t-il.
Une invitation à persévérer
Les départements de la culture, des loisirs et des sports, de l’éducation et de la santé ont été impliqués dans l’organisation de ces trois jours d’activités, soit du mercredi au vendredi. Les organisateurs souhaitaient que Sans Pression puisse échanger et rencontrer des membres de tous les groupes d’âge.
Ce qu’on voulait d’abord, c’était vraiment un partage au niveau de la persévérance scolaire. Que les jeunes puissent vivre une expérience qui était différente aussi. On fait souvent référence au sport, mais on va moins toucher à l’art. Alors, on a choisi d’y aller avec des ateliers d’écriture, des arts, des conférences et on termine ça avec un spectacle, vendredi, explique Cynthia Roy, intervenante en prévention auprès des élèves du secondaire de Pikogan.

Pour les organisateurs, dont Cynthia Roy, il était important que l'activité avec Sans Pression puisse toucher toutes les tranches d'âge, des enfants du primaire jusqu'aux aînés.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Cette dernière croit que la formule retenue aura été la bonne, à la lumière des premiers ateliers.
Je pense que les jeunes ont vraiment trippé. Ça leur a semé une petite graine dans la tête. Je pense qu’explorer le mode d'écriture, ç'a vraiment été pertinent pour nous, fait valoir Mme Roy.
Sortir de l’ordinaire
Pour les étudiants du CRÉA Kitci Amik de Pikogan, cet après-midi d’échanges et d’écriture aura permis de les sortir de leur quotidien et d’en retirer chacun quelque chose.
Je trouve ça vraiment le fun parce qu'on est tous dans différentes équipes, puis on a la chance de pouvoir former nos propres mots, puis des poèmes. Moi, j'aime écrire, alors j’ai bien aimé ça, confie Alyssa Petiquay, 18 ans.

Alyssa Petiquay et Elyanna McDougall, toutes deux âgées de 18 ans, ont bien apprécié les échanges avec Sans Pression et son équipe.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Elyanna McDougall a participé activement aux échanges pendant l’atelier d’écriture. Elle ne croit pas avoir attrapé la piqûre de l’écriture, mais elle a beaucoup aimé l’exercice.
C’est le fun parce que c’est quelque chose de différent. C’est rare qu’on fasse des trucs comme ça. Écrire des poèmes, trouver des rimes, les jeux de mots. Le choix des mots du groupe m’a surprise. Ce ne sont pas des mots qu’on utilise souvent. C’était intéressant, mais ce n’est pas quelque chose que je ferais dans mes temps libres, reconnaît l’étudiante de 18 ans.

Erika McDougall a bien aimé faire quelque chose de différent, jeudi, au CRÉA Kitci Amik de Pikogan.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Erika McDougall est de retour sur les bancs d’école à 27 ans. Elle est déjà bien familière avec le concept de la persévérance scolaire. Elle a aussi aimé l’activité.
C’est spécial. C’est différent de ce qu’on fait les autres jours, mais j’aime bien ça. Comme ils ont dit, des fois, tu ne sais pas comment aborder un sujet, ça peut sortir en l’écrivant. Je suis curieuse de voir ce que l’atelier va donner comme résultat, souligne-t-elle.

Matheo accompagne Sans Pression pour animer les ateliers d'écriture, alors qu'ils séparent les groupes en deux. Il a partagé lui aussi son vécu avec les participants.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
L’événement se termine vendredi soir avec la présentation d’un spectacle gratuit de San Pression et Matheo, avec un rappeur local, Cikak (Joey Ruperthouse) en première partie, au gymnase de l’école Migwan, à Pikogan.


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