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Un trafiquant de drogues qui cachait plus de 50 kg de cocaïne dans un petit local, près d'un studio de musique qu'il louait à Québec, a été reconnu coupable mardi. Le juge a rejeté la thèse de la défense qui alléguait que la preuve avait pu être contaminée par les policiers.
Philippe Dionne, 46 ans, est à l'origine de la plus importante saisie de stupéfiants jamais réalisée par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Il a été déclaré coupable de possession et de trafic de stupéfiants, ainsi que de possession d'armes à feu prohibées pour des infractions commises entre mai et octobre 2024.

Philippe Dionne
Photo : Instagram raw_qchcband
L’enquête de l’unité des stupéfiants de la police de Québec a débuté lorsque le sergent-détective Jean-François Chaput a reçu des informations selon lesquelles l’accusé était impliqué dans le trafic.
Le travail des enquêteurs les a menés jusqu'au studio Sonum, sur la rue Bigaouette, dans le quartier Saint-Sauveur.
Un simple placard
L’analyse des caméras de surveillance de l'immeuble a démontré que Dionne n'allait pas seulement à son studio de pratique de musique.
Entre le 3 juillet et le 17 octobre 2024, jour de son arrestation, il s'est rendu à 51 reprises dans un minuscule espace aux allures de garde-robe situé au bout d'un corridor. La plupart du temps, on le voyait transporter des sacs et des boîtes qu'il déposait ou récupérait.

Le placard où les policiers ont trouvé la drogue. En bas, à gauche, se trouve la boîte avec le ruban adhésif bleu recherchée par les enquêteurs. (Photo d'archives)
Photo : Service de police de la Ville de Québe (SPVQ)
Selon les images vidéo, il a été le seul à y entrer durant cette période, sauf une fois alors que le propriétaire des lieux y a déposé du matériel d'entretien ménager.
Le 30 août, les caméras ont capté Dionne qui s'y est présenté avec une boîte Home Depot scellée d'un ruban adhésif. Lors de la perquisition du 17 octobre, les enquêteurs y ont trouvé une boîte identique sur le sol dans laquelle 16 briques de poudre blanche compressée seront saisies, note le juge André Perreault dans sa décision.

Une boîte contenant des « briques » de 1 kg de cocaïne. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)
Découverte euphorique
La perquisition de ce petit espace a permis au SPVQ de découvrir un butin comprenant 52 kg de cocaïne, de la méthamphétamine, de la kétamine ainsi que 266 925 $ en argent comptant. Un revolver, trois pistolets et des munitions ont aussi été saisis.

Des liasses d'argent avaient aussi été cachées dans des sacs. (Photo d'archives)
Photo : Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)
Devant la quantité importante de drogues, les enquêteurs ont dû procéder au traitement des substances au poste de police plutôt que sur place, contrairement à la procédure habituelle.
Dans son jugement, le magistrat souligne d'ailleurs la réaction du sergent-détective Chaput au moment de la découverte : Le SD Chaput est satisfait, content, euphorique.
Défense rejetée
Lors du procès, l'avocat de la défense, Me Samuel Cozak, a demandé de déclarer la perquisition illégale. Le juge Perreault a rejeté sa requête, estimant que les policiers n'avaient pas commis de faute.
Me Cozak a aussi attaqué la manière dont les policiers ont traité la drogue saisie. Témoignant pour la défense, le professeur de chimie Serge Lavoie a expliqué les risques de contamination lorsque les enquêteurs ont manipulé les produits pendant de longues heures au poste.
La défense a spéculé que tous les échantillons envoyés au laboratoire de Santé Canada auraient pu être contaminés, ce que le juge Perreault a une fois de plus rejeté, qualifiant cette thèse de pas plausible.
La preuve ne démontre aucune erreur dans le prélèvement des échantillons.
Si des échantillons ont été contaminés à la cocaïne, ils l'ont été par la cocaïne provenant d'autres items saisis dans le local, a tranché le magistrat.
Le juge a ajouté que, même si la chaîne de possession n'a pas été parfaitement établie dans les circonstances de la présente affaire, cet élément n'altère pas le portrait d'ensemble et ne soulève aucun doute raisonnable.

Un pistolet saisi lors de la perquisition (Photo d'archives)
Photo : Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)
Constellation de preuve
Donnant raison au procureur du DPCP, Me Pierre-Alexandre Bernard, le juge a conclu qu'une constellation d'éléments de preuve supporte l'inférence que l'accusé avait la connaissance et le contrôle des stupéfiants, de l'argent et des armes.
Philippe Dionne, qui est détenu depuis son arrestation il y a deux ans, doit revenir en cour le mois prochain pour fixer la date des observations sur sa peine.


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