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Saguenay versera une somme de 1 050 000 dollars à la Société de transport du Saguenay (STS) pour l'aider à dédommager Jean-Luc Roberge, qui a été congédié injustement de son poste de directeur général en 2022. La somme a été approuvée mardi après-midi en séance extraordinaire du conseil municipal.
La société de transport a annoncé la veille une entente avec Jean-Luc Roberge afin de lui remettre une compensation financière totalisant de 2 250 000 $, après l’avoir injustement congédié en 2022. Cette somme vise à compenser son salaire perdu, ses frais d'avocats et ses avantages sociaux.
Le maire, Luc Boivin, dit qu’il va gratter dans les réserves de la Ville et qu’il va réétudier certaines petites dépenses prévues au budget 2026 pour aider financièrement la STS.

Le maire de Saguenay, Luc Boivin.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Cette entente fait suite au jugement du Tribunal administratif du travail (TAT) rendu en janvier, donnant raison à Jean-Luc Roberge qui contestait son congédiement.
Le montant que versera la STS à Roberge comprend aussi une compensation parce que l’ex-DG renonce à réintégrer son poste.
Les conseillers Michel Tremblay et Serge Gaudreault, qui étaient en poste au moment du congédiement de M. Roberge, ont déploré que les citoyens doivent aujourd'hui payer pour des erreurs de l'ancienne administration.
L'ex-conseiller, Jean-Marc Crevier, qui était à la tête de la STS avant le renvoi de Roberge, affirme de son côté avoir toujours contesté la décision de congédier M. Roberge.
J'ai toujours pensé que M. Roberge ne méritait absolument pas ce congédiement-là. Je l'ai dit, redit à mes collègues. Je n’ai pas voté pour ça, puis je n'aurais jamais voté pour le congédier. Je suis content de voir celle qui a donné le jugement, elle l'a dit de façon claire que c'est un congédiement politique, a lancé M. Crevier.
La STS assumera le reste
La STS devra donc assumer à elle seule les 1,2 M$ restants à verser à son ancien DG.
Pour acquérir cette somme, la société de transport va devoir présenter un nouveau budget. La présidente du conseil d’administration, Joan Simard, a par ailleurs évoqué mardi l’idée de geler les embauches administratives pour diminuer les dépenses de l’organisation.
La société de transport a déjà payé plus de 830 000 dollars en frais d’avocats dans cette affaire.
Roberge dit avoir vécu l’enfer
De son côté, Jean-Luc Roberge confie avoir vécu l'enfer pendant les quatre ans qu'ont duré les procédures judiciaires alors qu'il contestait son congédiement.
C'est la fin d'une saga judiciaire de quatre ans extrêmement difficile pour lui et pour sa famille.

L'ex-directeur général de la Société de transport du Saguenay (STS) Jean-Luc Roberge recevra une compensation financière totalisant 2 250 000 $
Photo : Radio-Canada / Pascal Girard
C'est difficile pour un humain de vivre des choses comme ça. Les répercussions se passent à tout point de vue. C'est difficile pour la famille. Les enfants sont marqués par ça, mes parents, mon frère, ma sœur, ma conjointe. Donc, tout le monde a vécu cette situation-là, a-t-il confié au micro de l’émission Place publique.
En raison de son congédiement, sa réputation a été entachée, fait-il savoir. Cela a grandement affecté son employabilité, pourtant nécessaire pour financer son combat et obtenir justice.
On a le devoir aussi de faire un effort de travailler pour démontrer au tribunal qu’on n’est pas resté chez soi à ne rien faire. Mais, c’est très difficile de conjuguer de défendre un dossier comme ça et de faire un autre emploi. Alors mon employabilité a réellement été difficile, surtout ici dans la région, poursuit-il.
Jean-Luc Roberge, qui avait investi dans l'immobilier, révèle avoir dû se départir d'actifs pour payer ses frais d’avocats. Il croit même que de prolonger les procédures judiciaires était une stratégie de la partie adverse pour l'amener à abandonner son combat.
C’est désolant, je suis désolé, puis il faut quand même que je sois honnête là à votre micro, même si ce sont des mots que certaines personnes ne veulent pas entendre, c’est une stratégie, d’épuiser la personne à tous les points de vue, exprime-t-il.
Sans emploi depuis son renvoi, Jean-Luc Roberge dit être en réflexion à propos de son avenir.
Il va falloir que je réfléchisse à trouver une nouvelle voie, à regarder de nouvelles opportunités. Donc, je vais quand même avoir un petit peu de temps pour y réfléchir adéquatement, indique-t-il. Il ajoute au passage ne pas vouloir entretenir de la rancoeur.
Réformer les CA
L'ex-directeur de la STS croit que les conseils d'administration des sociétés des transport ne devraient pas être composés majoritairement d'élus municipaux pour éviter de politiser ces instances.
Dans sa décision rendue le mois dernier, la juge Myriam Bédard concluait que le conseil d'administration de la STS avait injustement congédié Jean-Luc Roberge en 2022, ajoutant même que la mairesse Julie Dufour avait fait campagne contre la direction de l'organisation et qu’elle avait fait pression pour procéder à la suspension de son ancien DG.
Jean-Luc Roberge croit que le ministère des Transports doit tirer des leçons de ce qui s'est passé à Saguenay.
Pour éviter justement que la STS se retrouve à tous les quatre ans dans des changements d’administration municipale. Étant donné qu’il y a une majorité de conseillers [municipaux] sur le CA de la STS, ça fait en sorte que l’organisation se retrouve un petit peu débalancée, fragilisée à chaque cycle électoral, dénonce-t-il.
Lors de sa victoire en janvier, l'avocat de Roberge, Me Marius Ménard, avait souligné le message fort envoyé par le TAT à l’effet qu’une nouvelle administration municipale ne peut pas congédier impunément des cadres pour une question politique.


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