Construite au Moyen-âge, la cathédrale de Winchester menace de s'effondrer au début du XXe siècle. C'est un plongeur qui va finalement le sauver plongeant pendant six ans sous l'édifice pour consolider ses fondations.

Le Progrès - Aujourd'hui à 07:15 - Temps de lecture :

La cathédrale de Winchester a été sauvée de l'effondrement grâce à l'intervention du plongeur William Walker en 1906. Photo d'illustration Pixabay La cathédrale de Winchester a été sauvée de l'effondrement grâce à l'intervention du plongeur William Walker en 1906. Photo d'illustration Pixabay

Cette histoire extraordinaire, et pourtant méconnue du grand public, a permis d’empêcher l’effondrement de la plus longue cathédrale médiévale du monde. Francis Fox et William Walker : ces deux noms ne vous parlent sûrement pas, mais cet ingénieur et ce plongeur ont permis, ensemble, de réaliser l’un des sauvetages les plus spectaculaires de l'histoire du patrimoine européen.

Aujourd’hui, la cathédrale de Winchester possède plus de mille ans d’histoire. Beaucoup oublient ou ignorent qu’elle a failli disparaître au cours du XXe siècle. Pour comprendre cet épisode improbable, il faut revenir à sa construction.

Engloutie par le sol

Cet édifice, construit entre 1079 et 1532 en Angleterre, repose sur un sol instable et dans un terrain où la nappe phréatique est particulièrement haute. Il a, en effet, été érigé sur une couche de tourbe gorgée d’eau, un matériau qui ne peut pas supporter le poids d’un tel monument. À cette époque, sans comprendre les véritables risques, les constructeurs décident simplement de renforcer les fondations avec des pieux en bois. Une solution qui ne pouvait s’avérer durable.

Pendant plusieurs siècles, la cathédrale s’est enfoncée peu à peu dans le terrain, un phénomène presque invisible à l’œil nu qui est resté complètement ignoré. Il faudra attendre le XXe siècle pour que les immenses dégradations de la bâtisse apparaissent au grand jour.

En 1906, les murs présentent des fissures béantes. Des blocs de pierre se détachent et s'écrasent au sol. Sous la cathédrale, les pieux en bois qui maintenaient la structure ont complètement pourri à cause de l’humidité et risquent fortement de céder. Le bâtiment est littéralement englouti par la terre.

Une solution inédite

La situation est urgente, et il faut rapidement trouver une solution pour sauver la cathédrale. Dans un premier temps, l’architecte en charge des réparations envisage une solution classique : creuser sous les fondations, pomper l’eau puis couler du béton. Mais ce n’est pas si simple.

Retirer la quantité d’eau présente dans les tranchées pourrait détruire totalement le monument. L’ingénieur et géologue Francis Fox intervient ainsi en renfort pour apporter son expertise et proposer une autre solution, plus qu’étonnante : faire couler le béton directement sous l’eau.

Six heures par jour dans l'obscurité totale

L’ingénieur contacte alors William Walker, l’un des plongeurs les plus expérimentés du pays. Sa mission : descendre dans les tranchées inondées pour remplacer la tourbe restante par des sacs de béton et ainsi consolider les fondations.

Chaque jour, pendant environ six heures, William Walker, équipé d’un scaphandre pesant plus de 90 kilos, s'enfonce dans les eaux boueuses et dans une obscurité totale. Il travaille ainsi pendant près de six ans, sous une cathédrale qui s’effondre peu à peu au-dessus de sa tête, en s’orientant uniquement au toucher.

À l’extérieur, 150 personnes s’activent pour permettre le bon déroulement des opérations. Sa mission s’achève en 1911, après avoir déposé plus de 25 800 sacs de béton.

L’eau a ensuite pu être pompée sans risque d’aggravation des dégâts, et les maçons ont repris la main pour terminer de consolider les fondations de la cathédrale. La restauration prend fin en 1912. Un pari risqué et audacieux qui a permis de sauver un monument historique de notre patrimoine.

Articles les plus lusCulture - Loisirs