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Roland-Garros leur rappelle un souvenir très précis (mais ça n’a rien à voir avec le tennis)

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Life 30/05/2026 11:00 Actualisé le 30/05/2026 11:49

Plus ou moins fans de tennis, de nombreuses personnes associent le tournoi à un événement marquant de leur adolescence.

« Chaque année, Roland-Garros me replonge un peu dans cette période... » Depuis bientôt quinze ans, le tournoi de tennis parisien ramène Baptiste*, 33 ans, à une période charnière de son d’adolescence : les révisions du bac.

« J’essayais de m’organiser pour m’accorder une pause Roland-Garros pendant les révisions, se souvient le scénariste. Mais comme elles me semblaient très importantes et qu’il y avait une quantité monstrueuse de choses à réviser, je me sentais quand même coupable de regarder les matchs. »

Le tournoi est également lié, dans la mémoire de Nina, 28 ans, au baccalauréat et à ses années d’études. « J’y pense chaque année ! », assure-t-elle. « Que ce soit au lycée ou à Sciences Po, à la bibliothèque ou dans les salles de classe, les gens avaient “Roland” sur leur téléphone », se remémore d’ailleurs la fan de tennis.

Aujourd’hui encore, Nina a des réminiscences de cette période. « Maintenant, je vois les stagiaires avec le match sur l’écran séparé de l’ordinateur. L’année dernière, avec Loïs Boisson, les deux tiers de la rédaction étaient impliqués ! », raconte la journaliste.

« J’ai failli le rater à cause de ça »

Pour Sébastien aussi, Roland-Garros reste associé au bac, qu’il a passé en 2007. « J’ai failli le rater à cause de ça ! », plaisante le Francilien. « Je ne foutais rien de l’après-midi, je révisais le soir après les matchs. Donc autant dire que je bossais peu », poursuit-il. Un luxe que n’ont pas les bacheliers de 2026, puisque des rencontres ont lieu en soirée depuis 2021.

« Le lendemain de la finale, il y avait l’épreuve de philo, autant dire que je n’étais pas le plus frais du panier ! J’ai eu 6, coefficient 8… », se rappelle Sébastien. Aujourd’hui, ce dernier a réalisé qu’il n’est pas spécialement fan de tennis. « Je me suis rendu compte que c’est le fantasme de Nadal qui a fait que je me suis intéressé aussi fort à un sport ! »

Nathalie*, 41 ans, était pour sa part « à fond » : « Je m’imprimais le tableau et l’accrochais chez mes parents. » Néanmoins, elle se souvient avoir plutôt bien résisté à la tentation avant les épreuves. « Je me structurais, je faisais des pauses et j’essayais de ne pas être trop tentée d’aller allumer la télé. »

« Ça va libérer du temps pour les révisions ! »

Simon a révisé son bac « sous Roland Garros », comme on travaille sous produits dopants. Le Toulousain de 38 ans profitait du début de journée pour se replonger dans ses cours. « Heureusement, les matchs commençaient assez tard le matin, donc ça laissait un peu de temps pour bosser. Après, on se retrouvait souvent avec des copains pour regarder les matchs, notamment ceux des Français. Pendant ce temps, on révisait un peu. Ce sont de bons souvenirs collectifs », raconte l’enseignant-chercheur.

L’année de son bac, en 2005, « les Français se sont fait broyer par Nadal, avec son marcel et ses pantacourts… ce qui montre que c’était il y a quelques années ». Et la déroute des joueuses et joueurs tricolores qui semble se dessiner 21 ans plus tard – à l’exception notable de Moïse Kouame ou Diane Parry, toujours en course à l’heure où ces lignes sont écrites – pourrait finalement être une bonne nouvelle pour les bacheliers de 2026. « Ça va libérer du temps pour les révisions ! », ironise Simon.

Baptiste, pour qui Roland-Garros évoque aussi « l’arrivée de l’été et même les premières chaleurs » avec des matchs regardés volets mi-clos, recommande aux bacheliers de limiter le visionnage des matchs « à une durée précise, genre une ou deux heures ». Il est essentiel de « bien choisir le match qui te fait le plus envie », souligne-t-il.

De son côté, Nathalie recommande de « se garder Roland Garros pour la fin de journée, en mode de récompense ». « S’ils étaient sérieux, les bacheliers pourraient, à ce stade, profiter et se détendre pour regarder “Roland”, tacle Nina. Les révisions, ça se fait à l’année ! » Une antienne d’autant plus pertinente depuis l’instauration du contrôle continu en 2021.

*Les prénoms ont été modifiés

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