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La Couronne au procès d'Aiden Pleterski a soutenu, à l'ouverture des audiences mardi, qu'il a utilisé l'argent de ses investisseurs à des fins personnelles afin de se payer un train de vie somptueux. Celui qui se fait appeler « le roi de la crypto » est inculpé pour fraude et blanchiment des produits de la criminalité pour des faits remontant à 2021.
L'agent immobilier Luciano Valerio affirme qu'il a investi, en deux versements, 150 000 $ dans la compagnie d'Aiden Peterski, AP Private Equity Ltd, en janvier et avril 2022.
Il avait travaillé pour moi durant un an dans le passé, en 2018 ou 2019, et je connaissais ses parents depuis 2020, dit-il.
Des gains hebdomadaires de 5 %
M. Valerio explique que les parents de l'accusé lui avaient avoué que leur fils se débrouillait bien, qu'il gagnait bien sa vie et qu'il devrait le consulter pour parler affaires.
Je l'ai rencontré et il m'a expliqué qu'il investissait de l'argent dans les cryptomonnaies, se souvient-il.
Il ajoute qu'Aiden Pleterski lui a proposé un rendement de 5 % par semaine sur son capital, mais qu'il garderait une part de 30 % du capital et des profits si l'agent immobilier lui demandait de retirer son argent.
Il m'a proposé de m'envoyer des relevés hebdomadaires pour me montrer la façon dont mon argent fluctuerait, poursuit-il.

Le procureur Akshay Aurora interroge Luciano Valerio, premier témoin au procès d'Aiden Pleterski.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
M. Valerio assure que l'accusé lui a garanti que son capital serait protégé, parce qu'il était timide au niveau des risques, mais qu'il savait lire le marché pour éviter les pertes financières.
Il me parlait d'investissements dans les cryptomonnaies sur différents marchés dans le monde entier, dit-il. Il ajoute qu'il a bien signé un contrat, mais qu'il n'a jamais reçu de copie.
Le procureur Akshay Aurora projette à la cour les reçus des deux traites bancaires de sa Banque Scotia à Whitby en date du 12 janvier 2022 et du 7 avril 2022.

Cherchant à marquer les esprits, le procureur Akshay Aurora a voulu fait comprendre au jury que Luciano Valerio n'ignorait rien du fait que l'argent confié n'était pas destiné à un usage personnel par l'accusé.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
M. Valerio explique qu'il a demandé à Aiden Pleterski un retrait de 5000 $ parce que sa mère était souffrante et qu'il avait besoin d'argent. Je n'en ai jamais vu la couleur et il ne m'a jamais répondu, déclare-t-il.
Me Aurora projette par la suite des échanges de textos entre les deux hommes dans lesquels l'accusé lui répond finalement qu'il s'assure que ses investisseurs ne perdent pas leur argent.
C'est la dernière fois que M. Valerio aura de ses nouvelles.

Poliment contre-interrogé par l'accusé, Luciano Valerio lui a néanmoins jeté un regard réprobateur en quittant la barre.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Dans un tac au tac de la Couronne, M. Valerio affirme que l'accusé ne lui a jamais dit qu'il se servirait de son argent pour payer ses dettes, s'acheter des voitures de luxe ou tout autre bien personnel.
Cette mésaventure a eu un impact émotionnel sur ma vie, mon mariage et les épargnes de mes enfants, conclut-il.
Dans son contre-interrogatoire, Aiden Pleterski, vêtu d'un costume gris et froissé, a tenté, sans succès, de faire dire à l'agent immobilier que ses parents ne lui avaient jamais dit d'investir dans sa compagnie.
Un autre témoin qui se dit floué
Oleysa Chornenka affirme qu'elle a rencontré l'accusé par l'intermédiaire d'une amie et qu'elle avait consulté Internet au sujet de l'accusé pour en savoir un peu plus sur lui.
J'ai appris qu'il était entrepreneur en courtage et en valeurs mobilières, explique la femme qui possède une agence de services-conseils. L'article de Forbes semblait légitime, ajoute-t-elle.
Elle souligne qu'elle l'a rencontré en juin 2021 et qu'ils ont parlé d'investissements. Nous nous sommes vus dans une grande maison qu'il venait d'acquérir et qu'il était en train de rénover, se rappelle-t-elle.
Elle se souvient qu'elle ne voulait rien savoir des cryptomonnaies et qu'elle s'intéressait plutôt dans les métaux précieux, comme l'or.
Il m'a dit que sa tolérance au risque était très basse et il m'a expliqué sa stratégie d'investissements, dit-elle.

Aiden Pleterski contre-interroge Luciano Valerio qui a investi, en 2022, 150 000 $ dans sa compagnie de courtage en cryptomonnaie.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Mme Chornenka mentionne qu'elle a été convaincue un mois plus tard de lui débourser 50 000 $ par virement bancaire de sa banque BMO.
Je ne comprenais pas en détail les termes du contrat, mais je lui ai demandé des mises à jour hebdomadaires, je pensais qu'il investissait mon argent dans de l'or, poursuit-elle.
Elle explique qu'Aiden Pleterski lui écrivait pour lui dire qu'elle avait enregistré un rendement de 9 % en août sur son premier investissement et qu'il lui proposait d'investir plus d'argent.
Mme Chornenka ajoute qu'elle a consenti à lui donner un second versement de 22 300 $, en août 2021, mais qu'elle n'avait pas signé de contrat cette fois.

Souvent vu son téléphone en main durant l'interrogatoire des témoins par la Couronne, Aiden Pleterski ne manquait pas de respect pour autant, le juge ayant rappelé au jury qu'il s'en servait pour préparer ses contre-interrogatoires.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Elle confirme qu'elle a reçu au début des relevés qui lui montraient la façon dont ses investissements fluctuaient sur les marchés. Ce n'était pas un relevé officiel, mais plutôt des textos, précise-t-elle.
Elle souligne qu'elle a commencé à vouloir retirer de petites sommes d'argent à partir de septembre à novembre 2021, mais sans succès.
Il me donnait plusieurs explications, que mes fonds étaient, par exemple, bloqués à l'étranger, déclare-t-elle.
Il lui promet un retrait de 3000 $ par virement bancaire. Je ne l'ai jamais reçu, mais il m'a dit qu'il travaillait à comprendre cette impasse, dit-elle.
Le temps passe, aucun virement
À la fin janvier 2022, elle tente à nouveau de retirer tout son argent, comme en novembre, parce qu'elle ne reçoit plus de relevés hebdomadaires.
Je ne sais pas s'il s'agissait d'une arnaque, tout ce que je voulais, c'était mon argent, explique-t-elle.
Ses appels et ses messages textes restent sans réponse jusqu'au début février. Il m'a expliqué que je recevrais 155 000 $ après le prélèvement de sa part de 30 %, dit-elle.
Nouveau silence radio.
Il m'a alors écrit par texto qu'il était stressé, qu'il avait des difficultés à travailler et que son courtier au Bélize avait des problèmes de liquidité, dit-elle. Je ne savais plus quoi croire.

Le juge Shaun Nakatsuru, de la Cour supérieure de l'Ontario, a soulevé quelques objections au nom d'Aiden Pleterski, puisque l'accusé se défend sans avocat.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Mme Chornenka affirme qu'Aident Pleterski lui a écrit un mois plus tard pour lui demander si elle voulait être payée deux fois par semaine ou une fois par mois et qu'elle a choisi la première option.
Mais toujours aucun virement d'argent.
Elle apprend alors que certaines personnes dans son entourage ont reçu des profits de leurs investissements.
Est-ce qu'il les payait avec mon argent?, s'interroge-t-elle en ajoutant qu'il lui avait dit que ce n'était pas le cas et que ces personnes mentaient.
Il m'a alors dit que ses investisseurs étaient plus impatients et plus en colère que moi et que sa vie était en danger, mais qu'il tentait toujours de trouver une solution à mon remboursement, déclare-t-elle.
Je n'ai toujours pas revu mon argent à ce jour, conclut-elle. Son contre-interrogatoire débutera mercredi.
Exposé introductif de la Couronne
Dans la matinée, le procureur Scott Patterson avait expliqué aux 14 jurés qu'Aiden Pletersky avait escroqué de nombreux investisseurs, sans toutefois les dénombrer.
Il avait affirmé que le jeune homme vivait à l'époque chez ses parents et qu'il travaillait dans un bureau de location de voitures, mais que la pandémie l'avait forcé à vivre de la prestation canadienne d'urgence.
Me Patterson avait suggéré qu'Aiden Pletersky avait alors eu l'idée de solliciter d'importantes sommes d'argent auprès d'investisseurs qu'il approchait d'abord dans son entourage.

Le procureur Scott Patterson a ouvert le procès avec l'exposé liminaire de la Couronne le 6 octobre 2026 à Toronto. L'accusé, Aiden Pleterski, est assis derrière lui.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Il leur a assuré des profits hebdomadaires de 5 % grâce à des investissements dans les cryptomonnaies, a-t-il déclaré en ajoutant qu'il leur faisait croire qu'il était fortuné et un génie des finances.
Le procureur Patterson a toutefois mentionné qu'Aiden Pleterski n'a jamais investi leur argent, mais qu'il s'en est servi pour mener un train de vie somptueux, en se payant des voitures de luxe et des voyages en jet privé, tout en remboursant ses dettes de crédit.
Me Patterson a précisé que l'accusé expliquait à ses clients que leurs fonds étaient bloqués à l'étranger, lorsqu'ils lui demandaient de leur reverser leur capital et leurs profits.
Leurs fonds n'ont jamais été gelés, parce qu'il n'y avait tout simplement plus d'argent, a-t-il conclu.


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