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Robert Irving, celui qui a su « sauver le hockey junior dans la région »

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Depuis la mort de Robert Irving mardi, de nombreux reportages ont raconté ses réalisations dans une multitude de domaines d'affaires. Mais, de toutes ses entreprises, c'est probablement son équipe de hockey qui aura rallié le plus grand nombre de gens.

Et c'est sûrement les Wildcats, le club de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) à Moncton, qui l'auront le plus distingué des autres membres de sa célèbre famille sur la place publique.

Il a été co-PDG de J.D. Irving, avec ses 20 000 employés. Mais, dans tous les reportages, immanquablement, on voit la photo du propriétaire qui soulève le trophée Gilles-Courteau.

C'est un symbole fort.

Robert Irving soulevant la coupe du Président entouré de membres de l'équipe des Wildcats.

En 2010, Robert Irving soulevait la coupe du Président pour la deuxième fois, au Colisée de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Au total, ses équipes ont remporté trois fois le championnat des séries (coupe du Président et trophée Gilles-Courteau) et trois trophées Jean-Rougeau, un honneur qui consacre l'équipe de première place au classement général de la saison.

Et dire que tout ça aurait pu ne jamais se produire.

Un sauvetage inattendu

C'était inhabituel pour un Irving de se lancer dans le divertissement et dans le sport. Bien des gens semblaient même sceptiques lorsqu'il s'est lancé dans l'aventure des Wildcats il y a une trentaine d'années.

On connaissait les Irving dans le pétrole, la foresterie, la construction, l'agriculture, les frites, la construction navale, etc. Mais, pas le sport.

Robert Irving et Jean Brousseau.

Robert K. Irving (à gauche) accompagnait Jean Brousseau, gouverneur des Wildcats de Moncton, lors de la célébration à Moncton de leur saison 2024-2025, qui s'est soldée par le trophée Gilles-Courteau. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Francois Leblanc

C'était inusité, rappelle Jean Brousseau, gouverneur des Wildcats, qui accompagnait l'homme d'affaires depuis 30 ans. Mais, il a réussi à s'illustrer.

Il a donné un sens d'appartenance à la région en maintenant les Wildcats, ajoute M. Brousseau.

Il faut se reporter en 1996. Une équipe moribonde, les Alpines, peine à survivre à Moncton.

La place même de la LHJMQ dans les Maritimes est en jeu.

Un jeune Robert Irving devant un micro.

Le 28 mai 1996, Robert K. Irving, alors âgé de 41 ans, achetait les Alpines.

Photo : Radio-Canada

Les Mooseheads performaient bien à Halifax, avec l'aide de la brasserie du même nom. Mais, s'ils demeuraient la seule équipe des Maritimes, leur survie aurait pu être compromise à long terme.

Au printemps 1996, on entend dire que la concession de Moncton est sur le point de déménager à Baie-Comeau, après seulement un an dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

Un magazine à l'allure un peu datée.

Le magazine de l'équipe des Alpines, en 1995.

Photo : Radio-Canada

Jean Brousseau, qui était le gouverneur des Alpines est assis dans un avion vers Moncton. Non loin de lui se trouve Robert K. Irving.

Les deux hommes ne se connaissent pas personnellement. M. Irving lui demande : Pourquoi devrais-je acheter ce club?

Si vous achetez ce club, vous allez être le sauveur du hockey junior dans la région, lui répond M. Brousseau.

Un pionnier

Réal Paiement a dirigé les Wildcats de 1997 à 2000. Il a remarqué que Robert Irving était un propriétaire en avance sur son temps.

Il a eu du succès parce qu'il était présent, explique, en entrevue, M. Paiement. Il appelait souvent son personnel pour prendre des nouvelles, comprendre ce qui se passait ou demander des comptes sur les performances de l'équipe.

Réal Paiement pose devant la caméra.

Réal Paiement a été entraîneur et directeur général des Wildcats de 1997 à 2000. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

Il était demandant et il fallait être redevable. Tout le monde veut gagner. Lui, il prenait les moyens pour le faire.

C'est l'un des premiers propriétaires qui avait une ligne directe avec son personnel de hockey (le management), avance-t-il. Ailleurs, les propriétaires ne s'informaient pas tant que ça.

Aujourd'hui, c'est une approche plus commune dans l'industrie du sport.

L'homme de hockey ajoute que M. Irving aimait les gens autour de l'équipe. C'était rassurant.

Regarde ce qu'il a fait avec son autobus [qui transporte l'équipe], ajoute Paiement. Après la tragédie à Humboltd, il s'est assuré qu'il soit plus sécuritaire.

Le legs

Robert Irving était propriétaire depuis 30 ans, mais il en a fait un club qui appartient à ses partisans.

En fait, s'il y a encore du hockey junior à Moncton, c'est grâce à lui. Il a sauvé la réputation de la ville comme centre de hockey.

En entrevue, vendredi, Jean Brousseau a raconté disait que Robert Irving a changé bien des mentalités avec sa gestion des Wildcats.

L'autobus des Wildcats de Moncton près de l'aréna Glencore à Rouyn-Noranda.

L'autobus des Wildcats de Moncton. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Sa plus grosse contribution, c'est d'avoir augmenté la qualité et les standards dans la ligue, avance-t-il.

M. Irving s'assurait que ses joueurs et ses entraîneurs ne manquent de rien. On parle ici d'investissements dans l'équipement, les transports et les infrastructures.

Il n'était pas obligé de le faire.

Un portrait de Robert Irving

Robert K. Irving était co-PDG de J.D. Irving.

Photo : Gracieuseté/Irving

Les détracteurs diront qu'il est facile de réaliser ses ambitions quand on a de l'argent.

Dans une entrevue récente sur l'impact économique des Wildcats, le professeur Norman O'Reilly, de l'Université de la Nouvelle-Angleterre, expliquait que la moitié des 61 équipes de la Ligue canadienne de hockey (LCH) perdent de l'argent.

On ne connaît pas l'état des finances des Wildcats. À l'image des autres entreprises de M. Irving, c'est assez opaque.

Il n'était pas obligé de garder l'équipe. Est-ce qu'une autre personne aurait pu faire mieux?

On peut aimer ou non le personnage. Il avait ses défauts : certains lui ont reproché des changements d'entraîneurs ou son refus de reconstruire.

Mais, finalement, les résultats de l'équipe lui ont donné raison.

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