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DÉMOCRATIE
Le Collège de France condamné pour l'annulation abusive du colloque sur la Palestine
"Le Tribunal administratif de Paris vient de trancher, mercredi 15 juillet : l'annulation du colloque sur la Palestine au Collège de France était abusive. Un verdict sans appel, qui rappelle une évidence trop souvent piétinée : la liberté académique ne se négocie pas sous la pression médiatique et politique. Derrière ce jugement, les rouages d'une censure institutionnelle se dévoilent au grand jour. Pour rappel, la rencontre universitaire intitulée « La Palestine et l'Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines » devait se tenir les 13 et 14 novembre 2025, avant d'être brutalement interdite par l'administrateur du Collège de France, sous la pression des médias et du ministère. Organisé conjointement par le professeur Henry Laurens (titulaire de la chaire Histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France) et par le CAREP (association indépendante de recherche sur le monde arabe), le colloque ambitionnait d'interroger le rôle de l'Europe dans le conflit israélo-palestinien."
Source : Blast
ENVIRONNEMENT
Les forêts brûlent, et nous regardons les Canadairs
"Près de 25 000 hectares brûlés, des morts et blessés graves chez les humains, des milliards de non humains tués ou déplacés, des habitations et cultures dévastées, des pompiers aux corps déjà usés… Nous ne sommes que début juillet et le bilan des incendies de l’été 2026 en France est déjà particulièrement inquiétant. En cause : les records de chaleur et les deux canicules de mai et juin qui ont contribué à une sécheresse précoce et intense ainsi qu’à un dessèchement des végétaux. Mais cette explication ne suffit pas à comprendre ce que nous vivons. Le constat politique est sans appel : le gouvernement a sabordé ses moyens et ses lignes de défense. Les services publics ont été privés de moyens (l’Office national des forêts a vu ses effectifs sans cesse rabotés depuis vingt ans). Plutôt que d’adapter et prendre soin de nos forêts, l’exécutif ne jure que par les solutions techniques et curatives, communiquant essentiellement sur les Canadairs comme d’autres ne jurent que par la climatisation face à la canicule."
Source : Bon Pote
EUROPE
Politique migratoire européenne, une victoire de l’extrême droite
"En plus de constituer une victoire politique pour l’extrême droite, la mise en place programmée de « hubs de retour » est une nouvelle formule qui s’inscrit dans des décennies de racisme structurel et de déshumanisation des exilés. Dans ce cadre, et loin des principes de droits humains dont elle se targue, l’Union européenne ne se cache même plus de son accommodement avec des régimes autoritaires, pourvu qu’ils se montrent des partenaires fiables. Le 1er juin 2026, les États membres de l’Union européenne et le Parlement européen sont parvenus à un accord sur le règlement dit « retour ». Celui-ci constitue sans doute le symbole le plus frappant d’une dérive engagée depuis trente ans. Il marque une étape supplémentaire vers l’invisibilisation des personnes étrangères sur le territoire européen."
Source : Orient XXI
FRANCE
Les « gens du voyage » au cœur des fantasmes journalistiques
"Le 14 juin 2026, une tentative d’installation de 170 caravanes de « gens du voyage » sur un hippodrome défraie la chronique dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le seul média apparemment présent sur place le soir de l’événement est le quotidien régional La Provence. Dans la foulée, ses journalistes publient en ligne un premier article, basé presque exclusivement sur des sources officielles : gendarmerie, préfecture, mairie. « Circulation bloquée », « secteur à éviter », La Provence ne lésine pas sur le sérieux du drame qui frappe la petite ville d’Oraison (2 800 habitants), un dimanche soir. « Reste à voir quelle sera la situation ce lundi matin, à l’heure des départs au travail… » s’inquiète le quotidien. Et de conclure avec un petit teasing sur une potentielle escalade de la situation, puisque « le recours à la force publique est évoqué par le maire »."
Source : Acrimed
Lyhanna et la République des abuseurs
"Le corps d'une enfant de onze ans, neuf procédures ignorées, et un pays qui réclame justice. Et si la fureur punitive n'était pas le remède à la culture du viol, mais son avatar ? Le 4 juin 2026, le corps de Lyhanna, onze ans, a été retrouvé dans le silo d'un site agricole désaffecté du Gers. La fillette, portée disparue depuis le 29 mai, avait été vue pour la dernière fois à Fleurance, montant dans la voiture de Jérôme Barella, quarante et un ans, aujourd'hui mis en examen. L'homme avait travaillé sur ce site huit ans plus tôt. Il connaissait les lieux. Il était aussi connu de la justice. Et c'est là que l'affaire cesse d'être un fait divers pour devenir un fait social. Selon les éléments rendus publics par la procureure de la République d'Auch, Jérôme Barella a été visé, entre 2017 et la disparition de Lyhanna, par au moins quatre procédures concernant des violences sexuelles sur mineures. Un signalement en 2017, classé sans suite."
Source : Collectif Chronik
Comment l’abandon de la prévention condamne notre Sécurité sociale
"Un récent rapport sénatorial jette une lumière crue sur l’échec structurel des politiques publiques de santé en France. Derrière le triomphe apparent de la médecine curative se cache un renoncement politique majeur dont le coût humain et financier menace désormais les fondements mêmes de notre modèle de solidarité nationale. C’est un titre en forme d’aveu qui introduit le rapport d’information de la commission des affaires sociales du Sénat : « Beaucoup de soin, mais peu de santé ». Publié fin juin, ce document dresse un réquisitoire contre la grande faille de nos politiques publiques, à savoir la prévention. Le texte (1) démontre que le manque d’anticipation n’a rien d’une fatalité biologique. Il résulte de choix politiques et économiques profondément ancrés dans une gouvernance du court terme, qui préfère gérer les crises successives plutôt que de bâtir la résilience de notre système de soins."
Source : Le Nouveau Paradigme
Droit à la poursuite des études : du slogan à la désillusion
"Le droit à la poursuite des études est-il une véritable garantie offerte aux étudiants titulaires d’une licence, ou une promesse juridique dont l’effectivité s’efface au moment même où elle devrait produire ses effets ? La question mérite aujourd’hui d’être sérieusement posée. Depuis l’instauration de la sélection à l’entrée du master, le législateur a entendu organiser un équilibre : permettre aux universités de fixer des capacités d’accueil, mais empêcher qu’un étudiant titulaire d’une licence soit purement et simplement laissé sans solution. C’est tout le sens de l’article L. 612-6 du code de l’éducation, qui prévoit que les titulaires d’un diplôme national de licence non admis en première année de master, malgré plusieurs candidatures, peuvent demander à se voir proposer une inscription dans une formation du deuxième cycle, en tenant compte notamment de leur projet professionnel et de l’établissement dans lequel ils ont obtenu leur licence."
Source : Actu-Juridique
INTERNATIONAL
Starmer, Israël et la purge de la gauche du Labour
"2 ans après sa victoire aux élections générales de 2024, le désormais ex-premier ministre socialiste britannique, Keir Starmer à démissionné de ses fonctions le 22 juin. L’impopularité écrasante de Starmer et l’affaiblissement des socialistes sont aussi liés à l’installation de nouvelles dynamiques de gauche au Royaume-Uni et la décrédibilisation majeure du Labour auprès des classes populaires qui ouvre un espace à la radicalité. Depuis son accession à la direction du Labour en avril 2020, Keir Starmer mène une entreprise méthodique de reprise en main du parti, que la gauche britannique qualifie sans détour de purge. Il faut d’abord rappeler le contexte : le Labour sort de la défaite électorale de Jeremy Corbyn en 2019, et Starmer se présente comme le candidat de l’unité. Cinq ans plus tard, le bilan dessine une liquidation systématique de l’héritage radical qu’a tenté d’impulser Corbyn."
Source : Frustration
Allié de Trump, le nouveau président colombien promet une ruée vers les énergies fossiles
"Le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella a remporté l’élection présidentielle colombienne. Relance des hydrocarbures, démantèlement des acquis environnementaux : une régression significative est redoutée. « C’est une catastrophe » : la voix de Gustavo Valencia, militant environnemental du département du Caquetá, dans le sud de la Colombie, se serre au téléphone. « Je ne comprends pas comment nous avons pu permettre l’élection de quelqu’un dont le seul intérêt est d’arriver au poumon du monde pour en extraire et en détruire les ressources naturelles. » Après quatre années de politiques environnementales ambitieuses portées par le président sortant de gauche, Gustavo Petro, la Colombie a choisi la rupture, d’après les résultats provisoires. Abelardo de la Espriella, avocat millionnaire aux affinités assumées avec Donald Trump, Javier Milei, le président argentin, ou encore celui du Salvador, Nayib Bukele, a battu — avec 49,70 % des voix, contre 48,70 % — le candidat de gauche Iván Cepeda, selon le premier décompte, dans un pays profondément polarisé."
Source : Reporterre
LIBERTÉS
La liberté de manifester à l’épreuve des interdictions
"Parmi les libertés publiques soumises à de fortes tensions ces dernières années, le droit de manifester occupe une place singulière. Les interdictions de manifestations de soutien au peuple palestinien prononcées à partir du 7 octobre en offrent un observatoire privilégié. Dans Faire taire la rue, le philosophe et membre de la Ligue des droits humains Lucas Lévy-Lajeunesse analyse minutieusement les motifs invoqués dans les arrêtés préfectoraux. Au-delà du seul cas palestinien, son enquête met en lumière une évolution plus générale des pratiques administratives d'encadrement des manifestations, ainsi que les tensions croissantes entre impératifs de sécurité, lutte contre les discriminations et protection des libertés fondamentales."
Source : Nonfiction
MATIÈRES PREMIÈRES
La canicule met le nucléaire français à genoux : réacteurs à l'arrêt et production bridée
"Quand le thermomètre s'emballe, la première puissance nucléaire d'Europe retient son souffle. La France est confrontée à une réalité implacable : ses centrales, conçues pour un climat passé, suffoquent au bord de fleuves en surchauffe. Face à la vague de chaleur intense, EDF a stoppé 3 réacteurs nucléaires et réduit la puissance de 8 autres. Cette mesure vise à protéger les écosystèmes aquatiques, les rejets d'eau chaude des centrales menaçant la faune et la flore de fleuves déjà surchauffés. Une dérogation a cependant été accordée à la centrale du Bugey pour garantir la stabilité du réseau électrique national. C'est un véritable casse-tête qui s'est abattu sur l'énergéticien français EDF. Alors que la France suffoquait sous un dôme de chaleur de la troisième canicule, avec plusieurs dizaines de départements en vigilance rouge, l'opérateur a dû prendre des décisions drastiques."
Source : GNT
RÉFLEXION
Le fantasme de l’efficacité fasciste
"La mémoire historique est sélective. C’est ce que l’historien Giles Tremlett pointe du doigt lorsqu’il fait remarquer que « l’Espagne a une vision trop idyllique du régime de Franco ». Et pour cause, les Espagnols passent leur temps à se remémorer le boom économique des années 1960 plutôt que d’affronter le bilan sinistre du franquisme en matière de droits humains. Son observation est non seulement fondée mais la montée en puissance de partis populistes de droite tels que Vox font courir le risque à l’Espagne de voir la nostalgie du franquisme devenir, sinon hégémonique, du moins une pratique politique courante. On aurait tort de réduire ce phénomène à la simple nostalgie d’une époque de prospérité économique : à y regarder de plus près, cette complaisance relève d’un édifice aux multiples facettes, constitué de mythes qui, pour la plupart, proviennent de la propagande de la dictature elle-même ; des mythes qui, en réalité, ne sont pas l’apanage de l’Espagne."
Source : Le Grand Continent
Football : une histoire de résistances
"La coupe du monde 2026 se termine ce dimanche 19 juillet. Une compétition marchandisée et hors de prix, entachée de racisme, d’irrégularités en tout genre, de favoritisme, de répression et de mauvaise organisation. Pour oublier cette triste édition, organisée par un Empire dirigé par des néofascistes, penchons-nous sur une autre histoire du foot : celle des résistances. Les Corinthians, un club autogéré contre la dictature : Sao Paulo, 1981. Une junte militaire écrase le Brésil depuis 1964, faisant régner la terreur, assassinant les militant·es de gauche et pratiquant la torture, sur fond de guerre froide et de domination étasunienne sur l’Amérique Latine. Nous sommes au temps du plan Condor, une opération contre-révolutionnaire d’écrasement des mouvements communistes sur l’ensemble du continent."
Source : Contre-Attaque
SOCIETÉ
La soumission de l’imaginaire
"Huit pour cent des Français n’ont peur de rien. C’est saisissant. Soit ils manquent d’imagination, soit ils ne sont pas portés sur la confidence. Les 92 % restants, eux, ont peur de tout. Ou presque. C’est peut-être excessif, mais il y a des motifs. Objectivement, éprouver aujourd’hui de la peur semble relever du pur bon sens : à en croire les médias, le personnel politique, les bruits qui courent, il y a du danger partout. On est cernés. Les vieilles épouvantes sont de retour, l’épidémie rôde, la guerre dévaste, les attentats menacent, mais la modernité sait aussi s’exprimer, et de l’angoisse écologique à l’inquiétude technologique, le citoyen a de quoi nourrir ses cauchemars. Et ils sont effectivement nourris, si on en croit la double enquête récente portant sur les peurs individuelles et collectives des Français."
Source : Le Monde diplomatique
ÉCONOMIE
La voiture du futur n’est pas un tank
"Restructurations, licenciements, usines qui ferment : l’industrie automobile européenne vacille et se reconvertit dans l’armement. Elle choisit les profits pour ses actionnaires, la crise technologique et la guerre, alors que la prospérité et la paix sont possibles. e groupe Volkswagen avait déjà acté la suppression de 35 000 emplois dans sa principale marque automobile d’ici 2030. Aujourd’hui, elle envisagerait d’aller jusqu’à 100 000 suppressions de postes dans le monde et la fermeture de quatre usines allemandes. Le syndicat IG Metall a tout de suite réagi qu’il ferait tout ce qui est possible pour empêcher ce scénario. Une fois de plus le groupe allemand tente de faire payer la facture de la chute de ses ventes aux travailleurs et travailleuses du groupe ; faire payer celles et ceux qui ont produit la richesse du groupe. Comme sa filiale Audi l’a fait à Bruxelles en fermant son usine ultramoderne qui se trouvait dans la capitale du pays. Avec cette fermeture, Audi a détruit des emplois, détruit des familles et détruit des savoir-faire. Et c’est à nouveau ce scénario que VW propose à son personnel."
Source : Lava


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