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La baie des Capucins, à Cap-Chat, est actuellement le théâtre d’une opération de transplantation de zostère, dans un effort de restauration de cette plante sous-marine essentielle aux écosystèmes du Saint-Laurent.
Dans la baie, l’objectif est de regarnir les zones où la zostère marine a tendance à disparaître.
Pour ce faire, les zostères sont d’abord prélevées dans des zones donneuses pour être amenées sur le site de restauration, pour créer un herbier de zostère.
On a identifié les endroits où les planter avec des bâtons verts, puis chaque planteur met une zostère à l’emplacement prévu, explique Guy Ahier du groupe environnemental Uni-Vert de la région de Matane.
Il y a des trous qui ont été "précreusés" et puis chaque planteur regarnit l’endroit en en s’occupant de faire que les zostères tiennent bien, ajoute M. Ahier.
Un herbier marin est un groupe écologique composé de plantes à fleurs, de type herbacé, vivant en milieu marin, principalement dans les zones côtières.
Source : Grand dictionnaire terminologique
Guy Ahier souligne la minutie de ce travail et assure que tout est fait dans le respect de l’environnement.
Quand on prélève nos zostères, on les répartit entre divers sites déjà identifiés et on en prend très peu à une place et très peu à l’autre, indique-t-il.

Le coordonnateur chez groupe environnemental Uni-Vert de la région de Matane, Guy Ahier, explique que l’équipe a identifié environ 25 îlots de plantation de cent mètres carrés chacun.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
La zostère, amie des écosystèmes
La zostère marine joue un rôle environnemental crucial, d’une part pour la biodiversité et de l’autre pour la protection des berges.
Il va y avoir plus de vie qui va être attirée dans le marais, comme des poissons et même des oiseaux. C’est très positif!

Les bouleversements climatiques sont une des raisons pour laquelle l'herbier de zostère disparaît de plus en plus dans la baie des Capucins de Cap-Chat.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Cette plante marine crée en effet un habitat complet, comparable à une forêt sous-marine, illustre le coordonnateur au développement de projets au comité ZIP du sud de l’Estuaire, Jonathan Pothier.
Plus on a un habitat naturel, riche et végétalisé, plus la côte est protégée durablement, contrairement à des zones qui sont artificialisées avec des murets ou des enrochements où l’on voit que l’érosion est accentuée et accélérée, explique le biologiste marin.
Elle cherche à voir la lumière, donc elle va monter et grossir, donc elle va contribuer par le fait même à freiner l’impact des vagues, ajoute Guy Ahier.

La zostère marine.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
La zostère possède aussi un autre atout : elle capte le carbone. C’est pour cette raison notamment que cette méthode est utilisée de plus en plus dans le monde.
Il y a par exemple dans la baie de Chesapeake, aux États-Unis, où des herbiers de zostères marines ont été restaurés, transplantés, colonisés grâce à l’action de plusieurs projets, pour permettre justement de capter le carbone, raconte Jonathan Pothier.
Expériences locales somme toute fructueuses
La transplantation de zostère marine a aussi été utilisée à quelques reprises au Bas-Saint-Laurent, avec des résultats intéressants, selon les intervenants.
Ces expériences passées ont servi d’apprentissage et ont permis de constater qu’il faut respecter certaines conditions pour que la technique fonctionne. Il faut par exemple que le sol soit propice à la transplantation, mais aussi intervenir à temps, avant que l’herbier disparaisse.

L'équipe dépêchée à la baie des Capucins a joué aux jardiniers marins vendredi.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Des résultats très positifs ont été observés à la baie de Rimouski, à Pointe-au-Père et à Notre-Dame-des-Neiges, mais le projet mené en 2014 et 2015 dans la baie de Mitis a quant à lui donné des résultats mitigés.
La transplantation de la zostère marine ne garantit donc pas un succès automatique, prévient Jonathan Pothier.
Ce projet de deux ans représente un investissement de 160 000 $, financé par le Fonds de dommages à l’environnement d’Environnement et Changement climatique Canada. La deuxième année sera consacrée aux suivis, aux évaluations et à l’application de mesures correctives.


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