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Résilience Montréal souhaite «redonner leur dignité» aux personnes itinérantes

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Salles insonorisées pour pouvoir crier ses souffrances, buanderie, rencontres avec des professionnels et plus encore : le nouveau centre Résilience Montréal, situé sur l’avenue Atwater, regorge de services pour mieux répondre aux besoins grandissants des personnes en situation d’itinérance, dont une grande partie est inuite ou issue des Premières Nations.

« Favoriser le vivre-ensemble » : voilà la pierre angulaire du centre, qui ouvrira officiellement ses portes à la communauté itinérante dans les prochaines semaines. « On veut anticiper les plaintes des voisins pour favoriser la cohabitation et éviter les irritants », admet son directeur général, David Chapman.

Par exemple, une terrasse entourée d’un mur antibruit a été aménagée sur le toit pour permettre aux sans-abri de fumer et de socialiser. « Lorsque les personnes en situation d’itinérance vont être là, elles ne seront pas en train de flâner dans le voisinage. Nous sommes très conscients que certains voisins ne veulent pas les voir, les entendre ou les sentir », se désole M. Chapman.

Le « centre de bien-être » était établi depuis 2019 dans un ancien restaurant pour pallier le manque de ressources d’aide près de la place Cabot, où de nombreux décès liés à des surdoses d’alcool et d’opioïdes ont été répertoriés ces dernières années. La majorité des morts étaient des Autochtones.

Pour bonifier ses services sans compromettre sa clientèle, Résilience Montréal a décidé de déménager sur l’avenue Atwater, à dix minutes à pied de son emplacement précédent.

Mercredi, Le Devoir est allé visiter le nouveau centre de trois étages bâti dans un ancien magasin d’antiquités. Les communautés autochtones ont été consultées lors de la conception de cet « espace sécuritaire », comme le surnomme Na’kuset, qui œuvre auprès des femmes autochtones en situation d’itinérance.

Retrouver une forme de dignité

Avec ses tables de bistro et ses grandes fenêtres, l’allure du centre est bien loin de l’austérité de bien d’autres ressources d’aide. Car les gens en situation d’itinérance ont aussi le droit d’avoir quelque chose « de beau et de digne », soutient la militante d’origine crie Na’kuset.

« Nous avons un programme de préposés à la buanderie, de concierges et de cuisiniers, en plus d’une équipe qui nettoie autour du bâtiment. C’est important pour nous de favoriser l’intégration au marché du travail », ajoute David Chapman.

Le centre possède aussi une salle de lavage où les personnes sans domicile fixe peuvent aller nettoyer leurs vêtements gratuitement. « Certains itinérants gardent les mêmes habits pendant des mois et, quand ils deviennent des haillons, ils les laissent sur la place publique, illustre le directeur général. La buanderie est un moyen pour eux de retrouver une forme de dignité. »

Respecter les cultures autochtones

Dans des salles intimes faites de matériaux chaleureux comme le bois, les membres des communautés autochtones peuvent entre autres rencontrer des professionnels de la santé, des juristes et des policiers.

Une intervenante sociale est présente pour aider certains usagers à gérer leurs traumatismes, notamment ceux liés aux suicides, qui touchent particulièrement la communauté inuite. Des salles insonorisées sont aussi mises à leur disposition pour qu’ils puissent extérioriser leurs souffrances s’ils en ressentent le besoin.

Les matériaux, la lumière naturelle et l’agencement des pièces ont été choisis pour favoriser le recueillement. « On voulait que les gens se sentent à la maison », lance Na’kuset. Et, puisque de 25 % à 40 % des usagers sont inuits, c’est important pour Résilience Montréal que leurs besoins soient pris en compte. « Chaque semaine, nous fournissons de la nourriture du Nord comme du caribou et de l’omble chevalier », mentionne David Chapman.

Des artistes autochtones ont aussi réalisé des œuvres d’art et inspiré l’architecture du centre. Par exemple, une pièce qui rappelle une maison longue ou encore une porte incrustée dans ce qui ressemble à un arbre. « En plus de redonner de la dignité aux Autochtones en situation d’itinérance, le centre remplit aussi cette mission pour les allochtones », fait valoir M. Chapman.

Malgré les difficultés financières qui ont failli mettre en péril le projet, Résilience Montréal a finalement réussi à obtenir de l’argent des trois ordres gouvernementaux, mais aussi de fondations, d’entreprises, d’organismes communautaires et de donateurs.

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