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Vous avez probablement déjà entendu ou lu dans les magazines qu'enchaîner les régimes et alterner pertes et reprises de poids - le fameux et décrié « effet yoyo » -, ce n'est pas bon du tout pour la santé.
Une étude qui renverse les idées reçues
Et si cette affirmation était complètement fausse ? C'est ce que suggère un essai clinique dont les résultats ont été publiés ces derniers jours dans la revue BMC Medicine.
Les auteurs, des chercheurs de l'université Ben Gourion du Néguev (Israël), ont voulu savoir si des tentatives répétées de se libérer de ses kilos superflus avec un régime présentaient, à long terme, plutôt des risques ou plutôt des avantages pour la santé.
Ils ont suivi durant 5 à 10 ans près de 500 personnes en surpoids qui avaient participé à deux essais cliniques randomisés contrôlés. Nommés Direct-Plus et Central, ces deux essais, qui se sont déroulés consécutivement, ont duré 18 mois et inclus environ 300 participants chacun. Un tiers des participants à l'essai Direct-Plus avaient aussi pris part à l'essai Central.
Le but de ces études était d'évaluer les effets sur la santé et sur la perte de poids de l'adoption du régime méditerranéen et de la pratique d'une activité physique par rapport à des régimes témoins (groupe contrôle).
Qu'ont constaté les chercheurs ? D'abord, chez les volontaires qui avaient enchaîné les deux essais cliniques, le poids corporel qu'ils avaient en commençant le premier round était similaire à celui qu'ils avaient en commençant le deuxième. En d'autres termes, tous avaient repris l'intégralité du poids qu'ils avaient perdu lors du premier essai.
Ça ne se voit pas sur la balance, mais la perte de poids est associée à des changements favorables et durables au niveau de la graisse viscérale et des biomarqueurs métaboliques © Nuchylee, Adobe Stock (image générée à l’aide de l’IA)
La surprenante « mémoire » du corps
En revanche, et c'est ce qui est surprenant, leur profil de graisse abdominale et leurs marqueurs métaboliques étaient plus favorables ! Ceux-ci s'étaient améliorés d'environ 15 à 25 % par rapport à leur niveau de référence initial. Au niveau sanguin, les volontaires présentaient notamment une meilleure sensibilité à l'insuline et un meilleur profil lipidique (triglycérides, cholestérol, etc.), deux indicateurs associés à une meilleure santé cardiovasculaire ainsi qu'à un risque de diabète ou de syndrome métabolique atténué.
Pour les auteurs de l'étude, ces résultats prouvent que la perte de poids est associée à une « mémoire cardio-métabolique » positive, et que cette mémoire persiste même en cas de reprise des kilos perdus.
Même si le deuxième essai a abouti à une perte de poids inférieure à celle produite lors du premier essai, les volontaires ont quand même conservé de meilleurs résultats de santé dans les années qui ont suivi. Cinq ans après le deuxième essai Central, les participants avaient en effet repris moins de poids et avaient moins de graisses au niveau du ventre que ceux qui n'avaient participé qu'à l'essai Direct-Plus.
La balance ne dit pas toute la vérité…
Pour la professeure Iris Shai, auteure principale de l'étude, ces résultats remettent en question l'approche traditionnelle qui considère la perte de poids comme un simple jeu de chiffres.
« Un engagement persistant en faveur d'un changement alimentaire sain crée une mémoire cardiométabolique dans l'organisme, explique la chercheuse. La participation répétée à un programme de mode de vie visant à perdre du poids, même après un « échec » apparent, dans lequel une personne reprend tout le poids perdu lors d'un régime précédent, peut entraîner des avantages significatifs et durables pour la santé au fil des ans, notamment grâce à la réduction de la graisse viscérale nocive. »
Ainsi, même lorsque la perte de poids est atténuée lors d'une seconde tentative, les bienfaits cumulés pour la graisse abdominale et la santé métabolique seraient considérables.
Morale de l'histoire : le chiffre affiché sur la balance ne doit pas être le seul à définir le succès d'un régime, car le poids corporel seul ne reflète pas les changements au niveau de la graisse viscérale ou des biomarqueurs métaboliques. Une bonne raison de ne pas être complètement désespéré si, malgré les régimes, vous rencontrez des difficultés à garder la ligne !


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