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Madrid assure que la quasi-totalité des migrants entrés illégalement dans l'enclave espagnole est repartie samedi. Mais à Ceuta, cette arrivée massive a laissé des traces.
Publié le 02/08/2026 07:59
Temps de lecture : 2min
Une barrière flottante de 500 mètres a été déployée en mer par les autorités espagnoles entre le Maroc et Ceuta pour empêcher de nouvelles traversées à la nage, le 1er août 2026. (JORGE GUERRERO / AFP)
En vacances chez sa famille à Ceuta, Mendy est arrivé au moment le plus critique, le jour où des dizaines de milliers de migrants ont franchi la frontière entre le Maroc et la frontière espagnole. "Les personnes arrivaient, j'étais vraiment en plein dedans. Ça a été un petit peu la panique", se souvient-elle.
La Franco-Espagnole raconte comment cette arrivée massive a bouleversé le quotidien des 84 000 habitants de l'enclave de 18,5 km2. Même si la quasi-totalité des migrants est rentrée chez elle, "les gens ont encore peur puisqu'il y a quand même pas mal de personnes qui sont cachées dans tous les recoins de la ville", témoigne-t-elle. Beaucoup de ceux qui sont restés sont des mineurs isolés. Ils errent le ventre vide, depuis cinq jours, espérant encore pouvoir rejoindre l'Europe continentale, même si l'entrée irrégulière à Ceuta ne confère pas le droit de rester en Espagne, de gagner la péninsule, ou encore de voyager librement en Europe.
"C'est inquiétant de les voir comme ça dans la rue. On ne sait pas de quoi ils sont capables, on ne connaît pas leurs intentions."
Mendy, une Franco-Espagnole en visite chez sa famille à Ceuta
à franceinfo
Pour Maria, le problème, c'est d'abord la réponse des autorités espagnoles qui n'a pas été à la hauteur, selon elle. "On s'est vraiment sentis abandonnés par le gouvernement, confie-t-elle. Il y a quelques minutes encore, j'étais à la plage, j'ai vu quatre migrants arriver à la nage. Je les ai même pris en photo. Et maintenant ? Ils vont errer dans les rues, sans nourriture, sans eau. Où vont-ils passer la nuit ? Cette situation est vraiment très dangereuse".
La peur a conduit les habitants à se terrer chez eux. Pour Pedro, il était impensable de s'aventurer à l'extérieur. "Aujourd'hui, c'est la première fois que je sors depuis le début de la crise. J'avais trop peur, avoue-t-il. Les premiers jours, c'était l'enfer, iI y avait des problèmes partout. On sait que le Maroc peut recommencer à tout moment. C'est pour ça que nous, les habitants de Ceuta, demandons que la surveillance de la frontière soit renforcée. Plus jamais ça".
C'est la principale préoccupation des habitants : une surveillance accrue de la frontière afin d'empêcher qu'un tel scénario ne se reproduise. Les autorités espagnoles ont installé samedi matin une barrière flottante en mer pour empêcher de nouvelles traversées à la nage. Mais ici, peu y voient une réponse suffisante. Cette mesure est loin de rassurer une population qui redoute avant tout qu'une nouvelle vague puisse être déclenchée au gré des tensions entre Madrid et Rabat.


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