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Pour donner suite au Jour de la Terre, des citoyens de Matane ont choisi de réparer plutôt que de jeter. Le temps d’une journée, près de 40 bénévoles ont aidé gratuitement la population à redonner vie à des objets du quotidien, dans le cadre de la 6e édition de l’événement « Répare tes trucs ».
Au Cégep de Matane, l'atrium a accueilli des stations de réparation pour les citoyens. Des kiosques de couture, d'électronique, d'informatique, de vélos ou encore d'aiguisage étaient sur place. Des objets souvent abandonnés, comme des grille-pain, des vêtements, ou encore des bicyclettes ont eu l'occasion de se faire réparer.
Pour la mère de famille Anaïs Couture-Tremblay, venue avec un grille-pain défectueux qui ne servait plus, l’initiative va bien au-delà du simple dépannage. Je me suis dit qu’en venant ici le faire réparer, je pourrais le donner à une famille qui en aurait besoin. Moi, ça ne me coûte rien, explique-t-elle.

Anaïs Couture-Tremblay est venue faire réparer un grille-pain qui ne servait plus. Un petit ajustement de 5 minutes de la part d'un bénévole du département de l'électronique lui a redonné vie.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Depuis 2020, l’événement s’est implanté en Matanie et dans d’autres MRC du Bas-Saint-Laurent, avec un objectif clair : lutter contre l’obsolescence programmée et réduire l’empreinte environnementale.
C’est un geste de résistance, puis de reprise de pouvoir vis-à-vis d’un système qui nous pousse à acheter du neuf.

Catherine Berger est membre du comité organisateur de l'événement. À sa gauche se trouve Daniel Bélanger, bénévole spécialisé dans l'aiguisage de couteaux.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Prendre le dessus de sa consommation
Pour les organisateurs, l’événement s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en question des habitudes de consommation. Ça redonne un peu de prise sur des problèmes environnementaux globaux qu’on constate, renchérit Catherine Berger.
Chaque objet réparé est pesé afin d’estimer la quantité de déchets évités et les émissions de gaz à effet de serre réduites. En 2025, 170 objets sur 215 avaient été réparés, permettant d’éviter environ 2000 kg de GES. Le comité espère maintenant répéter, voire dépasser, les résultats des années précédentes.
Mais au-delà de l’impact environnemental, l’événement met en lumière des compétences parfois en voie de disparition.
La couture et l'électronique sont des savoirs qui se perdent. Je pense que c’est des choses que nos parents ne nous ont pas nécessairement léguées, mais on essaie de les retrouver aujourd'hui.
La couturière bénévole Paquerette Coulombe constate elle aussi cette perte de connaissances. Pour elle, réparer est un geste simple, mais essentiel.

C'est la troisième année que Paquerette Coulombe participe à l'événement comme couturière bénévole.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Certains bénévoles s’impliquent aussi par conviction écologique. C’est le cas de René Saint-Cyr, qui répare des vélos. Le vélo a une empreinte écologique minime. La seule empreinte, c’est la fabrication et le transport. Le vélo représente selon lui une solution accessible pour réduire les émissions liées aux déplacements.

René St-Cyr habite Matane depuis deux ans. C'est la première fois qu'il participe à l'événement et il a appris à réparer des vélos de manière autodidacte.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Un mouvement citoyen en croissance
L’événement Répare tes trucs repose d’abord sur une mobilisation citoyenne. Ce sont des bénévoles, parfois professionnels, parfois autodidactes, qui partagent leurs compétences.
Selon les organisateurs, le succès de l’édition matanaise s’explique notamment par cet ancrage local. Partout au Bas-Saint-Laurent, c'est à Matane où l'événement « Répare tes trucs » est le plus populaire. Selon Catherine Berger, c'est venu de gens qui se sont dit qu’il fallait faire autrement.


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