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« Je retiens surtout les appels à la paix. J’aimerais tellement qu’ils soient entendus ! », s’exclame Yvonne Marchand, 71 ans, qui vit en banlieue de Metz. Quelque 35 000 fidèles se sont rassemblés lundi dans la cathédrale Saint-Etienne et aux abords, selon le Vatican, pour la dernière messe de son déplacement dans l’Hexagone. Emmanuel Macron, qui n’était pas censé assister aux diverses célébrations religieuses durant cette visite papale de quatre jours, a finalement changé d’avis, se joignant à l’assemblée avec son épouse Brigitte.
Dans la matinée, Léon XIV a tenu un discours aux accents politiques et diplomatiques au centre des congrès Robert-Schuman – en l’absence remarquée de la plupart des dirigeants des 26 autres membres de l’UE, pourtant invités par l’Élysée.
La figure majeure de Robert Schuman
Léon XIV a délivré, en français et avec cet accent que toute la France lui connaît désormais, un vibrant plaidoyer pour la paix et l’Europe, mélangeant avec habileté foi et politique. Une prise de parole rythmée par la figure mosellane de Robert Schuman. Le souverain pontife a cité six de ses phrases, dont quatre issues de sa déclaration du 9 mai 1950, fondatrice de l’Europe.
« C’est de cette région, avec ses tribulations, qu’il a puisé l’inspiration pour contribuer à façonner l’Europe d’aujourd’hui et de demain », a commencé le pape avant de parler laïcité et migrations, livrant sa réponse à la montée des idées extrémistes. « Le contexte multiculturel d’aujourd’hui » implique « la nécessité sociale et politique de l’ouverture au dialogue avec l’autre pour redécouvrir la place centrale de la personne humaine. » Tout cela pour mieux revenir à… Robert Schuman : « Il a contribué à jeter les bases d’une Europe consciente de l’urgence d’abattre les murs qui la déchiraient. Sa formation chrétienne lui a inculqué la valeur de l’égalité, sans distinction de race ou de classe sociale. »
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Léon XIV s’est alors interrogé sur les enseignements laissés par l’homme qui repose à une poignée de kilomètres de Metz, à Scy-Chazelles en Moselle. Réponse : « Un profond désir de paix. » Parlant de « massacre inutile » pour qualifier la guerre en Ukraine sans la nommer, il s’est servi de sa déclaration pour asséner qu’il est « nécessaire de s’engager dans un dialogue patient, de faire preuve de courage dans la négociation et d’être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix. » Un message à peine voilé à Poutine et Zelensky.
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« Il faut se demander si nous déployons réellement des efforts créatifs pour favoriser la paix mondiale, ou si nous cherchons simplement à endiguer l’hémorragie de la guerre et à mieux nous préparer à celles que nous supposons devoir encore venir » a-t-il continué.
Le message, cette fois, s’adressait, entre autres, à celui qui était à ses côtés, Emmanuel Macron, qui prépare son pays à un possible prochain conflit : « Il faut se garder de l’illusion du réarmement. »
« Une Europe de la Défense et de la paix »
Le président de la République a mis en garde contre « le monde qui change », et contre « la guerre qui revient sur notre continent bousculé par le retour des empires ».
Exposée à l’« agression militaire de la Russie » en Ukraine, l’Europe doit « agir », dit-il, pour « assurer une souveraineté réelle ». « Robert Schuman l’avait écrit : la paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs ». L’occasion pour le chef de l’État français de réaffirmer son souhait de « bâtir une Europe de la Défense et de la paix », allusion à l’idée d’armée européenne qu’il défend depuis des années auprès de ses homologues européens.
Auparavant, le pape, aux côtés de représentants d’autres cultes, avait considéré que le discours religieux devait « désarmer les cœurs » et qu’invoquer Dieu pour « légitimer la violence ou l’oppression » équivalait à une « profanation ». Les représentants de différents cultes en France - islam, judaïsme, protestantisme, orthodoxie, bouddhisme - ont signé un « Appel de Metz », déclaration commune appelant au dialogue interreligieux et à la paix.


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