«Si la Suisse n’a pas besoin des travailleurs français, il faut le dire.» Voilà la dernière amabilité venue de Paris par la voix de Jean-Pierre Farandou, ministre français du Travail, manifestement irrité par une question dans le 19h30 de la RTS. Habitué des petites phrases suffisantes, il s’était déjà illustré devant l’Assemblée nationale: «L’Union européenne mettra la pression sur la Suisse. Nous mettrons nous-mêmes la pression sur la Suisse. Ça prendra un peu de temps, mais on y arrivera j’en suis sûr!»
En toile de fond, un accord de principe au sein de l’Union européenne pour une réforme de l’assurance chômage des travailleurs frontaliers. Une fois qu’elle sera définitivement adoptée, ils percevront leurs allocations dans le pays où ils travaillaient et non plus où ils résident. Pour la Suisse, l’ardoise supplémentaire pourrait être salée: entre 600 et 900 millions de francs, selon les estimations du Secrétariat d’Etat à l’économie. Cette perspective fait de la Suisse un appétissant pot de miel pour remplir un puits sans fond, celui de la Sécurité sociale française.


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