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Après deux années de déclin historique, le nombre de saumons de l’Atlantique augmente dans la rivière Trinité, considéré comme la rivière-témoin de la Côte-Nord. Une situation « rassurante » pour une espèce toujours en déclin.
On ne compte plus beaucoup de pêcheurs de saumon sur les berges de la rivière Trinité, qui traverse le coeur du village de Baie-Trinité. Les populations de saumons qui remontent la rivière pour se reproduire ont considérablement chuté ces dernières années.

On comptait 2449 montaisons de saumon sur la rivière Trinité en 1984.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Cependant, le pêcheur Denis Julien, perché sur une roche, ne baisse pas les bras. Pour le Montréalais originaire de Baie-Comeau, une fois que tu as pêché ton premier saumon, c’est terminé. C’est comme une maladie, lance-t-il avec un sourire.

Denis Julien pêche depuis plusieurs années la truite et le saumon dans la rivière Trinité.
Photo : Radio-Canada / Lucas Handschuh
Il constate une baisse tragique du nombre de saumons dans les cours d’eau. C’est vraiment dur d’aller chercher un saumon, dit-il, avant de relancer sa ligne à l’eau.
Un déclin bien réel, surtout depuis les deux dernières années, observe aussi le président de la Société d'aménagement de Baie-Trinité, Yves Audette, qui gère la ZEC Trinité.

Le président de la Société d'aménagement de Baie-Trinité Yves Audette, s'inquiète pour la santé financière des ZEC.
Photo : Radio-Canada / Lucas Handschuh
La ZEC, dont la situation financière est de plus en plus précaire, enregistre aussi une baisse du nombre de pêcheurs.
Quand tu as eu le déclin de la population [de saumons] qui amenait du tourisme, les pêcheurs, qui louent des chalets, ne sont plus au rendez-vous.
Près de trois fois plus de saumon
Mais Yves Audette se dit rassuré. En consultant les données de la station biologique, il a constaté que 163 saumons, incluant 117 madeleineaux et 32 rédibermarins, ont été recensés depuis le début du mois, en date du 12 juillet.
C'est trois fois plus qu'à pareille date en 2025. N’empêche, Yves Audette garde les deux pieds sur terre. Ce n’est rien, 163 saumons. Avoir 500 à 600 saumons nous aiderait à survivre , ajoute-t-il.

Le saumon atlantique migrateur a connu un important déclin au cours des années 1980 et 1990. Selon Québec, la situation est « stable » depuis les années 2000. (Photo d'archives)
Photo : via reuters / Michel Roggo
C’est vraiment à la fin de l’année qu’on va savoir si c’est vraiment encourageant
Il rappelle qu’aucun saumon de la rivière Trinité ne peut être conservé et que la remise à l’eau est obligatoire. De plus, les pêcheurs de saumon sont limités à deux remises à l’eau par jour.

La pêche sportive au saumon est de moins en moins populaire, selon Yves Audette.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Un appel à restreindre la pêche
De son côté, le Port-Cartois Jocelyn Leblanc, qui a fait de la protection du saumon son cheval de bataille, estime que la pêche du saumon atlantique devrait être encore plus limitée.
Il faut être prudent…très prudent, juge-t-il, surtout lorsque les températures de l’eau dépassent un certain seuil. Au cours des derniers jours, la rivière Trinité a enregistré des températures oscillant, par moment, entre 20 et 24 degrés Celsius.

Jocelyn Leblanc a cessé de pêcher le saumon par conviction il y a trois ans.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
À cette température, le taux d’oxygène dans l’eau diminue, ce qui occasionne un stress pour le saumon, selon le ministère de l’Environnement. Dans ces conditions, la survie des saumons pêchés et remis à l’eau diminue, précise Québec.
Dans ce contexte, Québec devrait limiter la pêche dans les secteurs les plus chauds de la rivière et l’autoriser seulement dans les secteurs les plus froids.
On a un rôle comme société, comme pêcheur, comme gestionnaire de s’assurer que le saumon qui est là présentement, en faible nombre, puisse [se reproduire].
Sans des actions concrètes pour protéger davantage le saumon, il craint que l’espèce devienne une partie de folklore nord-côtier, un mythe qu’on raconte à nos enfants.


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