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Les données de consommation d’eau potable ne s’améliorent pas assez rapidement à Champlain. La Municipalité doit prendre des moyens pour y arriver avant d'imposer la tarification.
De petits sabliers d’une durée de cinq minutes seront distribués à une partie de la population pour les sensibiliser à prendre des douches plus courtes. Surtout qu’après la toilette, c’est la douche qui utilise le plus d’eau dans le secteur résidentiel.
En queue de peloton dans la région
Selon les dernières données disponibles, la municipalité de Champlain se classe en queue de peloton pour la quantité d’eau utilisée en Mauricie. En 2024, la moyenne champlinoise était de 451 litres par jour, par citoyen. Une légère augmentation par rapport à 2023. Des chiffres qui incluent les fermes et les commerces du secteur.
Une tendance à renverser
En plus des sabliers pour le secteur résidentiel, les bâtiments agricoles et commerciaux sont maintenant équipés de compteurs d’eau. Une vingtaine de résidences participent d’ailleurs à une phase test. S’il n’est pas question de tarifer la ressource pour l’instant, la directrice générale de la municipalité, Caroline Dionne, soutient que la tendance doit être renversée à la demande du gouvernement.Ça fait plusieurs bilans où on ne répond pas aux exigences gouvernementales. Il fallait trouver des moyens qui allaient avoir un impact auprès de la population.
Le fleuve, un mirage d'abondance?
Mais qu’est-ce qui explique cette surconsommation ? Difficile à dire selon Caroline Dionne, qui avance que la proximité de Champlain avec le fleuve Saint-Laurent peut donner une impression d’abondance. C’est pourtant loin d’être le cas. La municipalité doit fréquemment se tourner vers Trois-Rivières pour l’achat d’eau et regarde maintenant pour faire la même chose chez son voisin, Batiscan.

Prendre une douche de cinq minutes au lieu de dix permettrait d'économiser 525 litres d'eau par semaine
Photo : Radio-Canada / Raphaël Brouillette
Le Québec, gros consommateur mondial
Le cas de Champlain est loin d’être unique dans la province. Selon ce qu’on peut lire dans la Stratégie québécoise de l'économie d’eau potable, le Québec est l’un des plus gros consommateurs d’eau potable au monde. Il se consomme ici quatre fois plus d’eau par personne qu’en France et 35 % plus qu’en Ontario. Cette consommation vient aussi avec une facture importante pour traiter la ressource. À Trois-Rivières, la ville a dépensé 2,4 millions de dollars en produits chimiques en 2025.
Trois facteurs
Selon le professeur titulaire de la chaire de recherche en eau potable de l’Université Laval, Manuel J. Rodriguez, trois facteurs expliquent la réalité québécoise. D’abord, la croyance que la ressource est inépuisable, puisque la province dispose de 3 % des réserves d’eau douce renouvelables de la planète. Les pertes d’eau liées au mauvais état des infrastructures souterraines dans de nombreuses localités. Enfin, l’absence ou presque de tarification à l’aide de compteurs d’eau.
Faire payer, la solution?
Le Québec s’en va dans la bonne direction, selon le professeur Rodriguez. La quantité d’eau distribuée a diminué d’environ 20 % entre 2014 et 2024. La première solution serait de moderniser les infrastructures souterraines, selon lui. La seconde : aborder la question sensible de la tarification de l’eau au Québec. Les données du gouvernement indiquent que 86 % des branchements résidentiels n’ont pas de compteurs d’eau. C’est quelque chose que nous n’avons pas touché au Québec pour une question historique et culturelle. Dans beaucoup de provinces et municipalités du Canada, il y a des compteurs d’eau qui font une tarification (...). La littérature démontre que la tarification va changer les comportements.
L’exemple de Saint-Narcisse
À quelques kilomètres de Champlain, la tarification fait partie des façons de faire à Saint-Narcisse. Toutes les résidences, entreprises et fermes sont munies de compteurs d’eau depuis les années 60. Les données de consommation indiquent une quantité d’eau distribuée près de deux fois moins élevée qu’à Champlain. Saint-Narcisse est d’ailleurs en première position dans la MRC des Chenaux. Les résidents doivent donc payer un tarif de base d’environ 200 $ par année par résidence et s’ils dépassent leur quota, des frais supplémentaires s’appliquent. Une méthode qui ne crée pas de remous selon le maire Guy Veillette. Nous n’avons pas de plaintes des gens. C’est le principe de l’utilisateur-payeur. Plus tu consommes, plus tu paies.

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