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L’adoption du projet de loi sur le redécoupage électoral est compromise, ce qui déçoit grandement et suscite de la colère en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.
Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Jean-François Roberge, a déposé jeudi le projet de loi 3, qui prévoit l’ajout de deux sièges à l’Assemblée nationale. Il permettrait ainsi de préserver les circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure.
Le gouvernement Fréchette avait d’ailleurs conclu une entente avec les trois partis d’opposition pour adopter le projet de loi le jour même. Toutefois, le député indépendant de Saint-Jérôme, Youri Chassin, s’est opposé à l’adoption immédiate du projet de loi.

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Camille Lacroix s'est entretenue avec Pascal Bérubé, le député péquiste de Matane-Matapédia, au téléjournal Est-du-Québec..
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, ne cache pas sa colère face à la situation. Je suis furieux et inquiet, a-t-il lancé vendredi au micro de l’émission Première escale.
Je suis inquiet quant au poids politique de notre région, parce qu’il y a une nécessité de protéger la Gaspésie, une nécessité qui est reconnue par quatre formations politiques, la CAQ, le Parti libéral du Québec, Québec solidaire et le Parti québécois, dit-il.
Le député matanais s’explique très mal la décision de Youri Chassin, qui est par ailleurs un ancien député caquiste.
Un seul député, indépendant, un caquiste frustré, qui a quitté sa coalition, décide qu’il va faire du retrait du poids politique de la Gaspésie son cheval de bataille qui aura marqué sa vie politique à l’Assemblée nationale, vocifère Pascal Bérubé.
Ça ne le touche pas ! Je suis renversé par cette obstruction volontaire d’un projet de loi noble qui vise à protéger notre région.
M. Bérubé y perçoit également une intervention en phase avec les idéologies du chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime.
Ça me semble une fronde organisée parce que Éric Duhaime est rapidement venu l’adouber sur X après son message. Éric Duhaime, le même qui voulait fermer la Gaspésie, et là, son objectif se poursuit , mentionne Pascal Bérubé.
Il a par ailleurs publiquement invité Youri Chassin et Éric Duhaime à venir dans la région pour prendre la mesure de l’immensité du territoire. Je les invite à venir faire le tour des deux circonscriptions gaspésiennes projetées et je m’engage à payer le gaz, insiste M. Bérubé avec sérieux.
Le député caquiste de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix, déplore lui aussi le refus de Youri Chassin de donner son appui au projet de loi 3.
L’ensemble des formations politiques s’étaient entendues sur cet équilibre. Un équilibre juste, réfléchi et adapté aux réalités des régions comme la nôtre. […] Ce consensus est freiné par une seule voix, ce qui retarde une décision cruciale pour la Gaspésie et pour toutes les régions concernées, écrit l’élu gaspésien dans un courriel.

Stéphane Sainte-Croix est le député de Gaspé pour la Coalition avenir Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Stéphane Sainte-Croix rappelle l’importance de la représentation démocratique en région, qui ne peut pas reposer uniquement sur le poids démographique.
Pour nous, il ne s’agit pas d’un débat abstrait. Il est question de préserver une représentation forte, accessible et enracinée dans notre territoire.
Youri Chassin défend sa décision
Pour sa part, Youri Chassin explique avoir voté à contre-courant, parce que, selon lui, seule la Commission de représentation électorale a le pouvoir de dessiner la carte électorale, afin d’éviter toute partisanerie.

Le député indépendant de Saint-Jérôme, Youri Chassin, autrefois à la Coalition avenir Québec, ne se représentera pas aux prochaines élections. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Ça se défend très bien de sauver leur comté en Gaspésie, où on passerait de trois à deux, avec des territoires immenses, on se comprend et je pense qu’il faut le faire, déclare-t-il d’emblée.
Ce n’est évidemment pas le même critère pour sauver un comté à Montréal, mais il faut réfléchir aux critères et les critères on les a fixés comme élus. On a aussi donné un mandat à la Commission de représentation électorale de faire l’exercice [de redécoupage] avec les critères , soutient M. Chassin.
Il est donc désormais impossible de dire si le projet de loi sera adopté et surtout quand il le sera, d’autant plus que le temps presse avant la suspension estivale des travaux parlementaires le 12 juin.


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