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Politique 18/02/2026 09:45 Actualisé le 18/02/2026 12:50
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public demande à la ministre de fournir les preuves de ses graves accusations envers le magazine de France 2.

XOSE BOUZAS / Hans Lucas via AFP
Rachida Dati embarassée sur ses accusations contre « Complément d’enquête »
Une séance d’aviron pour bien commencer la journée. Invitée de la matinale de RTL ce mercredi 18 février, Rachida Dati a sorti les rames au moment d’évoquer ses graves allégations, sous serment, contre l’émission « Complément d’enquête. »
Tout en « confirmant » accuser les journalistes du programme de France 2 d’avoir « proposé de rémunérer » un de ses proches pour qu’il fournisse un témoignage à charge, la ministre de la Culture a refusé d’en dire davantage. Relancée, elle a botté en touche à plusieurs reprises pour éviter de préciser si elle allait effectivement fournir les preuves de ses graves accusations. Des preuves que l’Assemblée nationale lui demande de fournir avant lundi 23 février.
« Monsieur, vous êtes de la commission d’enquête ? Je confirme mes dires, je m’adresserais à la commission d’enquête. Vous n’êtes pas la commission, vous êtes journaliste sur RTL et on fait une matinale », a-t-elle répliqué face à l’insistance de son interlocuteur.
« Est-ce que vous avez dit la vérité, sous serment ? », tente alors Olivier Boy, dans une énième relance. Réponse lapidaire de la ministre de la Culture : « c’est une blague, là ? »
Risque de parjure
De fait, Rachida Dati doit désormais composer avec un compte à rebours imposé par l’Assemblée nationale. « Nous vous saurons gré de nous transmettre, avant le lundi 23 février, les documents attestant la tentative de monnayage d’informations dont vous avez fait état », ont effectivement demandé, lundi dernier, les responsables de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, dans un courrier.
Le président de ce cénacle, Jérémie Patrier-Leitus, et son rapporteur, Charles Alloncle ont également réclamé au rédacteur en chef de Complément d’enquête, Tristan Waleckx, de lui fournir avant le 23 février un mail dont il a fait état. La commission cherche ainsi à déterminer qui de la ministre ou de l’équipe de l’émission dit la vérité. Cela pourrait conduire à une saisine de la justice pour suspicion de parjure, chacun ayant fait des déclarations contradictoires sous serment sur le sujet, devant les députés.
Le magazine avait consacré un numéro à la ministre en 2025. « Ils ont proposé, via un tiers (un journaliste indépendant, NDLR), auprès d’un membre de ma famille, de pouvoir le payer » pour des informations la concernant, avait déclaré Rachida Dati le 5 février devant la commission d’enquête, assurant détenir des preuves.
Les responsables de Complément d’enquête ont été auditionnés jeudi à leur tour et ont récusé ces propos. « Nous n’avons évidemment pas donné d’argent ou proposé d’argent à quiconque dans l’entourage de Rachida Dati, fût-ce par un tiers », a assuré Tristan Waleckx. Louis Milano-Dupont, l’auteur du reportage, avait précisé avoir reçu « d’un proche de Rachida Dati », qui s’est reconnu dans les propos de la ministre en commission, un mail où il affirme que Complément d’enquête ne lui a jamais proposé d’argent.


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